‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 59 sur 595 · Voir Stengcl, Verz., n · texte numérisé non relu

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L'année suivante, à Rome également, paraît en français la Grammaire pour apprendre les langues italienne, française, et espagnole^ d'Antonio Fabro *. Douze ans après Longchamps (Giov. Alessandro), donne à Rome encore son Trattato délia lingiia francese e italiana, italiana e francese ^.

Tout cela est très peu de chose et, si on consulte ces livres, on voit qu'ils n'ont aucune signification pour l'histoire qui nous occupe. Les auteurs ou éditeurs sont on ne peut plus modestes dans leurs prétentions. Ils ne demandent pas le premier rang pour la langue française, tant s'en faut. L'un se contente d'avancer qu'elle « est aussi utile que n'importe quelle autre », l'italien toutefois mis à part, car il est l'idiome le plus répandu dans toute l'Europe. Un autre recommande seulement le français à messieurs « les secrétaires et traducteurs » ou aux personnes qui « aspirent faire voyiage». Quarante ou cinquante ans plus tard, le ton des auteurs de grammaires françaises sera tout autre ; ils parleront en hommes qui ont conscience d'enseigner la première de toutes les langues.

D'autre part, ces manuels, on doit le remarquer aussi, ont paru dans l'Italie septentrionale — ce sont les rapports avec les voisins qui les ont inspirés k leurs auteurs — ou à Rome, ville cosmopolite. Ailleurs, point de besoins analogues. On n'étudie pas le français comme langue de culture ; le savoir n'est qu'une commodité ^

De 1660 A LA FIN DU RÈGNE DE Louis XIV. — De 1660 à la fin du siècle, le mouvement ne se précipite guère. Citons deux ouvrages de Venise : L'arte d'insegnare la lingiia francese per mezzo dell' italiana overo la lingiia italiana per mezzo délia francese. Venezia S. Curti, 1681*.

On peut rapporter aux dernières années du siècle Neretti (Philippes), La clef de la Langue Françoise... Expliquée en Italien. Dédiée

4. Steng., 0. c. n" 75. Elle fut plusieurs fois rééditée, en particulier à Venise.

2. Id , i6., n'' 86. Bibl. Ars., 6i8'^. L'auteur était interprète de langues dans cette ville.

3. Il faut cependant noter que, dès 1647, paraissait à Carmagnole une traduction du Cid par Andrée Valfré. /îorfof/une fut traduite à son tour (Modène, 1651). Voir Em. Picot, Biblio<jr. Cornet., n»^ 832 et 839.

4. Curti est-il l'aulour ou l'éditeur de l'ouvrage.^ Voir Bibl. Nat., X. 23627. Steng., o. c, n° 176, donne, en l'attribuant à Cliiarclli (Jean Battisle), un ouvrage anonyme : L'arl d'enseùjner la laivjuc française par le moien de l'Italien on la langue Italienne par la Française (Venise, 1685), dont une édition de 1691 se trouve à la Bibl. S'^ Geneviève, X, 438, in-i2. Stengel, d'autre part, mentionne à la date de 1692 une édition, revue par D. L. (flella Spina), de l'ouvrage dont nous avons donné le titre dans notre texte. Elle a été imprimée à Venise, chez Curti. Il est probable qu'il s'agit toujours et partout du même manuel ; il faudrait pouvoir comparer les exemplaires.

Le nom de Délia Spina paraît encore dans // maestro francese in Ilalia, Venezia, Curti, 1683, in-12(Bibl. S'« Geneviève, X, 350).

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