‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 84 sur 595 · Lett. el Mém., t. V, p · texte numérisé non relu

Lett. el Mém., t. V, p

4. Galiani, Correspondance, t. 11, p. 158 (16 janvier 1773): « Nous avons ici depuis huit jours une troupe de comédiens français ».

On ne saurait conclure autre chose non plus des lettres de Galiani à M™* d'Epinay sur les représentations de l'ancienne troupe de Vienne, au début de 1773 ; le succès fut singulièrement capricieux.

Elle aurait, d'après Grimm, réussi à Venise. A Naples, MaJiomet, interdit par la police, fut remplacé par Z«iVe. La pièce parut « trop dévote et trop ressemblante, dans des endroits, à une mission » ; Les Folies Amoureuses ont été médiocrement goûtées ; Alzire, Le Glorieux, L'Epreuve, Mithridate n'ont pas réussi ; UEnfant prodigue est tombé à plat ; par contre Le Père de Famille, Eugénie, Le Misanthrope, Le Dépit amoureux, Nanine... recueillirent beaucoup d'applaudissements. Dans l'ensemble, c'était pourtant un succès, dont Galiani se déclare « étonné ».

11 donne à M""* d'Epinay d'amusants détails sur le public « qui entend très mal le français », et se trouve tout particulièrement déconcerté lorsqu'on lui fait entendre le langage des gens de négoce^ mais qui « suit » comme une classe d'écoliers bien sages. « Si vous voyiez notre théâtre, il vous offrirait un spectacle très risible ; vous verriez une école d'enfants. Tout le monde a son livre devant les yeux, tête baissée, sans détourner jamais les yeux pour voir la scène ; ils paraissent contents d'apprendre à lire le français » ^

Galiani donne comme œuvres jouées : Le Père de famille, Zaïre, Le Bourru bienfaisant, Eugénie, Alzire, Le Misanthrope, Adélaïde Duguesclin, Le glorieux, P)gmalion, L'Enfant prodigue, Nanine. Le directeur de la troupe, Sénepart, sollicita du roi l'autorisation de s'établir à Naples pour trois années. Les acteurs napolitains, menacés de la ruine, s'opposèrent à ce dessein. Ils multiplièrent leurs suppliques et le monarque leur céda, bien qu'à contre-cœur.

L'année suivante une autre troupe aurait encore provoqué la jalousie et les réclamations de la troupe de San-Carlino ^; cependant, en 1776, la troupe de Joseph Patte et Etienne Neveu, dont nous avons signalé antérieurement le passage à Turin, pousse à son tour jusqu'à Naples; mais elle était médiocre, au témoignage de Galiani et ne joua vraiment bien qu'une seule pièce: La Partie de Chasse de Henri IV.

Cet insuccès atteignit sans doute aussi l'imprimeur Gravier, Français établi à Naples, qui avait cru s'assurer une bonne affaire

1. Lettre du "27 février 1773 ; IS*^ représentation : Les Deux Amis. « Le public souffrait de ne pou\oir entendre ce que c'est qu'un fermier général dans sa tournée et ce que signifiaient les bons, les ordres, les inléréls de la Compagnie».

% Lett. du 29janv. 1773.

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