Cf. II. L., t. V, hv. III, ch. VIII
6. Malrnaison n'eut d'abord que peu de leçons particulières, à côté de sa fonction de maître de langue de l'école de la colonie. Mais bientôt il devint le premier maître de langue française de la ville. U venait immédiatement au-dessous du professeur de langue de l'Université. Parmi ses élèves on cite le bourgmestre Polack, M"*^ de Maruitz, le comte et la comtesse t'inckcnstein. U mourut en 1764.
Au contraire, sous le maître suivant, Daniel Debeau (1774-1782), il est admis que « pour le bien de la jeunesse de la colonie » on enseignera chaque jour une heure en allemand. Bientôt même, à la place d'une heure de grammaire, on introduit une seconde heure d'allemand.
En même temps que Debeau enseignent Jacques David Canon (1777-1790) et Hugoni (1780). Mais l'école se vide, les enfants allemands s'en éloignent et, sous Pierre Cordier (1782-180o), l'école se transforme en école pour les pauvres. Il est interdit d'exercer une pression quelconque sur les colonistes qui aimeraient mieux envoyer leurs enfants à l'école allemande '. — Je n'insisterai pas sur ce sujet, en ayant déjà parlé au chapitre du Refuge.
Dans les Universités et les Gymnases. — Quant aux autres cours et établissements divers où un enseignement français fut institué, ils diffèrent suivant la volonté des puissants, la situation des finances, les traditions locales, etc.^ Il ne saurait être question d'en faire ici l'histoire. Disons seulement que, comme on pouvait s'y attendre, ce fut dans les écoles « réelles » que le français s'introduisit d'abord.
C'est en 1747, comme on sait, que Ilecker en arriva, comme Fleury en France, à voir l'insuiïisance des « humanités » pour la vie moderne et qu'il fonda à Ilfeld la première école réelle. Il est extrêmement intéressant de noter que les futurs cultivateurs, marchands ou artistes qui s'y formaient avaient à leur programme l'étude de la langue française^.
En 1778, le professeur Snell, dans un rapport au sujet de la création d'une « privatrealschule » qui formerait les jeunes gens pour le commerce, l'armée, l'économie et pour toutes sortes d'autres arts et professions, dit expressément : a Le français sera chez nous un des principaux enseignements (il lui est réservé quatre heures par semaine), car c'est chose indispensable dans presque toutes les situations » ^.
Dans les Gymnases et les Universités la pénétration fut naturelle-
4. Voir ToUin, Miltheilimgen des Historlch-Statistischen-Vereins zu Frankjurt a. 0., Heft 8, 4868, pp. 138-16^2.
2. « Les ordonnances scolaires de Saxe sont en 4773 entièrement favorables à l'élude des langues vivantes. Le duc Ernesti désire qu'à cùlé de l'enseignement des langues anciennes on fasse place au français, à l'italien et à l'anglais, dont la connaissance est devenue indispensable, non seulement dans une éducation complète, mais aussi dans les relations mondaines » (Dorfeld, o. c, p. 48).
3. Un Français fut appelé à Ilfeld en 4748 (voir Dorfeld, o. c, p. 4G, et Lehmann, Neuspr. Unterr., p. 3-4).