‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 58 sur 595 · CHAPITRE PREMIER LES DÉBUTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LES DÉBUTS

Influence subie, non exercée. — Il est facile de comprendre pourquoi l'ascendant du français fut tardif en Italie. La langue italienne avait depuis un siècle et demi la primauté. Nous avons montré dans cette Histoire le rang qu'elle avait obtenu et l'action qu'elle exerçait en France. Pour toutes sortes de causes, que nous n'avons pas à examiner ici, elle manqua sa destinée. Si au commencement du xvii'^ siècle les Français cessèrent à peu près de lui emprunter, ils continuèrent néanmoins à l'apprendre. En outre l'Italie, je l'ai marqué aussi dans un précédent volume, restait le centre incontesté de l'Art; les nôtres allaient y prendre non seulement des principes, mais jusqu'au jargon du métier".

Les manuels destinés à apprendre le français aux Italiens commencent à apparaître au xvii" siècle. Alexandro Tassoni (I56S- 1633), de Modènc, l'auteur du célèbre poème comique: La Secchia rapita, a laissé une grammaire française inédite ^

A Rome, en 1625, paraît La Grammatica per imparare la lingua ft'ancese, composta da Pietro Durante ^.

1 . Je dois à peu près toute la substance de ce chapitre à mon ami et ancien élève G. Maugain, dovcn de la Faculté des Lettres de Strasbourg, qui a bien voulu rédiger et mettre à ma disposition ce qu'il appelait une modeste esquisse, dont mes lecteurs pourront apprécier l'exactitude et la richesse ; les remaniements et les additions que j'ai pu faire au tableau qui m'était fourni n'empêchent point M. Maugain d'en garder entièrement le mérite.

2. Sur les étudiants français en Italie, voir Em. Picot, Bull. Corr. hist. el philol., avr. 1915, pp. 8-71, et 1917, pp. 71 et suiv.

3. Miscellanea tassoniana di sludi slorici e Iclterari, Bologne-Modène, 1908. (Voir l'étude de Bertoni.)

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