Dicht. u. Warh., t. VIII, p
Briifwniciis. C'est alors qu'il étudia tout Racine, tout Molière et une partie de Corneille. Une fois étudiant, il eut l'occasion de se perfectionner encore en allant écouter tragédies et comédies françaises' . Il n'est pas sans importance de noter cette forme d'apprentissage. Notre langue entra dans son esprit par les conversations, les lectures, non par les grammaires. Cela explique en partie l'affection qu'il avait pour elle et l'imperfection de ses connaissances.
Pourtant une initiation directe ne peut guère suffire quand il s'agit d'une langue hérissée de difficultés artificielles comme le français. Aussi on n'a pas eu de peine, quand on a dépouillé ses Lettres, à y relever de ces incorrections que ses parents même notaient. Ce ne sont pas seulement des péchés orthographiques, mais des manquements à des règles fondamentales ^.
Est-il à croire dans ces conditions qu'il ait jamais pensé à pratiquer notre langue et à devenir un auteur français ? Qu'il en ait eu un moment la tentation, ce n'est pas impossible. Ses jugements sur notre littérature ont été recueillis depuis longtemps, et, s'il en est quelques-uns de sévères, d'autres attestent qu'il a toujours apporté à suivre l'esprit français dans ses manifestations les plus diverses la sympathie qu'une haute intelligence et une prodigieuse curiosité de toutes choses comme la sienne devaient éprouver. L'enthousiasme qu'il avait montré dans sa jeunesse pour nos grands écrivains était très chaud et aurait pu l'entrainer. Mais il en fut détourné, il nous a raconté lui-même quand et comment. « J'avais aimé la langue française dès mon enfance", dit-il, j'avais appris à la connaître dans une vie plus animée, et, par elle, une vie plus animée m'était apparue ; elle m'était devenue familière sans grammaire et sans leçons, par la conversation et par la pratique, comme une seconde langue maternelle. Après cela, j'avais désiré m'en rendre l'usage plus facile, et j'avais préféré Strasbourg à d'autres universités pour mon second séjour scolaire. Mais je devais, par malheur, y éprouver le contraire de ce que j'avais espéré, et être détourné de cette langue... plutôt qu'attiré vers elle.
«Les Français, qui, en général, se piquent de bonnes manières, sont indulgents pour les étrangers qui commencent à parler leur langue ; ils ne raillent personne pour une faute, ou ne l'en reprennent pas tout crûment. Cependant, comme ils ne souffrent guère qu'on pèche contre leur idiome, ils ont l'habitude de répéter, avec un