‹ Histoire de la langue française (volume 5)Chapitre 96 sur 595 · CHAPITRE PREMIER OBSERVATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Petit pays. Grande importance. — La Suisse, comme l'a heureusement marqué Reynold, « est la terre où l'on peut, avec le plus de facilité, étudier les actions réciproques des langues etdes races » \ En outre, il n'y a aucun pays où l'échange ait porté sur des hommes plus éminents. La France a donné Calvin à la Suisse, elle en a reçu Jean-Jacques Rousseau.

Aucun pays n'a été l'objet d'une enquête linguistique aussi rigoureuse que la Suisse. La Bibliographie linguistique donnée par Gauchat et Jeanjaquet en 1912 comprend et analyse tout ce qui a été publié sur les langues de la Suisse romande. Cette introduction monumentale, digne en tous points du magnifique Glossaire qui a commencé à paraître, modèle d'érudition sobre et profonde, est divisée en deux chapitres essentiels. I. Extension du français et question des langues. II. Littérature patoise. Des cartes y sont jointes. Je signalerai en particulier celle qui figure en tête du volume.

1. J'entends ici sous le nom de Suisse tous les pays qui font aujourd'tiui partie de la Confédération, bien que certains d'entre eux. n'y soient entrés que récemment. Assurément il n'est pas sans importance pour l'histoire linguistique que Genève ait vécu à part, ou que Neuohàtel ait fait partie des Etats prussiens. Mais la nature et IJétendue de cette histoire m'oblige à ne pas trop la morceler.

Rappelons donc en gros qu'au xvni" siècle les treize cantons seuls formaient le Corps helvétique et qu'ils étaient presque exclusivement de langue allemande. Toutefois ledit Corps comprenait également l'abbé et la ville de Saint-Gall, la Républquc de Bienne, et, dans les traités passés avec la France, le Valais et Mulhouse étaient considérés comme des membres du Corps helvétique.

2. Je dois de très utiles corrections et additions au savant Archiviste fédéral M. Kern, auquel je regrette de n'avoir soumis ce chapitre que lorsqu'il était déjà imprimé, ce qui m'a empêché de mettre à profit tous les renseignements que sa complaisance m'avait fournis .

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