Geigcr, Berlin, 1GSS-1840, t. I, p
4. « L'amour malheureux pour la littérature française enlève à la liUcraturc allemande tout espoir d'un meilleur progrès »(Id., ib., t. I, p. 464).
5. Aiisgewuhlle Briefe. t. I, pp. 257 et 267, 12 mars J7o8. Voir Bernard Bouvier Cf/n cahier d'élèves de Wieland. extrait des pa<rcs d'histoire dédiées à M. le Prof. Vauchcr, Genève, Georg, 1895).
aurait paru près de 5000 ouvrages écrits en français'. C'est un chifTre considérable et qui aurait besoin d'être appuyé d'une bibliographie détaillée. Mais, en admettant qu'il faille en rabattre, il reste des ouvrages qui comptent, ne serait-ce que ceux du grand Frédéric. Sans doute il faudrait d'abord distinguer : Formey, Achard, des Vignolles, de Franchcville, Jordan, Naudé, d'Argens, Maupertuis, Lamettrie, etc., étaient des savants d'origine ou de nationalité française. Lambert (1728-1777) donna en français son nouvel Organon (1763). C'était un Mulhousien bilingue.
Ce départ fait, on trouverait, cela est incontestable, parmi les auteurs de livres français, beaucoup de vrais Allemands. Encore convient-il de considérer les genres divers de publications. Un très grand nombre sont des travaux scientifiques, ainsi ceux de Humboldt. Or, si la décision prise par les écrivains de cet ordre de s'exprimer dans une langue répandue partout a quelque chose de surprenant pour les hommes de notre âge, le sentiment des hommes du xviii* siècle apparaît beaucoup plus facile à comprendre. Il convient de se souvenir que jusque-là on avait gardé l'habitude de se servir du latin, que depuis des siècles on lui confiait découvertes, doctrines, études, passions même. L'ancienne langue commune sortait de l'usage, on en adoptait une autre, qui n'avait pas une autorité si ancienne, il est vrai, mais dont tout le monde civilisé s'accordait à reconnaître les mérites et les avantages, et qui semblait avoir devant elle un long avenir.
D'autre part, l'adoption du français dans les relations diplomatiques et dans les Cours royales et princières fait comprendre pourquoi un Bielefeld met en français ses Institutions politiques destinées à l'enseignement des hommes d'Etat de l'Allemagne, et pourquoi Colin se sert de la même langue pour son Discours sur l'histoire de l'Allemagne^.
Une foule d'Histoires secrètes, de Mémoires, etc., sont en notre langue. C'est que, procès-verbaux plus ou moins fidèles d'événements, d'anecdotes, de conversations où le français avait joué un rôle très important, ils venaient pour ainsi dire spontanément se fixer sous la forme que la vie leur avait donnée. Citons pour exemple Pœllnitz : Histoire sec/'ète de la duchesse d'Hanoi're (1732); Mémoires et Nouveaux Mémoires (1734-1737); La Saxe galante (Amsterdam, 1734).
Un officier allemand, von Camphausen, de l'armée russe de 1789, publiera dans les premières années du xix" siècle un livre en