‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 481 sur 595 · Francfort · texte numérisé non relu

Francfort

allemand, intitulé : Observations sur la Russie (JBemerkungen ûber Russland besonders einige Provinzen dièses ReicJis und ihre Naturgeschichte bettrefend, nebst einer kurzgefassten GeschicJite der Zaporozer Kosaken, Bessarabien, der Moldau und der Kremin, Leipzig, 1807). Or, dans la préface, il nous apprend qu'il avait écrit en français pour son usage personnel. Il vivait dans l'ambiance russe'.

Raisons particulières de leur choix. — Malgré ces réserves, il demeure constant que, une fois faites les défalcations qui s'imposent, la liste des ouvrages écrits en français par des Allemands demeure très longue. Les auteurs croyaient vraisemblablement s'assurer des lecteurs de choix et en nombre puisque le commun du public ne lisait pas. Or les gens distingués avaient leurs habitudes et leurs préférences. On s'y soumettait".

Cette influence du public ne saurait être niée, et Reynaud s'est plu à la montrer, en appuyant ses assertions de preuves piquantes^. Ainsi le traité que Gottsched avait consacré à la philosophie de Wolf ne se répandit que lorsqu'il eut été mis en français. Le marquis de Boufïlers, pour faire connaître aux dames de l'aristocratie de Vienne un roman de Wieland, pourtant français de ton, Les Grâces, dut le traduire dans notre langue. Dans beaucoup de régions d'Allemagne, de même, on connut tout d'abord cet auteur par le texte français de ses œuvres. Quand la Messiade de Klopstock parut, on ne crut pas possible de la rendre populaire dans son pays d'origine sans en faire exécuter une traduction française... La Miss Sarah Sampson de Lessing ne fut jouée à Brunswick que sous un revêtement français. Sa Minna — pièce patriotique et gallophobe — fut représentée à Berlin en français. Même aventure arriva à un certain Johann Gottwerth MùUer d'itzehoe dont le roman Der Ring ({111^ ne fut remarqué du public que lorsqu'il fut translaté en français. Sur quoi on le reproduisit en allemand d'après cette version étrangère.

\. Eliade, De l'influence française sur l'esprit public en Roumanie, p. -182.

z. G est Ilordor lui-même qui, dans Adrastea, a pu dire que les Allemands se piquèrent de ne plus lire que des ouvrages français et finirent par ne plus comprendre leurs propres écrivains (Revnaud, o. c, p. 252).

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