Bergamo
4. Le général Baron Thiébaut a rencontré un comte de Policastro, qui avait traduit Télémaque (Mém., t, II, p. 411).
5. En Piémont, peu de traductions ; les gens savent le français tant bien que mal. Dans l'Italie méridionale il en paraît également peu, mais pour une autre raison: cette contrée échappe encore à l'influence septentrionale.
Le nombre croissant des ouvrages pédagogiques destinés à l'enseignement du français prouverait à lui seul avec quel empressement on se mit dans la Péninsule h l'élude de notre langue. Si Stengel ne signale guère pour la première partie du xviu* siècle que la Grammaire de Munier', les choses changent à partir de 1751. Les grammaires se multiplient^. Nous avons également la preuve que des cours de français étaient introduits dans les établissements d'instruction'.
Il n'y a pas d'ouvrage de Descartes traduit en italien avant 1722, et cependant, plus de trente ans auparavant, la pensée de ce philosophe avait pénétré dans la Péninsule sous une forme latine ou française ; la preuve en est qu'elle soulevait des polémiques qui ont été racontées ^ et qu'on composait contre ce fauteur d'impiété et ce propagateur du doute d'amples et nombreuses réfutations.
Bientôt il sera suivi dans la Péninsule de tous ces « philosophes », qui, procédant ou non de sa doctrine, viennent empoisonner le monde. Ils se répandent en Italie surtout à partir de 1735, comme Grimm nous l'a attesté dans sa Correspondance : a Des observateurs éclairés m'ont assuré, dit-il à la date du 1" août 1765, que les progrès qu'elle [la raison] a faits en Italie depuis une trentaine d'années sont prodigieux. La révolution a commencé par une traduction des Lettres persanes^, elle s'est étendue rapidement et surtout en Toscane jusque sur le peuple. Les ouvrages de philosophes français modernes ont tous pénétré dans ces contrées et contribué à éclairer leurs habitants » '^.
A ce moment, soit par des allusions contenues dans les journaux et les correspondances du temps, soit par les catalogues des libraires,
1. Nuovo melodo per insegnare il francese aijli Ilaliani (It.-fr.). Napoli, 1720. Steng. Vcrz., n° 274.
1. Berti (Michèle), L'arle d'inse(jnare la Uivjua francese col inezzo delV ital. Firenze, 4751. Ce n'est pas la l''" édition, mais peut-être un remaniement de Ghiarclli, 1865. Cf. Steng., n«^ 349 et 176.
Antonini (abbé), Principes de la Gr. f. pratique et raisonnée. I*aris, 1753. Steng., n« 355, traduite en 1760 par l'abbé Marchioni.
[Ghattard] Nuovo melodo per imparare con oani facilita a ben leggere, scrivere e parlare francese. Roma, 175H. Steng., n" 369.
Goudar (Lod.), Nuova grammatica itala e francese. Parma, 1763. Steng., n" 3H2.
Duc (Franccsco), L'italiano in Parigi, ovvero Grarnmalica francese ad uso degli Italiani. Torino, 17K6. Steng., n" 471.
Baudisson, Grammaire fr. pour les Italiens. Flurcncc, 1788. Steng., n" 481 (Peutclrc rcmaninmcnt de Goudar).
3. Ainsi Villccomle, auteur des Lettres modernes avec les réponses (Venise, 1751), était maître de langue française au GoUège des Nobles tenu par les Jésuites. Il y enseignait depuis plus de quinze ans.
4. Maugain, Élude sur l'évolution intellectuelle de l'Italie, de 1657 à 1750.
5. Les Lettres Persanes sont un des livres favoris du jeune seigneur en qui Parini personnifie l'aristocratie milanaise dans son Matlino (1763).