‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 83 sur 595 · CHAPITRE VII LE FRANÇAIS DANS LE RESTE DE LA PÉNINSULE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII LE FRANÇAIS DANS LE RESTE DE LA PÉNINSULE

LivouRNE ET Sienne. — J'ai peu de renseignements sur Livourne', exposée comme tous les ports de mer, à la contagion ; mais Sienne, qui, quoique déchue de sa grandeur passée, avait gardé un certain caractère international, était contaminée. Elle est habitée, dit De Brosses, « par toutes sortes de nations d'Europe et d'Asie ; aussi les rues semblent-elles une vraie foire de rriasques », et il ajoute : « Le langage est celui de la tour de Babel ; cependant la langue française est la vulgaire, ou du moins si commune qu'elle devrait passer pour telle » ^.

Naples. — C'est un pays à part et où on ne s'intéressa que tardivement à la langue française. Les Français, tout comme Pôllnilz, ne pouvaient parler aux Dames que par gestes ^ Sans doute il faut considérer que cette ville fut la patrie de l'abbé Galiani, qui écrivit une grande partie de ses œuvres en notre langue, d'Antonio Genovesi et de Gaetano Filangieri, qui furent de brillants disciples des philosophes français. Mais l'activité intellectuelle de ces trois écrivains, célèbres en leur temps, se déploya seulement dans la deuxième moitié ou même plutôt dans le dernier tiers du xviii* siècle.

Quant au grand public, les faits suivants qui le concernent se placent entre 1766 et 1784. C'est le moment où parait, chez l'éditeur Gian Francesco Raimondi, une édition de la grammaire italienne et française de Ludovic Goudar (1766). Elle marque peut-être qu'on voulait apprendre, mais non pas qu'on sût. C'est l'impression que laissent les renseignements donnés par Galiani sur les représentations d'une troupe française sept ans plus tard. Cette troupe, partie de Vienne, d'où elle avait été congédiée au Carême de 1772, arriva à Naples vers le 10 janvier 1773*.

t. A Livourne... Je me liai avec M. et ^1°"= Aguib. M™** Aguib, versée dans la littérature française et italienne, aimait à s'en entretenir avec moi (Ghev. de Fonviellc, Mém., t. III, p. 68).

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