‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 519 sur 595 · III. Equi^>oques. — A cause de l'ordonnance indéterminée des · texte numérisé non relu

III. Equi^>oques. — A cause de l'ordonnance indéterminée des

i. Pp. l-^O"!. L'auteur prend courageusement parti contre le Roi Frédéric. Sa devise était fière : Dans la République des lettres les opinions sont libres. Mon écrit, dit-il, n'est ni une réfutation, ni une justification (de l'ouvrage du Roi Frédéric), « les opinions du Roi me serviront seulement de fd conducteur pour exposer mon opinion sur notre langue, notre science et notre goût, sur les défauts que l'on peut lui reprocher avec fondement, et les moyens d'y remédier ».

mots dans la phrase naissent souvent en allemand des équivoques. Wezel cherche à en préciser l'origine.

1" L'inversion est souvent employée avec des inconvénients,

2° Les pronoms relatifs ne se rapportent pas toujours aux mots qui les précèdent immédiatement.

3" « Sein », « ihre » ont trop de significations.

4" Les petits mots « uur », « allein », « bloss », « selbst », (( auch » causent souvent de l'embarras, sitôt qu'on ne peut pas apercevoir clairement du premier coup à quoi ils se rapportent.

5" L'accent de pensée ne sert qu'à la langue écrite.

6" L'absence de règles concernant la place de l'article féminin qui a les même formes au génitif et au datif peut conduire à des équivoques.

En général pourtant ces désavantages et toutes leurs conséquences sont la faute des écrivains, de même que la clarté du style français n'est pas uniquement un mérite de la langue française elle-même, mais de ceux qui s'en servent.

IV. Pouvrelé. — Le nombre plus ou moins grand de vocables n'est pas décisif pour la richesse et pour la pauvreté d'une langue. La langue allemande surpasse la française en variété, quand il s'agit de la dénomination de l'idée principale, pour les nuances de laquelle, au contraire, le français a plus de mots à produire : hi jugement appartiennent goût, raisonnement, réflexion, etc. En échange nous ne manquons pas de différence de degrés, comme le montrent silss-silsslich, bitter-bitterlich, etc. '.

Pour les expressions de politesse, le français nous est supérieur, mais notre langue se distingue par les enrichissements (composition des mots). Les mots étrangers sont, si possible, à expulser. La langue allemande est, il est vrai, plus riche en mots, mais les mots français renferment plus d'idées que les mots allemands.

V. Multiplicité des dialectes. — Ce reproche s'adresse aux deux langues. Mais la française a de bonne heure choisi une langue écrite, qu'elle a codifiée ; en allemand chaque auteur entend cultiver son provincialisme ; au reste les dialectes n'ont aucune influence sur la langue écrite.

VI. Tendance à la prolixité. — La langue française l'emporte en brièveté par l'emploi des participes, mais elle perd en beauté avec ses qu'est-ce-que, c'est, ce qui, etc., qui font un effet traînant.

L'allemand sème de petits mots comme r^un, eben, wohl, ja, etc. qui malgré tout contribuent à nuancer.

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