‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 489 sur 595 · CHAPITRE XII VOYAGES ET SÉJOURS EN FRANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII VOYAGES ET SÉJOURS EN FRANCE

A Paris. — Quels qu'eussent été jadis les préjugés répandus sur la supériorité du français parlé en Touraine et en général dans le centre de la France, l'attrait de Paris avait tout changé. Depuis un siècle, Orléans, Blois, jadis si fréquentées, étaient vides de leurs hôtes*. Paris en regorgeait. Gentilshommes, apprentis, savants ou artistes, simples fils de bourgeois ou de marchands y foisonnaient. Un chiffre seulement : En trente ans, l'Académie de Peinture a eu soixante-seize élèves allemands (1738-1787).

Villoison écrit au Duc (vers 1774) : « J'ai occasion de voir actuellement un grand nombre d'Allemands, qui me sont recommandés de différentes villes » ^. On ne compte pas les Allemands de haute naissance qui, au cours du xviii* siècle, vinrent en France compléter leur éducation ; le prince de Nassau ^ le baron de Dalberg, futur Électeur de Mayence, Ch.-Aug. de Weimar, Prince héritier, avec son frère Constantin^, etc. L'un d'eux mérite une mention spéciale, c'est le duc de Brunswick, le même qui menacera de ne pas laisser pierre sur pierre dans la France révolutionnaire ^ Le comte de Hartig a assez

i. La ville de Blois « dépérit à vue d'œil : depuis deux ans, elle ne vend point ses vins; les huguenots et les étrangers, qui venoient y passer du temps pour apprendre la langue et à cause de la pureté de l'air ont tous déserté » (l'intend. d'Orléans au Gontr. G', 10 déc. 1689, Boislisle, C. G., I, n» 810).

La ville d'Orléans diminuée notamment par la retraite des huguenots et d'une infinité d'étrangers qui y venoient apprendre la laneiie et leurs exercices (Id., 26 cet. 1693, 76., n» 1250)/

Il ne faut pas prendre ces témoignages dans toute leur rigueur. Ainsi, vers 4698, le fils de Schwarzcnberg, grand-maître de la Cour d'Autriche, était étudiant à Angers (Vogué, Villars, t. I, p. 85").

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