INFLUENCE DE LA SYNTAXE FRANÇAISE
kein anderer Feldherr sich ruhmen « {Guerre de XXX ans, II,
Buch 4, p. 324).
Le double accusatif est employé à la française :
A. — Avec l'omission de als et de zii : « Er machle sich. Meister \on Rottweil (Schill., Guerre de Trente ans, II, 5, p. 364); Tieck : Den du den Môrder deiner Ehre wahnst « (Oklaçian, p. 77) ; « Er rûhmt des Kinds unsel'gen Vater sich » (Kleist, Kài/tch., act. V, se. 1).
B. — Avec l'omission d'une proposition subordonnée introduite par dass : « Die dein Kind du sagst » (Id., ib., p. 116, 5); « Wenn er mic/i im Frankenlager lebend noch verninimt » (Schill., Jungfrau von Orléans, II, 7).
Le datif est employé après des verbes qui ne l'ont qu'en français.
A. — Après sein... « Die Gemahlin don Garzias... ist Grossmutter mir » (Herd., Cid, n" 70, v. 4373 s., p. 141); « dass dem Gesetz gehorsam sei » (Kleist, Prinz ç>on Honiburg v. 73o).
On rencontre le datif avec être traduisant être à, dans le sens d'appartenir: « Wem ist das Haus da drùben » ? (Gœthe, Stella, I).
B. — Avec des verbes qui demanderaient toujours une préposition après eux : « Wenn ich euch loge » (Gœthe, Reinecke Fuchs, IV) ; « Dem iveigerte der Oberst sich » (Kleist, Prinz von Homb., V. 1262); « Er ninimt ihm die redite Hand » (Gœthe, Gœtz, I, 2) ; « er hatte seiner Braut von dieser Absicht gesprochen » (Gœthe, Wahlv., 23S).
C'est aussi sous l'influence du français qu'ont été écrites des phrases comme celle-ci : (.^ Als man ihm hingegen Kirche capelle... sehen Hess... » (Gœthe, Wahlv., 276) ; « Dem Domherrn mâche ich glauben » {Gross-Cophta, II, 2); « Ein Geschenk, das mir jeden neuern Verlust ertragen machte » (Gœthe, An Cari August, I, 113).
II. — Dans la syntaxe du verbe les traces du français sont également marquées.
A. — Ainsi sein est employé dans le sens de il y a : « Du weisst dass ein Gesetz der Ehre ist und eine Pflicht » (Kleist, Amphitryon, V. 446).
B. — Le verbe reçoit la construction pronominale avec valeur passive, type : So hemmt sich sein wahnsinniger Fortschritt nicht (le progrès ne peut pas s'arrêter) : « Wem winden jene Krânze sich »? (Pour qui se tressent ces couronnes .3) (Kleist, Penthesilea, V. 1183).
On rencontre des impersonnels tout à fait étrangers à l'allemand du type mir denkt : « Ganz ohne Beispiel, so lang' mir denkt, dass ich dem Kœnig diene » (Schill., Don Carlos, IV, 4).
Sur V emporter on calque es abgewinnen. Goethe dira par exemple : « Haute nicht fùrwahr zum ersten Maie hat mir's dièse Bildung abge^vonnen ».
III. — Dans la syntaxe de la proposition, il faut noter surtout :
A. — L'infinitif elliptique qui est un emprunt au français : « Warum entfliehen vor mir ? » (Wieland, Oberon, II, 39) ; « Ich dlch ehren P » (Goethe, Prometheiis, a. III).
B. — Le participe ou 1 adjectif absolus sont également des copies du français : « Es schien ein wohlgebautes Land, die Auen mit Schafen bedeckt, zwischen Palmen die friedlichen Hûtten zerstreut »
(Wieland, Oberon^ II, 7) ; cf. Kleist : « Die Chefs nun gemessen
instruirt, Wirft er erschôpft... Sich auf das Stroh » (JPrinz \>on Homb., V. 11).
C. — L'emploi du participe présent ou du gérondif est également français (type : l'appétit vient en mangeant) : « Ein Wurmgeniste Von einem Knaben scharrend weggewûhU » (Kleist, Das letzte Lied, V. 11).
D. — Le complément circonstanciel de temps, de mode, etc., avec ou sans préposition, est placé devant le verbe, comme dans la construction française : « Kriegestûrme allenthalben Schallen... in Castilien laut » (Herder, Cid, v. 1283) ; cf. Kleist : « Wer rasch erfleiiclit den Ilùgel dort ? » (Penthesil., v. 997) ; « So gross in dieser Sach' ist nicht mein Eifer » ÇAmphit., v. 1705) ; « Zuerst mit grossem Aug, sieht er ihn an » (Jb., v. 1298).
Il n'est pas besoin d'indiquer d'où vient une inversion aussi complètement étrangère à l'allemand que la suivante : « Sie ist werth zu sein geliebt » (Goethe, An Lottchen, v. 43).
E. — La subordonnée modale ou temporelle est introduite entre le sujet et le verbe de la proposition principale : « Der Graf vom Strahl, indem er ihre Hand ni?n?nt, fragt » (Kleist, Kàthchen, a. I, se. 1).
Qu'on considère une phrase comme celle-ci : « Drauf, ganz mit ihrem Elut bespritzt : schickt ihr den Bastard zur Hôlle nach ! rief er » (Kleist, Erdbeben ^>on Chili, pp. lo, 23 et suiv.), il faudrait rief er tout de suite après bespritzt pour que la phrase fût allemande.
F. — Enfin, lorsque deux subordonnées, indépendantes l'une de l'autre, mais se rapportant à une même proposition principale, sont placées entête de la phrase, on a une construction de type français. Elle est du reste presque particulière à Kleist : « Undwâr ich Zens, wenn du dem Reigen nahtest, die ew'ge Hère mûsste vor Dir aufstehn » ÇAoïphit., v. 131o). Il faudrait que la deuxième proposition subordonnée fût placée après aufstehn.