‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 75 sur 595 · Mém., t. V, p · texte numérisé non relu

Mém., t. V, p

ses scandaleux Mémoires, c'est pour des motifs qu'il nous a donnés tout au longV Le Cardinal Acquaviva lui avait conseillé de faire cet effort: « Il faut que vous vous appliquiez bien vite à apprendre le français : c'est une langue indispensable » ". L'abbé Gama, d'origine portugaise, lui donna l'adresse du maître de langue, un avocat romain nommé Dalacqua \ dont il a parlé bien souvent. Une fois à Paris, il redoubla d'application. Il eut la chance de prendre pour correcteur de son jargon « le vieux Crébillon ))'*.

Ce n'est pas le lieu de relever ses fautes, peu nombreuses du reste, et ses quiproquos, doilt quelques-uns sont visiblement voulus ^ Ne retenons que certains faits, l'un, c'est qu'à Paris on se montrait très indulgent pour le français des étrangers^ ; l'autre, c'est que le goût de notre langue était fort répandu partout chez les dames. Dans le fameux couvent où son père a fait enfermer la jeune CC, la sœur M. M., qui s'éprend d'elle, lui donne des leçons de française CC. écrit à son amant que dans le couvent de INIuran la religieuse qui lui enseigne le français n'est pas la seule qui parle cette langue ^

Un cardinal dit qu'il ne goûtait pas la poésie italienne, et que, pour qu'il la trouvât belle, il fallait qu'elle [la marquise] se donnât le plaisir de la mettre en français. — Je n'écris le français qu'en prose, dit la marquise ^

En 1769, une première tentative pour établir un théâtre français à Venise avait échoué^". Mais, trois ans plus tard, les acteurs congédiés par la Cour de Vienne donnent une trentaine de représentations (à partir du 14 novembre). L'empressement du public pour avoir des places fut fort grand, bien que le prix en eût été triplé ". La

i. « La langue française est, dit-il, plus répandue que la mienne; et les puristes qui me critiqueront pour trouver dans mon style des tournures de mon pays auront raison, si cela les empoche de me trouver clair. Les Grecs goûtèrent Théopliraste malgré ses phrases d'Erese, et les Romains leur Tite-Live malgré sa patavinité. Si j'intéresse, je puis, ce me semble, aspirer à la même indulgence. Toute Fltalie, au reste, goûte Algarotti, quoique son style soit pétri de gallicismes « {}Iém., Préf.).

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