Il fait passer Nanine en allemand
7. Voir Besson, Ch. L. Knebel; cf. Joret, il/""* de Staël et la cour litt. de Weiniar.
8. Les Français, sans se jeter sur l'allemand comme sur l'anglais, commençaient à s'y intéresser. Par exemple le diplomate Gacault ('l742-lS0.o), qui alla dans le pays, en apprit la langue, se lia avec Knebel, avec Gleim, avec Lessing, dont il traduisit la Dramaturgie, après avoir mis en français les Odes de Ramier (voir Joret, Ann. de Brel., XX, pp. 409 etsuiv.). Grimm parle de cette étude de l'allemand dans sa Correspondance, 1«'' janv. 17(32, t. V ; 11 et 13 fév'. 176i, Ib.,p.4o4.
posséder comme une autre langue maternelle. Répugnance ? non. Incapacité plutôt de s'assimiler entièrement les langues étrangères. Il avait été médiocre eu grec et en latin. Il ne se sentait pas assez sûr de son français pour parler cette langue avec M™* de Staël.
Mais il ne professait à son égard aucune aversion ; il a même prouvé le cas qu'il en faisait, en cherchant toute sa vie à développer la connaissance qu'il en avait prise à l'Ecole Militaire de Stuttgart (1773). Il trouvait profit à rester en contact avec notre esprit, il lisait des œuvres françaises et, sans vergogne, y puisait \ Mais jamais Schiller n'a eu la moindre idée d'écrire en français.
GcETHE. — Des études très approfondies nous ont renseigné sur son cas '. Il estimait que « celui qui ne savait pas de langues étrangères ne savait pas non plus sa propre langue ». Il avait déjà attrapé quelques bribes de français dans sa famille, alors qu'un lieutenant français, le comte de Thoranc (ou plutôt Thorenc), était logé dans la maison de son grand-père. Il commença à fréquenter le théâtre français installé à Francfort, en 1738, où jouait une troupe de Metz ^ Il trouvait là les leçons que le gymnase ne lui eût pas fournies *.
Il nous a raconté lui-même comment, « sans avoir appris le français », il parvint à a s'exprimer en cette langue avec quelque facilité ». « Je fus secondé par le don que j'avais naturellement de saisir les sons d'une langue, son mouvement, son accent, le ton et toutes les particularités extérieures. Beaucoup de mots m'étaient connus par le latin ; l'italien m'aida encore davantage, et, au bout de peu de temps, en prêtant l'oreille à ce que disaient les domestiques et les soldats, les sentinelles et les visites, j'en appris assez, sinon pour me mêler à la conversation, du moins pour faire des questions et des réponses détachées » ^.
11 commença à pouvoir déclamer même du Racine et, s'étant lié avec un fils que l'actrice Derones avait eu du directeur, il en arriva à pouvoir jouer, dans la maison de famille, le rôle de Néron dans
1. Schanzenbacli (^Fr. Einjl., p. o-7) montre que Schiller a étudié Locke d'après une traduction française, ainsi qu'il ressort de sa correspondance avec Kôrner (Sachs, iichiller's Hczicluingen zar franzosischen iind emjlisciten Lileratur, p. 8S). On a reproduit là une partie de la liste des 13^ ouvrages français trouvés dans la bibliothèque de Schiller, ainsi que l'indication des sources françaises auxquelles il avait puisé la plupart de ses sujets.
2. On les trouvera indiquées toutes dans la belle étude de Sachs (C, Gœtlie" Beschûfl'ujung mit j'ranz. Sprache, pp. 34 et suiv.