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protesté : « Les académies, disait-il, et il était fidèle en cela à la pensée de Frédéric II, ne sont d'aucun pays particulier, mais sont de tous les pays, comme les sciences qu'elles cultivent et la vérité qu'elles professent. Elles doivent donc parler un langage intelligible à toutes les nations, et l'allemand n'est point ce langage » K
« Leibniz n'osa en faire celui de la Société royale instituée sous ses auspices avant la nôtre... C'est... en français qu'il exposa ses plus belles découvertes physiques et géométriques, qu'il traita les sujets de la plus profonde philosophie, qu'il publia ces admirables écrits qui ont rempli la terre de la célébrité de son nom. Mais, sans remonter si haut, l'acadéftiie de Gœttingue, qui fleurit au milieu de l'Allemagne, n'en a pourtant pas adopté la langue, quoique déjà très perfectionnée dans le temps de sa fondation, et ne l'adopte pas encore. Ses volumes continuent de paraître en latin. Mais pour nous, malgré quelques inconvénients que je ne me dissimule pas, je pense que sur le tout la langue française nous convient davantage, et entre autres pour des raisons locales dont le détail me mènerait trop loin... » ^.
Une question se posait en effet. Si la littérature proprement dite allait être en allemand, convenait-il d'exclure le français des ouvrages de science et de recherches, de leur nature internationaux ?
Le « retour au patriotisme » triompha, sous l'impulsion... d'un Italien, Denina^
Survivances. — Les salons allaient-ils suivre ? 11 faudra quelque temps encore pour qu'ils s'y décident. La langue littéraire avait fait reconnaître ses droits, grâce à de grands et puissants esprits. La langue mondaine avait un retard à rattraper. Pendant l'idolâtrie française elle ne s'était pas formée ; or nul ne pouvait d'un coup de baguette magique créer cet instrument délicat de relations qu'un long usage seul peut adapter.
Enfin la réaction qui se marquait à la Cour de Prusse allait-elle s'étendre à toute l'Allemagne ? L'autorité de la Prusse, si grande qu'elle fût, ne pouvait brusquement produire ce résultat. A Ham-
1. Mémoires de l'Académie de Prusse, année 1787, p. 398, dans Texte, El. de litl. europ., p. 294.