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Précepteurs et gou vérin antes. — Les grands avaient des précepteurs ou des institutrices, venues de France, de Suisse, de Lorraine, de Belgique même parfois. Sophie Laroche écrit' : « Je puis dire avec vérité que je suis dans le pays des gouverneurs et des gouvernantes de bonne maison. Je connais par le monde vingt princes et princesses qui ont été élevés par des Vaudois et des Vaudoises. Je connais aussi une multitude de ressortissants du pays de Yaud, des deux sexes, qui mènent une existence heureuse et même opulente après avoir fait l'éducation de têtes couronnées, de ducs ou de margraves ».
Des familles plus modestes s'offraient cette même commodité, qui n'était pas à proprement parler un luxe. Pour se former une idée exacte, il faudrait connaître la vie intérieure d'une foule de grandes et de moyennes maisons oîi se donnait une instruction particulière. Le français y jouait un rôle considérable. « Les mots d'institutrice et de française, dit Rùhs, étalent devenus synonymes »". La phrase est rancunière, mais le fait à peine exagéré.
En 1766, à Francfort, plus de six cents enfants sont instruits à la maison. « Cet état de choses amène une recrudescence d'offres et de demandes do gouvernantes et précepteurs, par voie des journaux, et — fait significatif — la connaissance de la langue française est toujours mise au premier plan.
(( Quelquefois ce sont des Français et des Françaises, plus souvent des personnes « sachant parfaitement la langue française et capables de l'enseigner à des enfants », ou enfin des étudiants ayant accompagné de jeunes cavaliers dans leurs voyages en France et en Italie et qui désirent un emploi du même genre » ^
Dans un journal qui parait à Francfort en 1768, Der Menschen-
1. Lettres publiées par GauUieur, Revue Suisse, t. XVI, 1858, p. 333-33i, dans Reynold, Do\en Bridel, p. 61, n. 1.