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CHAPITRE XXI INFLUENCE DE LA SYNTAXE FRANÇAISE

La syntaxe de l'allemand a été, elle aussi, atteinte par le contact du français, moins profondément que le lexique, sans doute, mais dans une mesure appréciable '. Ces emprunts syntaxiques ont ceci d'intéressant qu'ils sont, à la différence des emprunts lexicologiques, presque toujours inconscients.

C'est surtout chez les écrivains d'origine suisse que les influences se remarquent. La quantité de constructions françaises qui ont passé dans l'allemand suisse a depuis longtemps frappé les grammairiens, quoiqu'une étude systématique n'ait pas encore été entreprise, à ma connaissance du moins. Parmi les Allemands contaminés, il faut citer Wieland, Goethe, Zschokke surtout, et par ce dernier Kleist. D'autres Allemands ont été directement influencés par leurs lectures françaises, ainsi Lessing et Schiller.

I. — Un certain nombre de gallicismes se remarquent d'abord dans la syntaxe des cas.

Ainsi le génitif de qualité est employé à la française : « Dies Werk ist de?- Giganten (Kleist, Penthesilea v. 1379).

Le génitif français d'origine se rencontre : « Du sagst von diesein Hause dich » (Id., Amphitryon, p. 187).

On trouve chez Goethe un partitif à la française : « und trank des Wassers » (Jîeinecke Fuchs, II) ; cf. Das sind einmal wieder von euern Streichen, traduction rigoureuse de : ce sont là de vos traits (Kotzebue, Fanchon, dans Brandst., o. c, p. loo).

De nombreux tours de phrase, comme le montre Schanzenbach, décèlent chez Schiller l'influence directe ou indirecte du français, ainsi : « Des Adels versicJiert, batte er die Wut des Pobels verachtet {Révol. P.-Bas, 1. II, p. 118, Deutche Nat. Biblioth.) » ; « du fûhltest dir noch Kriifte » ; « gehorcht zii sein wie er (\Vallenstein) konnte

4 . Voir en particulier les ouvrages de Brandstâter, de Schanzenbach et de Weisscnfels, cités dans la Bibliographie.

On m'excusera, dans cette étude à laquelle je n'aurai pas l'occasion de revenir, de citer quelques exemples pris à des textes un peu postérieurs.

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