C en ce sens ; on y trouve cependant Rasante Linie
2. « Es gibt zwar noch zweyerley EntwûilTe als don GeomelriscLen Prospect und die Perspectiv » (p. o, § 13). Il est vrai que 15 connaît l'emploi de Perspectiv en ce sens (fr.-all., art. Profil : « j 'ai la vue de Paris en profil = Ich hab eine Abmahlung der Stadt Paris in perspectiv ))).
3. Il est vrai que Vestung est couramment employé pour désigner la chose et non l'action ; mais il n'est pas suivi d'un complément d'objet.
p. 46, § 2). — AB = die Stûcke ; C = das grobe Kriegs-Geschûtz, die Stûcke.
Bagage : « Mit Erlassung ihres vôlligen Laagers und Bagage » (Bogsdor(T, p. 55, § 16). — A ^ der Trosz eines Heerzugs ; B = der Trosz, das Reisezug ; C = ein Heerzug.
Batterie (de canons) : « Ehe er Batterien... zu Stande bringet » (Sturm, p. 26). — eABC; A (fr.-all.) « Mettre le feu aux batteries = die Stûcke anzùnden, loszbrennen ».
Brèche : « Dasz... mit dem Canon keine Brèche in dièse ^^'e^cke zu legen moglich ist » (Sturm, p. 1.3). — A = Eine von Geschûtz geffdlete Mauer ; C ^ Loch.
Canon : « den Gebrauch des Canons » (Bogsdorlî, p. 10, >; 1). — AB = Ein Stûck Geschiitzes.
canoniren : ce So wûrde sie das Canoniren nicht erdulden » (Bogsdorff, p. 22, i; 2). — AB= beschiessen.
commandlren : « Der Feind musz den Vestungs-Wall mit seinen hohen Feld-Batterien nicht commandiren... môgen » (Bogsdorff, p. 10, 5°). — AB : La ville est commandée du château = Die Stadt kan vom Schlosse beschossen werden*.
Communication : « Damit man... durch diesc detachirte Wercke Communication haben kan » (Sturm, p. 2). — AB : La ville a communication avec la citadelle par un pont = Das Schloss ist mit der Stadt durch eine Brûcke vereiniget » — Lignes de communication = die Grâben durch Avelche man von elner Schantz zu den andern sicher und ohne Gefahr kommen kan (A) ; Graben durch welche man zusammen kommen kan (B).
demanteliren : « Durch die aussere Batterien ziemlich demanteliret » (Sturm, p. 50). — A = Die Wâlle und Mauren niderreissen ; B = Die Mauren einer Stalt einreissen ; C = demandeliren (faute d'impression?).
Esplanade : « Uber der ûbrigen Esplanade » (Sturm, p. 28). — A == ein weit ebenes Feld; B = Ebene, weites ebenes Feld (complanata area)*.
fianquiren : a Wie eine Vestung kônne flanquiret verden » (BogsdorlT, p. 3, règle 8). — AB = Thùrme zu beyden Seiten einer Mauren machen »*.
Glacis : « Mit... einem 17 Ruthen breiten Glacis » (Sturm, f° B^, v°). — A = die Abdachung einer Mauer ; B =: die Abdachung des bedecklen VVegs.
Gorge : « Die Place d'Armes... 5 Ruthen zur Gorge bekommen (Sturm, fo g2^ yo^ — bA.; B=:die Rahl-Linie eines Bollwerks.
Musqueterie : « Die andere mit Musqueterie kan besetzt... werden » (Bogsdorll, p. 46, § 2). — A = das Beschiessen der Musqueten ; eB où on trouve : Essuyer la Mousquetairie (sic) = eine Musquetade aushalten.
postiren : « Erd-Zungen die... dem Feinde zum Postiren nicht dienlich erreichen » (BogsdorlT, p. 71, n. 2). — Se poster en quelque lieu = Einen Ort einnehmen, Sich an einem Ort liigern (A); Eine Stelle einnehmen (B).
Profil : ce Anordnung der bemauerten Vestungs-Profile » (Bogsdorff, p. 92, Titre). — eA en ce sens. B (fr.-all.): Profil = Ein waagrechter Abrisz.
Soaterrein : ce Das Mauerwerck und die Souterreins verzeichnet sind » (Sturm, fo A-, v°). — eA et B comme subst. ; Bâtiment souterrain = Ein Gebau unter der Erden*.
Tenaille : ce Ein Hauptwcrck bestehet in detaschirten Bastionen... und
dazwischen liegenden einfachen Tenaillen » (Stunn, p. 2). — GB ; A (fr. ail.) ^= Eine Schantz wie cine Zange aufgeworlTen *.
Travers (= Traverse) : (BogsdorlT, p. 72, règle 6) Mit Travers — VVâllen und Graben. — AB : Ein Durschschnitt in einem Vestungs — Bau*.
Voilà donc de nombreux cas où l'emprunt au français était justifié, nécessaire même. Et peut-être expliqueraient-ils d'autres emprunts moins défendables : Artillerie, Miisqueiterie appelaient par analogie Cavallerie, dont on pouvait se passer ; Loschement amenait loschiren; Communication (= voie de liaison) favorisait l'inutile et équivoque communiciren (== faire part, mittheilen). Les besoins réels de l'expression technique encouragèrent l'afTectation et lui fournirent des prétextes, mais, au demeurant, les écrivains militaires ne sacrifièrent que modérément à la mode. Fait remarquable aussi : Bogsdorff, qui est un militaire, Sturm, qui est un civil — et sans doute un pédant — ne se distinguent guère l'un de l'autre à ce point de vue : les emprunts au français, légitimes ou non, ne paraissent pas plus abondants chez l'un que chez l'autre, et les emprunts justifiés semblent, chez tous les deux, l'emporter.
En fut-il de même chez les écrivains postérieurs? Seul un dépouillement des documents lexicologiques de tout le siècle, dans tous les pays de langue allemande, permettrait de répondre. Il va sans dire que nous n'aborderons pas ce vaste problème * : qu'il nous suffise d'avoir montré par quelques exemples la nature des faits que pourrait révéler une enquête approfondie.
Nous nous bornerons de même à donner quelques indications sommaires touchant la destinée ultérieure des mots importés.
1. Citons seulement à titre d'exemple le « Nouveau dictionnaire technique » de Jacques d'Egger (Jacob von Eggers, Neixes Kriegs-, Ingénieur-, Artillerie-, See- und Riller-Lexikon. .. Dresde-Leipzig, 1737, 2 vol. in-S"). Il donne :
A. Un très grand nombre de mots français tels quels : Abri, alignement, bagage, barbette, caponière, contre-garde, contre-mine , courtine (qu'il essaie pourtant de traduire par Mittelwall, ou
Zwischenivalt), etc — Ces termes sont souvent intraduisibles; ainsi l'expression Logement
d'une attaque, qu'il est obligé d'analyser longuement : « heiszt bey Belagerungen, an exponiitea und gefahrlichen CErtern auf dem Bedeckten VVege, auf den beschiidigten Auszenwerken, in dem Graben, auf einer Brèche, und allenthalben, wo man posto zu fassen hat, sich eingrahen, mit Scbanzliôrben, Faschinenwerke, Sand- und WoU- Sacken, Clendungen und Palissaden vor dem feindlichen Feuer sich decken, und so gut es sein kann, feste setzen ». V. de même Défilé (= passage étroit), enfilade, glacis, etc
B. Des mots français qu'il habille à l'allemande : Approschen, Bombardierung , brusquiren, Canonierer, debaachiren, Dispuiirung, massacriren, Palissaden (il semble ignorer Pfahlwerk), ravagiren, etc....
C. Des expressions allemandes calquées sur les termes français : Bonnet à prêtre (espèce de bastion), Place d'Armes, mur de revêtement, deviennent : Pfaffenmûtze, Waffenplatz, Verkleidangsmauer .
D. Des termes allemands qu'il substitue aux mots français : Kitt (Ciment), Schijflheer (Brai), Feldzug (campagne — mais il emploie, dans le cours de l'article Winler-Campagne), vernagelr. (enclouer), Schanz-Kôrbe (gabions), etc
Ces disparates semblent indiquer un effort pour s'affranchir, quand cela est possible, du vocabulaire français. C'était là, sans doute, une tendance quelque peu répandue ; on lit au mot Ravelin, que, pour son compte, V. Egger conserve : « Ravelin, welches einige Deutsche oinen Wallschild genennet haben, ist ein mit zwo Facen odcr Gesichtslinien versebenes Auszcnwerk, welches vor eine Courtine geleget wird, um deren benachbarte beyde Flanguen zu decken ».
On voit qu'il mêle encore allemand et français; il lui arrive d'écrire des phrases quasi macaroniques comme celle-ci : « Das ganze Artillerie wesen wird von einem general-Feldzeugmeister, Franzosisch « grand-maître d'artillerie » dirigiret, an welchen aile iibrige Officiers und Bedienten gewiesen sind, und seinen Befehlen Parilion leisten mùssen. Sie formiret im Feld ein besonderes Corps, und desjenige, welcher das Ober-Commando darùber fiihret. empfiingt die Parole unmittelbar von dem commandirenden General... Die altère Artillerie bestund ans einem Chaos von allerley wunderlich proportionnirlen Canonen, welche zu unlerschcilen die Namen der Schlangen, Vôgel und wilden Thiero, nicht zureichen woUten. Nach vielfaltiger Erfahrung hat nian endlich die wahre Proportion der stiicken festgesetzt, und allô alten Grillen abgeschalTt ».
Ils ne tardèrent pas à subir toutes sortes d'altérations, comme le lecteur a déjà pu en remarquer, et qui témoignent chez ceux-là même qui les mettaient en circulation, une connaissance peu précise de notre langue.
On commença par en déformer la graphie afin d'en assurer la prononciation correcte ; c'est du moins ce qu'a prétendu faire Bogsdoriï' et ce qu'il a réellement essayé quelquefois :
— Il supprime Ve final et la consonne précédente quand elle est double : Banquet, Parallel, Polygon, Tenait, Travers ;
— Il remplace c sifflant par se ou ss : Fasce, Glasci ou Glassi ;
— Il remplace ch par sch : Bresche, cletaschiren, fischiren ;
— Il remplace au par o : Fossebraye.
Néanmoins son système de transcription n'est pas très rigoureux ; par exemple la voyelle ou est tantôt conservée (^Redoute), tantôt remplacée par u ÇMasqueterie'). 11 conserve eu et ai (Ingénieur, furieuse. Raison') ; est-ce parce qu'il ne craignait pas que la prononciation s'altérât ? ^ S'il conserve l'e final de Ronde, est-ce pour assurer le maintien de la nasale longue? ^ C'est peut-être par inadvertance qu'il écrit Caneile ; mais ne serait-ce pas la prononciation latine qui lui fait écrire causiren, Diseurs, Tamult, et la prononciation italienne qui détermine les formes Circumferentz, Correspondent:, Observant!, à côté de Defens ? Dans Pétard et Port nous avons tout lieu de croire que le d elle t s'entendaient et que l'influence de l'italien est encore intervenue. Quant à Lochement, loschiren, pousiren, scharschiren, ce sont des transcriptions barbares, mais anciennes*.
Les sons français n'avaient pas tous leur équivalent en allemand : pointe devint Ponte ; les finales en ier et les finales nasales furent conservées (Cavalier, Mortier, rasant, Bombardement), ce qui devait induire le lecteur non averti à prononcer Cavalir, rasan't', bombardemen't' , et nous constaterons en effet des déformations de ce genre, que favorisaient d'ailleurs les flexions germaniques que l'on donnait à ces mots. Mais d'autres causes encore aidèrent à ces altérations.
Le français de Bogsdorff est, comme il arrive souvent à l'étranger, en retard sur le français de France, et cela nous explique des formes comme Effect, Project, des emplois comme Conduite au sens de méthode. Cérémonies au sens de manœuvres réglées-'. Suceurs, Defension, Delinealion pourraient à la rigueur passer pour des latinismes, mais qu'est-ce que Furiositât, Logiment, Positur, sich retiriren, sinon des barbarismes ?
L'ouvrage de Sturm ne paraît guère se soucier de noter la prononciation française à l'usage des lecteurs allemands : il revient à la graphie française dans bien des cas où Bogsdorff tentait une manière de transcription phonétique : Berme (Bogsdorff : Bârme), Brèche, detachiren. Face, Glacis, Tenaille. Il conserve l'e final dans les cas où son devancier le supprime (Brisure), mais, par un singulier illogisme, il écrit Bonnet ou Bonet pour Bonnette, Controvers, Modell, Manier... Prononçait-il manir"?
1. « Es wolle auch nieniand veriiblen dasz ich die Fortifications Wôrter niclit der Art ihrer Muttersprache nach geschrieben, sondern selbe dermassen gesetzet habp, damit sie von den Teutschen Léser gebûhrlicher kônnen ausgesprochen worden » (An den Kunslliebenden Léser, v").
2. Aiijonrd'liui encore on écrit Friseur et on prononce Frisur.
3. Comparer la prononciation de : la bande et de : das Bantl.