Voir H. L., t. VI, pp. o43 et suiv
bien de chez nous ; les lexiques allemands les ignoraient pour la plupart :
Banne (écrit pourtant par BogsdorfT en caractères gothiques), Bombardement*, Bonnet (=honnetle, t. de fort.), Canal, Ciment*, Coffre, Couvreface, Cunette, enfiliren (= prendre en enfilade sous son feu) *, fischirend (= plongeant, en parlant du tir)*. Place d'Armes*, rasant et rasiren (tir rasant)*, Revelirung (= revêtement d'un parapet) et reveliren*, Tours bastionnées : tous ces mots constamment employés par [iogsdorlf et par Sturm, ne se trouvent ni dans A ni dans B, pas même comme mots français ;
Brisure (= espèce de pan coupé entre la courtine et les flancs du bastion : « Das Mauerwerck wird an der Brisure bisz an die gerade Courtine fortgefûhret — Sturm, p. 30) n'est donné que par B (fr.-all.) comme terme de blason (brisure d'armoiries) ;
bombardiren, n'est donné que par B (fr.-all.), de même que Banquette (Banquette du parapet — Die Banquette der Brustwehr) ;
Pétard est donné par A et B sous la forme Petarde ; on voit poindre dans B un essai de traduction allemande : la partie fr.-all. propose Thorbrecher, — qui n'est pas très heureux, — mais revient tout de suite au terme français : « Die Petarde an ein Thor anschrauben » ;
Ravelin, OAB (all.-fr.) ; -h A (fr.-all.)''; B (fr.-all.) donne Ravalin et l'explique assez gauchement : « Ein ver einem Thor aufgeworffenes sich in die Krûmme ziehendes Werck, oder ein Bolhverck zwischen zweyen Thiirmen ».
Quelques-uns de ces mots étaient déjà connus en Allemagne, mais avec des sens tout à fait différents : B traduit lignes parallèles par : gleich weil von einander stehende Zeile, mais il ignore l'emploi de ce mot pour désigner une tranchée d'approche. Perspectiv* désigne, dans A et dans B, une lunette d'approche; B sevd connaît le mot français perspective, mais il le traduit par Sehe-Kunst, ce qui ne saurait désigner la « vue perspective » opposée par Bogsdorff à l'élévation géométrale -.
D'autres faits nous montrent encore combien l'allemand se prêtait mal à l'expression de cette technique. Sappe (©AB all.-fr.) est traduit par « Untergrabung einer Mauren », phrase qui semble désigner l'action plutôt que l'objet^. Pour désigner les abris souterrains creusés dans la tranchée, BogsdorlT hésite entre Logiment, Lochement, Loschement et Loschirung ; Sturm ajoute à la liste Logiament : AB donnent seulement « Faire des logements (munitiones struere) = sich eingraben, mais le nom Eingrabung paraît leur être inconnu. A (fr.-all.) traduit bastion par Pastey — déformation de bastille ; B le traduit par Bolhverck, et tous deux (all.-fr.) traduisent Pastey par boulevard : on s'explique dès lors que BogsdorlV ait pris à Vauban le mot bastion pour désigner avec précision ce nouveau procédé de fortification.
Dans bien des cas enfin, les hommes de l'art voulurent exprimer par un mot ce que leur langue ne pouvait exprimer que par une phrase, parfois obscure ou peu exacte :
Artillerie: « Die eine mit Artillerie... kan besetzt... werden » (Bogsdorll,