Devix, 1572, 2 r
■t. Conform.^ p. 253 et s.
KMPRUMS AUX AlJTRKS LANGLKS 207
j(nol*. Le livre le plus répandu de toute la littérature de nos voisins avait été le roman (ÏAmadis, et des Essars, qui a commencé à le traduire, est un écrivain relativement très pur, qui archaïse plus volontiers qu'il n'emprunte : il cherche à adapter son langage à l'original, au lieu de transcrire celui-ci. Ce n'est pas à dire que tous les écrivains aient observé pareille réserve. Brantôme avait voyagé en Espagne, il avait accompagné les troupes de Philippe II, et il étalait volontiers, k côté des termes italiens, « le gentil parler espagnol », qu'il possédait aussi bien que son « franciman ». D'autres, sans y mettre cette jactance, se sont laissés aller ; la guerre a mis en contact les deux peuples, et le résultat a été qu'un certain nombre d'hispanismes se sont glissés dans le français, quelques-uns même y sont demeurés -.
Je classerai ici, comme plus loin pour le latin, les emprunts en diverses catégories ^ :
1. Ronsard, dan» la Préf. de la Francîade, veut qu'on apprenne l'espajfnol comme . l'iUIien; Du Bellay ne les sépare pas non plus.
2. Je ferai, avant de donner aucune liste, des réserves analogues à celles que j'ai faites en parlant des mots dialectaux. Il est d'abord souvent très difficile de savoir si un mot est français, ou provençal, ou espagnol, ou italien. C'est le cas de certains mots en ade, une fois ce suffixe entré dans le français; de certains verbes même, comme parangonner, qui peut être aussi bien dérivé de parangon, déjà entré dans la langue, que de l'it. parangonare. L'esp. paragon semble la forme primitive: parangon entre en français au xv" siècle Y. Chansons, éd. G. Paris, p. 104); parangonner est seulement du xvi» siècle (Rons., l, 5 et 380, M.-L.). Le fr. hésite entre paragon (esp. paragon et parangon it. parangone, à c6té de paragone). On a le choix souvent entre plusieurs origines : rien dans ia forme de escamper (v. fr. eschamper) n'indique s'il est pris du provençal escampar ou de l'espagnol escampar. Et souvent il est d'autant plus téméraire d'écarter les influences des dialectes de langue doc que, dans bien des cas, les intermédiaires qui nous ont apporté les mots nouveaux parlaient un dialecte de cette langue. En italianisant, ils gasconisaient encore.
Dans d'autres cas plus simples on n'est pas moins embarrassé. Brantôme italianise et espagnolise. D'où lui vient son escalier, VI, 142 {= escalader, v. fr. escheler) ? de l'espagnol escalar ou de l'italien sralare ? Bancade est passé chez Belleau (II, 22. M.-L.}. Faut-il le rapporter à l'italien hancala. où à l'espagnol bancada ? La première hypothèse est la plus vraisemblable: mais il est dangereux en pareille matière de prononcer d'après des considérations générales.
Enfin on se trouve même quelquefois très empêché de décider si un mot est pris aux langues néo-latines ou au latin lui-même. Case était italien dans la bouche des courtisans, au dire d'Henri Estienne (Dial., L 45^ ainsi que cauer, fastide, stomar.her (se), i/>., I, 3, 41, 49). Mais Rabelais il, 241, M.-L.i a pu emprunter aime eX campane d'.iimux et de campana, aussi bien que de l'italien almo ci campana ; predicnnt est dans Ronsard, V, 338, M.-L. et dans une foule d'autres textes. Faut-il y reconnaître l'italien predicanlCy ou le latin d'église prsedicans, si usuel au xvi« siècle? On pourrait citer pas mal de mots qui prêtent à semblables divergences de vues : se iacter, lentilude, hortolan.
3. Tout en reconnaissant que des italianismes sont entrés tout crus dans le français : opera^ piano, etc., j'écarte tout ce qui est de l'italien ou de l'espagnol pur, non francisé: Aïme fH. Est., Dial., I, 54); andar vie (N. du Fait, 1,175); il me haste Vanime (H. Est.. Dial., \. 44, 112, 139) ; madesi (Id., ibid,, l, 45) ; in fruiiola (Id., ihid., I. 23;; in gambe (N. du Fait, 11,50); martel in teste (H. Est., Dia/.. I, 3, 44, 61, 112, 113,; mezze partie (Brant., V, 214); prime dci monde (Noël du Fait. I, 74); en despetto de ce vieil père (Grev., Les Esb.^ a. II, A. th. fr., IV, 259\ .son père hayssoit tons ces indalgos Bourrac/iou« (Rab., l, 33).
1" EXPRESSIONS FAITES DE MOTS FRANÇAIS, MAIS RAPPROCHÉS SUI- VANT UN MODÈLE ITALIEN OU ESPAGNOL. — Brantôme dit de la sorte voir dire pour ouïr dire, et nous savons par H. Estienne que plusieurs Italiens disaient veder la messa (Z)ia/.,II, 160). Comparei estre en ceruelle, Brant., IV, 221 (= ital. stare in ceruello), H. Estienne a poursuivi de ses moqueries un très grand nombre de ces phrases, imagées ou non : Cela sera pour me faire entrer au paradis de mes désirs, il parle diuinement bien, il a le diable au dos^ etc. *. Se mettre en mire est de la même façon construit sur Tespagnol estar a la mira (Brant., VII, 65) -,
2- MOTS INFLUENCÉS DANS LEUR FORME. — a. Par Titalien : balzan (refait sur balzano), v. fr. baucent, 01.de Serres, IV, 10, H. D. T.; canaille [canaglia], v. fr. chiennaille, Rob. Est., 1S39 ; VAmad., î^ XX V**; le prend peut-être à Tesp. canalla, c'attif [cattiuo), fr. pop. chetif, H. E., DiaL, I, 39 ; Brant., I, 69 ; caualerie [caualleria), v. fr. cheualerie, H. Est., DiaL, I, 26, 110, 292; La Boëtie, 172, L. ; courtesie (cortesia), fr. courtoisie, H. Est., I, 43^ ; escars (scarso), fr. eschars, Brant., VIII, 23; fauoregger [fauoreggiare), fr. fauoriser, H. Est., DiaL, I, 4; ghirlande [ghirlanda), v. fr. garlande, Rons., I, 54, M.-L. ; inamouré [innamorato], fr. énamouré, H. Est., DiaL, I, 4S; misser{messere), fr. messire, Des Per., /, Deuis, XXIV, II, 110 ; past [pasto), fr. past prononcé pàt'\ Est., DiaL, I, 3; Brant., VI, 338; ragioner (ragionare), fr. raisonner, H. Est., DiaL, I, 3, 47; tramontane [tramontana), v. fr. tremontane. Du Bel., I, 235, M.-L.
b. Par l'espagnol : conquister (refait sur conquistar), fr. conquester, Brant., I, 202; galardon (galardon), fr. guerdon, guerredon, Brant., Dam. gai., 1®*" Disc, G. ; guiterre [guitarra) « qu'on souloit nommer guiterne »>, N. du Fail, I, 128.
3" MOTS INFLUENCÉS DANS LEUR SENS. — a. Par Titalien : créature (d'après creatura) = homme soutenu, <( auancé en bien » par un autre, H. Est., DiaL, II, 103 ; créé {creato) = discipliné, élevé, Brant., III, 145; se demander [domandarsi) = se nommer, Des Per., /. Deuis, XXII, II, 99; degouster (digustare) = goûter, Brant., IX, 492; fermer {fermare) = sarrester, H. Est., DiaL,
1. A relever celle-ci : « le me pris a fantasier en mon lict et mouuoir la roue de ma mémoire » (H. Est., DiaL, II, 116i. Elle est textuellement au début du Champs fleury de Tory. Voir les Dialogues^ II, passim.
2. Dans le même ordre d'idées, il faut ajouter que l'influence italienne ou espagnole rend l'emploi de certains mots plus fréquents; témoin : seigneurie, baiser la m&iriy qui se retrouvent à chaque instant dans les compliments des courtisans.
3. A vrai dire, il ne s'aj^it ici que d'une prononciation « courtoise » de oi. V. à la Phonétique.
4. Rabelais emploie pas< (I, 81). Est-ce la forme italienne ou la française ?
EMPRUNTS AUX AUTRES LAMiUES 209
I, i5. cf. God. ; forestier [forestière) ^ étranger, Id., lA., I, 67, 96;cf. God, ; liurer (liurare) = délivrer, Brant., II, 176; manche (manda) = pourboire, Rabel., III, 38, J. ; passager (passagiere) = passeur, Du Bel., III, i8 L.; Brant., VI, 118.
b. Par l'espagnol : brauesse (d après braueza, furie, témérité*, Brant., II, 380; muscle (muslo) ~ cuisse, Id., I, 236; romance i romance) = chanson populaire, Id., VII, 162 -*.
x^MOTS EMPRUNTÉS DIRECTEMENT^ — a) Italiens '• : accortr=accorto (avisé), Baïf, IV, 96, M.-L. ; cf. Pasq., flecA., VIII, 3; H. Est., Dial,^ I, 36, 110; accortesse = accortezza, Jod., 78, M.-L.; adoulorer (s') r^ addolorare, Brant., IX, 573; altesse = altezza^ Rons., VII, 322, H. D. T. ; arcade - arcata, Dorât, 23, M.-L. ; [h)arquebuzade = archibusata, Belleau, II, 428, M.-L. ; artisan ^= artigiano, Rab., III, I, H. D. T. ; assacin =^ assassino, H. Est., ApoL, I, 353; bagatelle =^ bagatella, Cotgr., Dict. ; baguette = bacchetta, Mont., III, 284, L. ; balcon = balcone, Ph. Delorme, Arch., VIII, 20, H. D. T.; AaWac/im (baldaquin) =s: baldacchino, Rab., IV, 31, H. D. T.; bancque z= banca, Rab., VI, 23, J. ; bancqueroupte = banca rotta, Cord. , Corr. serm, em., 193 A.; barizel = barigello (offic. de police), Brant., III, 43; barque— barca, J. Le Maire, H. D. T. : Aa.s/ér = Aas^are (suffire), Rab., III, 17, H. D. T. ; Noël du Fail, I, 105 (cf. Est., DiaL, I, 3, 23, 49, 52) ; batifoler, de battifolle, Baïf, Mimes, H. D. T. ; bécarre ^bequadro, Rab., III, 38, H. D. T. ; beluedere = beluedere^ J. Le Maire, H. D. T.; bidet = bidetto (pistolet de poche). Paré, IX, préf., M. D. T. : Manque == bianca, Montaiglon, Ane, poés. fr., III, 274, H. D. T. ; Brant., IX, 222 ; bosquet = boschetto, R. Est., 1549, H. D. T. ; boucon =^ boccone (morceau), Marot, V, 70 ; Brant., III, 245 ; bouffon^buffone, Marot, IV, 165, L. ; H. Est., DiaL, I, 71, 81 ; Jod., IL 210, M.-L. ; bourrache
1. Lespa^ol et l'italien concourent à donner au mot hraue deux sens difTérents: joli, vaillant.
2. Le latin agit de son côté sur certains mots romans ; ainsi cameriste, venu de l'espagnol camarista, qui signifie ordinairement camarade^ subit l'influence de caméra =: chambre.
3. Voir un catalogue des mots italiens empruntés, dressé d'après les Dictionnaires modernes, Littré, Darmcsteter-ÏIatzfeld-Thomas, etc., sous le titre de Die ilalienischen Lehnworle in der neufranzoesischenSchriftsprache (seil dem 16^*" Jahrhunderl), Diss. de Kiel, 1901, par G. Kohlmann. Elle ajoute peu de chose à la liste de mots donnée dans le Traité qui suit H. D. T., p. 22 et suiv.
4. Le XIV* siècle avait déjà quelques mots italiens : bandiere, brigade, etc. Le xv* en a sensiblement plus: qualibre, 1478, DelbouUe, H. D. T.; cf. Est., Dial, I, 56; concet=: concetto, Ei\ des Quen., H. D. T.; citadin z= cittadino, Perceforest, IV, 3, L.; estrade, Monstrel. Chron., 270, H. D. T. : cf. Est., DiaL, I, h3, 64; poste — posta iguise), 1417, Ordon., X, 427, G.; cf. Est., D/aZ., 1,66; vsance = usanza, Comm., Il, 7,L.:cf. Est., DiaL, I, 2i, 44; Noël du Fail, I, 135.
Hi»loire de la langue françai»e, II. 14
[bourrasque] ^= burrasca, Rem. Bel., II, 252, H. D. T. : hrauade ^= brauata, Noël du Fail, I, 81 ; braue^ brauo (joli), Des Per.. Poés.y 58 ; brauigant = braueggiante^ Brant., VII, 213; brusq = brusco^ Rab., V, 116, J. ; bu/fe = buffa (haut de la visière), Brant., III, 137; bulletin = bullettino, Marg. de Val., Heptam,^ 12, H. D. T; burler (se) = burlarsi, H. Est., Dial.y I, 4, 206 ; burlesque = burlesco, Ménippée^ I, 256, H. D. T. ; buse =busco, Montaigl., Ane, poés^fr., XIII, 50, H. D. T., Noël du Fail, I, 62; eabinet = cabinet to^ texte de 1528 dans Gay, Gloss. areh,, H. D. T.; eabriole = eapriola^ Mont., I, 25, H. D. T.; eabron = eabrone (ou espagnol eabron? peau de bouc), Brant., VI, 156 ; eadence = eadentia^ Guill. Michel, 1549, H. D. T. ; Dorât, 54, M.-L. ; eadene= eatena (ou espagnol cadena?)^ Jodel., II, 48, M.-L. ; eadre = quadro^ Rab.. Seiomach,, H. D. T. ; eaisson = cassone, M. du Bellay, Mem,, 9, ibid, ; ealçons = ealzoni^ Est., DiaL, I, 184; ealepin = calepino, Mont., 1. III, ch. 13, t. VII, p. 10; eamisade = camieiata, Rab., IV, 32, H. D. T. ; eamisole = eamieiola^ texte de 1547 dans Gay, Gloss. arch,, ibid,; eamp = eampo, Marot, Epitr,, ibid.\ eaporal = eaporale, Rab., IV, 64, ibid. ; capriee •■= eappriccio^ H. Est., Dia/., I, 50, 139, Brant., IX, 186 ; careasse= carcassa, Rons., Of/es, II, 17, H. D. T.; caresse = earezza^ Rob. Est., 1549, ibid.; earnaual = earneuale, Mel. de Saint-Gelais, II, 221, H. D. T.; earolle — caro/a, Rab., 202, J. ; earriere = earriera^ Amyol, Philop,, 21, H. D. T. ; earrosse = earrozza, texte de 1574, Gay, Gloss,, ibid. ; eartel=^eartello, Carloix, VIII, 20, ibid. ; eartiger = carteggiare (manier des cartes, des livres), Brant., V, 155 ; eartouclie = eartoeeio, Id., VI, 15, ibid.; casemate = easamatta, Rab., III, Prol., ibid.; charlatan = ciarlatano^ Jodelle, II, 196, M.-L. H. Est., Dial., I, 71, 78, 81 ; circonder =circondare, Montluc, II 450; concert = concerto, Pasq., Hech., VIII, 3, H. D. T. ; coneel = concetto (s'il est licite dVser de ce mot), H. Est., Dial., I, 56 contraste = contrasto, Mont., II, 3, ibid.: courtisane = corti giana, H. Est., Dial., I, 91 , 230; Du Bel., II, 374, M.-L. ; cuyrassine = corazzina, Brant., VI, 327; deholezze = debolezza, Id., IX, 22 descalse = discalzo (déchaussé), Id., X, 91 ; disgrâce = dis gratia, 1564, Thierry, Dict., H. D. T.; cf. Est., Dial., I, 151 disgracier = disgratiare, Guéroult, Chron. d. emp., H. D. T; cf. Est. Dial., I, 150 ; donc = donna, Marot, I, 183; Noël du Fail, I 50; douche ^=doccia, Mont., Voyage, G. Suppl*, H. D. T.; dueltant = duellante, Brant., VI, 303 ; embarrasser = imbarazzarCj Mont., I, 9, ibid.; embuscade — imboscata, Rob. Est., 1549,
ibid.\ s'enamouracher = innamoracciarsi, Brant., IX, 577; s'en-
capricer = incappricciarsi, Id., III, 12; esbarbat=^ sbarbato
(imberbe), Id., I, 241 ; escadron = squadrone^ J. Marot, Voy, de
Gênes, H. D. T.; escalade =scalata, Haton, Mém, 1569, ibid. (en
V. fr. eschiele, J. Chart., I, 80); escapade == scappata^ Mont., III,
9, H. D. T. ; escarcelle = scarsella, H. Est., ApoL, II, 230, ibid. ;
cHcarpe = scarpa, Le Plessis, Eth, d'Arist,, ibid. ; escorne'= scornOj
Brant., I, 283; cf. H. Est., Dial., I, 48, 136; II, 169; escorte
^=scorta, M. Scève, God. Compl', H. D. T. : cf. Est., DiaL^ I, 60;
espalier = spalliere, 0. de Serres, VI, 20, H. D. T. ; estacade =
steccata. Mont., III, i, ibid. ; estafier = staffiere, Baïf, V, 114, M.-
L. (ce mot est blâmé par Mathieu en 1572, Deuis, 29 r<* ; cf. Est.,
Dial., I, 23) ; estaphilade =zstaffilata, Jod., I, 72, M.-L. ; H. Est.,
Dial.^ II, 262; estocade = stoccata^ Noël du Fail, I, 116; estrette
= stretta, Brant., II, 259; Mont., 1. I, ch. 42; extrapontin =
strapontino, Brant., V, 23i; façade = facciata, Ph. Delorme, G.
Compl*., H. D. T.; faïence =z faënza. Journal de TEstoile, G.
Compl*, ibid.; fantassin = fantaccino, H. Est., Nouv. lang.y I,
344, ibid.; fantesque = fantesca (servante), Brant., IX, 261;
faquin = facchino^ Rab., III, 180, J. ; festin = festino, Rob.
Kst., 1549, H. D. T. ; filtre = fdtro, Paré, XXVI, 10, ibid. ; forçat
= forzato, 1548, Ordon. L. ; forfanterie = furfanteria, Paré,
XIX, 32, H. D. T.; cf. Livet, Dict. de Molière; fougue = foga^
Mont., I, 48, H. D. T. ; frégate = fregata, Rab., V, 53, J. ; fruste
= frusto, Rons., VI, 411, M.-L. ; gabion = gabbione, Montaigl.,
Ane. poés. fr.y IV, 62, H. D. T.; gallere = galera, Seyssel, H. D.
T. ; garbe = garbo, Rons., III, 227, M.-L. ; cf. Est., Dial., 1, 3, 34,
19; Brant., VI, 212; gazette = gazzetta, d'Aub., Epigr., ibid.;
go/fe = go/fo (balourd), H. Est., D/a/., I, 36 ; gondole = gondola,
Rab., Sciomach., H. D. T.; grabuge, garbuge= garbuglio,Cho\.,
Ap. din.,li, ibid. ; hostiere = osteria, Rab., I, 8, J. ; Brant., IX, 82 ;
imperier = imperiare (emperler), Brant., 11,39 ; improuiste (à V) =
alV improuuista, Rab., V, 20, H. D. T. ; cf. Est., II, 259 ; infanterie
= infanteria, Rons., VI, 340, M.-L., Noël du Fail, II, 100; cf.
Est., DiaL, I, 292; J. d'Auton le francisait en enfenterye, IV, 99;
inganné= ingannato, Brant., II, 228; intrade = intrata, Id., V,
161; iouanotte ^= giouanetla, Id., IX, 262; leggiadre = leggiadro,
Bugn., Er., 55 ; cf. Est., I, 49; leste = lesio, H. Est., DiaC I, 49,
99; madrigalc, S^-Gel., I, 238; mat = matto (fou), Rab., III,
126, J.; matacin = mattacino, Bouchet, Seroes, I. L. ; menestre
^= menestra, Belon, Singular., I, 52, G.; cf. Est., Dial.,
I, ^61, 101 ; niercadant = mercatante^ Du Bel., II, 254, M.-L. ; cf. Est., DiaL, I, 46; mercadence = mercatantia, Mont., 1. III, ch. 6, t. VI, p. 63 ; modèle = modello, Rons., 287, L. ; mouchulz = mosclieiti^ J. B, P., 359; mousqueitc = moschello (mousquet), Rons., V, 32, 270, M.-L.; nunce = nuntio, Brant., IV, 294; palemaille = palamaglio (jeu), Rab., IV, 30, éd. 1553; parapet = parapetto. Xouv, coutum. gén,^ I, H14, L. ; H. Est., Prec.^ 351; pardonnancp = perdonanza? Du Bel., II, 223, M.-L.; parte = parte, Brant., I, 347; passager = passeg g iare, Du Bel., II, 391, .M.-L, ; pauzade =posata^ Rons., V, 74, ibid, ; pédante = pédante, Du^el., II, 199, ibid, ; cf. Seal., Ae/., p. 82, et H. Est., Dial,, I, 47, 88, 101 ; pédanterie =pedantèria, Id., ibid,, 1, 10 ; Jod., II, 319, M.-L.; pedantesque = pedantesco, Jod., II, 139, ibid. ; pennache = pennacchio, Rab., VI, 32, 35, J.; pianelle = pianella (mule, pantoufle), Baïf, IV, 193, M.-L. ; piller = pigliare (prendre), Rons., I, 101, ibid, ; pilot = piloto, B. Aneau, Lyon march., A. VIII, v"; poltron =poltrone. Du Bel., VI, 18 v^; cf. H. Est., D/a/., I, 93, 101 ; procache = procaccio (messager), Brant., VII, 187; recamé = riccamato (brodé), Rab., VI, 32, J. ; réussir = riuscire, H, Est., Dial,, I, 144; risque = rischio, Id., ibid., I, 145; salsifis = sassefrica, 0. de Serres, 531, L. ; sbire = sbirro, Rab., III, 102, J.; Du Bel., II, 389 et 562, M.-L. ; soldat =soldato, S'-Gel., I, 216: Du Bel., II, 40, M.-L. ^ ; sonnet = sonnetto, Id., ibid., I, 1 io ; spadassin = spadaccino, Rab., I, 115, J, (nom propre) ; II. Est., Dial., I, 46; stanse = stanza, H. Est., Dial,, I, 3, 15; strambot = strambotto, La Tayssonnière ^ ; tortycolly = torcicolli, Rab., IL 157, J.; tradiment = tradimento. Du Bel., 11,93, M.-L; traditeur = traditore. Du Bel., I, 14 et 478, note 11, ibid. ; valise = valigia (esp. balija), d'Aub., Foeneste, III, 23, L. ; cf. Mathieu, Deuis, 1572, 29 r"; vicinance = vicinanza, Brant., IV, 69 : voltc = volta. H. Est., Dial., I, 38 (déjà dans Brun. Lat.) \
1. Il est à noter qu'on trouve une forme souldat qui pourrait être soudarl, dont r serait tombée (Amad., 1. I, r» XX v«>, cf. plus loin, au chapitre de la Phonétique).
2. La Tayssonière écrit de ces sortes de poèmes, en « laissant au lecteur de le» nommer autrement s'il lui plaist ».
3. Henri Kstienne en cite beaucoup d'autres : accouche (= acconcio). Z>«a/.. I, 45; amoreuolesse {= amoreuolezza), ibid.. Il, \ ; balorderie {=balordia); ibid., l, 3, 332; II, 245; bugie (= bugia), ibid., II, 277; callizelles (= caleselle), ibid., i6; capité [= capitato), ibid., I, 4, 113; coairadc (= contrada), ibid., I, 45; disco | [=zdi8Coslo), ibid., I, 45; Cf. Brant., IV, 134; dismentigaer [= dismenlicare}^ ibid., i, 100, 118; disturbe ;= dislurbo), ibid., I, 47; domeslichesse (= domestichezxa,, ibid., I, 4; ferilé (= ferilà), ibid., I, 35; fogge (= foggia), ibid., l, 54, 108; 11, 145; forfani (= furfanle], ibid., I, 101 ; gofferie {^ gofferia), ibid., I, 3 ; II, 2i5 ; simbater (= imbatlersi), ibid., I, 34, 47, 112; imbratter (= imbratlare). ibid., I, 51 ; imp^rer
h) Espagnols : algarade = algarada^ Bon. des Per. , Nouv,^ 127 ; Grev., I^s EsL^a, III, A, th. fr,. IV, 270 ; bandolier= banflolero, Bon. des Pér. Nouv., 84, H. D. T.; bandoulière = bandolera, 1586, Delb. dans H. D. T.; bastonnade = bastonada, 1S12, Thénaud, H. D. T.; berne = bernia, Rab,, I, 188, J.; bisongne =^ bisofio recrue), Brant., II, 385; Sa/. Men., Har. de d'Aubray ; bizarre = bizarrOy H. Est., DiaL, 1, 145; Brant., I, 179 (on trouve aussi bigearre, S*-Gel., I, 139; Des Per., Contes, \X\Y);brac = braco (camus), Brant., V, 136: camarade = camarada, Cari., VI, 16, H. D. T. : cabirotade = capirotada, Rab., IV, 59, ibid, ; casque = casco, Gay, Gloss., 1591, ibid.; cassolette = cazoleta^ 1529, Id., ibid. ; caualcadour = caualgador, Hons., IV, 293, M.-L, ; centille = centella (flammèche), Brant., VIII, 175: depositer = depositar, Brant., VII, 233 ; desaffit= desa/io, Id., VII, 47; diane= diana, Rons., EL, 28, H. D. T. ; enfrasquer = enfrascar. Mont., 1. III, ch. 13, t. VII, p. 5; escamoter = escaniotar, Boaystuau, Th. du Monde, ibid. ; escou tille = escotilla, Rab., IV, 63, H. D. T. ; fanfaron = fanfarron, Reg*., Sat. 8: habler = hablar. De Changy, H. D. T. ; Brant., IX, 717: indalgo = hidalgo, Rab., I, 8, H. D. T.: manople = manopla, Myst. de S. Did., 104, G.; Vigen., Com. de César, ibid.: mascarade = mascarada, Jod. II, 299, M.-L.; mascharé = mascarado, Pont, de Ty., 203, ibid.\ mochache = niuchacho, Brant., I, 32; monine =^ monina (guenon), Brant., VI, 197; morrion = morrion, Ord'''' du iS déc. 1553, L. ; Baïf, IV, 155, M.-L.: mousse = mozo, Rab., IV, 46, H. D. T.; nombrer = nombrar (nommer), Brant., IV, 6; picorree = pecorea, Scaliger, Let., 118; Cayet, Chron. sept., 69, 1; retirade = retirada (retraite), Brant., III, 62; soldade [h la) = a la soldada, Brant., I, 208: terze = tercio (régiment), Id., I, 21; torion -= torreon (grosse tour), Id., III, 261 : vasquine = basquina (jupe), Rab., 1, 56, H. D. T.: Rons., III, 357, M.-L.: veillaquerie = vellaqueria
[= imparare . ibid.^ I. 35; {il m) tac re«ce (= i/icrescere ,, ibid.. I, 46; indugier (= induffiare;, ibid.. I, 4; s'inganner (= ingannarsi), ibid., I, 4, 35; H, 25s; leggiadresse (= /eggiadria). ibid., II, 245; mariol {= mariuolo), ibid., \. 101; mescoler = mescolare . ibid.. I, 3* ; noyc >-— noia), ibid., I, il2 ; poignelade (= pugnalafa), ibid.. I, 35; pu^nade est gascon ; ragionner \^=ragionarej, ibid., \,^. 47 ; rinfresquer {= rinfrescarei. ibid., I, 4; ringratier = {ringratiare), ibid., I, 4i; riposle[= riposta), ibid., 1, 44; salualichesse i^salnalichezza), ibid., I, i; sbigottit{= sbigottHo), ibid., I. 3, i. 100. 118; sgarbatement = sgarbatamenle), ibid.. I. 3 ; signalé (= segnalato), ibid., I, 101. Cf. Lanoue, dans Littré; spaceger (= spaxseggiare). ibid., I, 3, 44; spur- ^ifuesse i= sporchezza). ibid., l. 51 : sienter f= sleniare). ibid., I, 147; II, 1, 277, 279; ttrane{=s ano). ibid.. l, 3: 11,2; straque = stracco), ibid., I, 44, 45. 112; voglie (= voglia), ibid., I, 4.
(coquinerie), Brant., VII, 16 ; verdugade = verdugado, Rons., I, 30; Baïf, I, 169; Bell., II, 366, M.-L. K
5» MOTS FORMÉS A LA1D& DE SUFFIXES ÉTRASGEHS. — Il est difficile de savoir dans quelle mesure Titalien, Tespagnol et le provençal ont contribué à répandre en ifrançais le suffixe ade, qui leur appartient sous les formes a/a et ada, et qui correspond au suffixe français ée. Il avait fait son entrée dans la langue d'oui dès le xiv^ siècle, dans des mots comme ambassade; depuis lors on n'avait cessé d'en emprunter de ce type ; au xv!*" siècle encore : egarade (a Z), Jod., Eug,^ a. III, -1. ih, fr,, IV,. 66; feuillade, Mar., II, 90; harpade (gascon harpada), Mont., 1. II, ch. 37, onglade (ital. : unghiata), Bel., I, 70. M.-L., viennent, en compagnie de beaucoup d'autres, des trois sources indiquées. Rendu ainsi familier aux oreilles françaises, ce suffixe devient français dans le cours du xvi® siècle et s'ajoute à des radicaux français, d'où flechade (Brant., IV, 153); œillade (Tyard, 179, M.-L.); secouadc (Noël du Fail, II, 22), et une foule d'autres-. Roger de Collerye s'est amusé à accumuler ces motsenaJe (p. 75) :
Sans faire aucuns tours ni virades.
Mais le mien, sans le reclamer, Hucher, appeler ou clamer.
Se rend prompt et près aux estrades, Œillades, guignades, roustades.
Aubades, fringades, bringades, Passades, poussades, gambades.
Se font pour acquérir ma grâce.
Marot avait déjà donné l'exemple dans une de ses Kpilaphes (11,218).
Esquc commence à ce moment la même histoire : il s'introduit d'Italie en France à la suite de mots comme arahosr/uc^ Bart. An., 1555, Thresor d'Euonime Philiaslre, H. D. T.; harbaresque. Mont., 1. I, ch. 15, t. 1, p. 94; batoleresf/ue, Id., 1. II, ch. 12, t. IV, p. 113; grotesque, texte dans Gay, (Uoss, arch,, H. D. T. ; romnnesque, Du Bel., Œvv. chois,, p. 231; lurquesque, Noël du Fail,
1. L'espagnol^ #8X811 fourni antérieurement un certain nombre de mots . cnb9n — gnban, 1 li8, Gay, Gloss. .irc/i., H. 1). T. ; caparaçon = caparaçon. 1498. God. Supp'. : mantelUne = manteltina. (Zommynes. Mém., I, 8, G.; meschite =. mesqaita (mosquée, J. Lclong,'J. LeFevre. La Vieille, G.; salade = celada {ca9i\vw , Commynos, II, 12, L. : soubresaut = sobrcsalio, Bouciq., I, (>. L.
2. Il est à noter que Ronsard croit encore utile de supprimer de ses premiers vers tirade, qu'il avait pris à l'italien iirula {Am., I, 53, M.-L.). Il ne considèiM; donc par*, semble-t-il, ade comme apte à faire un substantif du mot français tirer.
II, 34. Mais ce n'est que plus tard que le suffixe se détachera de ces mots pour en former de tout français.
6- LINFLVENCE SUR LA GRAMMAIRE. — Elle a été, quoi qu'on en ait dit, extrêmement faible. En ce qui concerne la prononciation, Thurot doute avec grande raison que de petits groupe^ de courtisans aient eu un rôle sérieux d^ns la transformation, du son oe [oi) en e, 11 est incontestable, Estienne le montre assez, qu'ils le faisaient entendre de la sorte.» mais quelle action ont-ils pu exercer sur le développement phonétique général ? Ils ont dit aussi piasir et piume, 17 du groupe pi ne s'est pas pour cela réduite à Vi italien.
Je ne crois pas non plus à certaines transformations do la syntaxe. Que le développement du réfléchi pour le passif ait été accéléré par Tinfluence de langues comme l'espagnol et l'italien, qui en font si grand usage, cela se peut : mais il avait commencé longtemps auparavant, sans aucune influence étrangère K
Pour les formes, c'est surtout dans l'introduction des superlatifs italiens en issimr que je reconnaîtrais l'influence de la grammaire italienne - .
II. - LE FONDS SAVANT : LE GREC ET LE LATIN DANS LA LANGUE SCIENTIFIQUE
Quoique les écrivains scientifiques se soient fort exagéré Findigence du français en termes techniques, il est certain qu'ils se sont trouvés en présence de difficultés réelles d'expression. Or le moyen le plus simple de satisfaire à leurs besoins, c'était de prendre les mots tout faits, Ih où ils étaient, c'est-ii-dire dans les langues anciennes ; Du Bellay '^ leur donnait formellement le conseil de ne
1. Eslicnne signale d'autres tours italiens : le singulier pour le pluriel : Inaer la muin. 11, 156, etc.
2. Je n'ai rien à ajouter aux listes données par le Dictionnaire général pour les mots empruntés aux autres langues : anglais, allemand, etc. (Voir Traité de la form., \G et
*suiv.). On y verra que seul l'allemand a fourni Vraiment quelque chose, une trentaine de mots. 11 eh est du reste, parmi eux, qui ont fait fortune : hiere, cauchemar^ espiègle, halte, huguenot, hutte, reitre, rosse, trinquer, Iroler.
3. « Et ne les doit retarder (les fidèles traducteurs:, s'ilz rencontrent quelquefois des motz, qui ne peuuent estre receus en la famille Françoyse : veu.que les Latins ne se sont point eforcez de traduyrc tous les vocables Grecz, comme rhétorique^ musique, arithmétique, géométrie, phylosophie, et quasi tous les noms des sciences, les noms des figures, des herbes, des maladies, la sphère, et ses parties, et generallement la plus grand'part des termes vsitez aux sciences naturelles, et malhcmatiques. Ces mots la doncques^ seront en nostre Langue comme étrangers en vue Cité : aux quelz toutesfois les Periphrazes scruiront de truchementz »» De/*., p. 80, Pers.). Voyez Peletier du Mans, Arithmétique, Lyon, J. de Tournes, 1570, p. I i2, Proëmc du 3* livre.
pas se contraindre et d'user d'une pleine liberté, comme avaient fait les Latins.
Il y avait cependant une autre méthode, et la langue actuelle des mathématiques, où se rencontrent des mots h la fois aussi précis et aussi français que niasse et pesanteur, montre qu'elle pouvait être féconde : c'était celle qui consistait à recueillir les termes de la langue usuelle, à leur donner par définition, quand il en était besoin, un sens déterminé, puis, quand il fallait créer, à s'adresser aux radicaux français et aux procédés français de formation. Pour donner un seul exemple : estancc, qui serait aujourd'hui élance, et qui a été essayé au xvi** siècle, valait mieux que entité.
Cette méthode a trouvé son théoricien, malheureusement dans la personne d un homme tout à fait inférieur, d'esprit changeant, d'intelligence médiocre, de style diffus : Abel Mathieu, de Chartres. Mathieu est Henri Estienne du latinisme. Je passe sur ses colères, je dois dire un mot de son système *.
« Aucuns, dit-il en substance (f** 9), ont opinion... que le dommaine de la langue Françoise prend accroissement, authorité et grandeur, quiid on y ioinct plusieurs paroUes de langues estrangieres... de sorte, qu'ils s'efforcent de iour en iour de produire, et monstrer a la multitude sans lettres, les mots purement Grecs, et purement Latins. Ils iugent que pour tel moyen et effort leur composition est prisée, qu'elle est la bienvenue suffisante pour leur acquérir loz de scauoir et loyer d'immortalité... Mais en premier lieu : l'augmentation de patrimoine ne doibt pas estre faite par rapine, autrement il faudroit remettre et restituer. Et de telle augmentation, auant qu'elle fust iuste et valable, il conuiendroit aduertir le peuple, et prendre la forme du temps et d'vsage... D'auantage l'augmentation ou adionction d'vne chose a Taulre doit estre de mesme parure, de mesme forme et nature. Car le bigarrement et la contrariété des choses engendrent laydure... L'escriture semble layde et desnouoe : quant elle consiste de purs mots François en partie, et de mots purs Grecs, Latins, ou d'autres estrangers en partie... Secondement la richesse ne peut venir vn iour: Au moins l'homme qui est iuste, n'est pas incontinent deuenu riche,
1. Voir Denis de Ui langue française, fort exquis, et singulier, faict cl composé par A. M. sieur des Moystardieres : Paris, V*'" Richard Breton, 1572. A. P. Dans mes citations, les numéros sans autre renvoi se réfèrent à cet ouvrage.
2. On noiera ce mot écriture, que plusieurs, de nos jours, emploient dans ce sens, croyant y trouver un néologisme élcKant. Il est très fréquent dans Mathieu. M. Marty-Laveaux le sig-nale dans Honsai*d (VI, 312 de son édition^
disoii Menander. Vn mot pareillement eselos dVn jour, ne prend pas force du temps, ne d'vsage, pour voler bien loing. Semblablement on ne peult amasser des mots... Que si les seigneurs des mots venoient a demander iceulx, outre la honte qu'on auroit a les rendre, la langue Françoise demouroit panure, chetifue et toute nuë... Parmy ceste trouppe, il y en a des fins et rusés : lesquels défigurent les mots, ou les mutilent, et decouppent, ou les retournent, pour les faire entrer en leurs liaysons et clostures. Iceulx ressemblent aux mal prenans du bien d'autruy : lesquels ont accoustumé d'oster ou de changer la marque de la chose mal prise. Mais pour cela le melîaict n'est pas moindre...
« L'escriture Françoise doibt estre populaire, et facile a lire... Que si la multitude trouue les liaisons, et les clostures de l'escriture obscures, et les mots nouueaux, et estrangers... elle faschee reboutte leliure... et le iette derrière vn coffre ou dessus vn vieil
aiz... Au regard des gens doctes encore que la mémoire des
mots Grecs et Latins les chatouillent aucunement toutes fois, ils
ne s'amusent pas a lire telles escritures. Hz ayment beaucoup myeulx puyser aux fontaines qu'aux ruisseaux... Ce n'est pas parler auecques Ilomere, quand on parle auecques Hessus, ou auecques Salel, ses truchemens es deux langues » (12 r*»).
Dans sa jeunesse, quelque offusqué qu'il fût par des discours comme ceux de Nie. de Herberay des Essarts, et par ses mots estranges « dont le son estoit plus desplaisant a ses oreilles, que neust esté le son d'vne cloche cassée » (14 r**), Mathieu avait, à l'exemple de Du Bellay, fait quelques concessions; il admettait qu'on appropriât ces mots en les soumettant au goût du peuple, qui les ferait ensuite passer ' . Mais le désordre jeté dans la langue par « ce million de termes » savants que chaque jour voyait introduire, en particulier par l'indiscrétion des médecins (8r°), l'avait conduit à poser pour les diverses disciplines des règles aussi strictes que pour le langage commun. 11 faut, a-t-ildit, qu'elles deviennent françaises des pieds à la tète (8 v"*). Et, pour donner l'exemple, il commence par abolir leurs noms savants : il demande que « l'autheur escriue en François de la manière de mesurer la terre : de la cognoissance des estoilles : des figures : du poinct : de la ligne : du cercle : du coing : de la figure a trois, a quatre, ou a cinq coings : et d'autres semblables. En ce faisant : il parlera François : il amplifiera l'honneur de sa langue, et de son pays : et maintiendra les sentences et les grandeurs des disciplines en leur entier » (8 v"-9). Le sage
l. DeuU, 1560, p. 33 i*^.
(lisez le philosophe) doit faire de Platon et d'Aristote des bourgeois de nos villes, qui n'aient plus « aucun traict de la Grèce, sinon la face, c'est a dire la maiesté de sagesse » (8 r®) ; celui qui écrit de la divinité, entendez le théologien, doit se garder d'offrir les mots de ses écoles et de «es docteurs à la multitude, « sinon il perd la tin de son instruction et de son enseignement » (ib.). De grands exemples ont déjà montré comment on pouvait réussir *< en espressurant les sentences de sa matière » ; il suffit de rappeler Commines, Seyssel, Amyot surtout, dont la vertu singulière et désirable par dessus tout sait joindre « le langage du commun et la liaison du docte » (17 r°).
Et Mathieu, faisant un retour sur lui-même, se reproche d'avoir usé des mots d'e/egrie, d*ht//nney qu'il remplace respectivement par complainte^ chant a Dieu ou aux choses sainctes (33 v°). Ailleurs il raye antichambre^ « ineptement composé quand on peut faire auant chambre et contre chambre, et vn million de semblables noms » (30 r**). Ce n'est donc pas, on le voit li ce dernier exemple, par la périphrase seule, vraiment trop insuffisante, que Mathieu entend remplacer les mots écorchés, mais par d'autres mots « purs françois », anciens et nouveaux. Il condamne à tort et à travers, il ne dégage pas la doctrine, mais, somme toute, il Tentrevoit, et c'est déjà un mérite.
Entre l'emprunt aux langues savantes, et l'utilisation des ressources propres du français, quelques-uns, pour divers motifs, choisirent avec Mathieu. En tête de la liste, il faudrait citer les traducteurs protesUmls de l'Ecriture, Olivetan et (^astellion. C'était pour eux une nécessité de faire tout comprendre, puisque là était la raison d'être de leurs versions. Olivetan a fait un effort véritable pour écarter ce latin « dont le fran<;ois est mesié », et il s'applique, sans y parvenir toujours, à user des mots du commun peuple, « encore qu'ils ne soyent gueres propres » '.
Caslellion est allé plus loin encore, traduisant tout, inventant, quand les mots vulgaires lui manquaient, des termes nouveaux, mais français ceux-là, dont il est obligé de donner la liste en appendice, ne craignant pas de parler de rogner les cœurs et d'appeler la cène du Seigneur un souper '.
1. Voir Apoloffte du IransUiteur: «< Au surplus av fsludie tant qu'il ma este possible de madonnera vng commun patovset plat lanjraijce. fuyant toute atTeeterie de termes sauuai^es et emmasquez et non hccoutumez. lesquelz sont esct»ivhe/ du Latin, w D'après (tarasse. Bnb. réformé, i6-i7, il en aurait été repris par les ministres euxmêmes. Ce seraient des textes à retrouver.
2. Voyez la « Declaracion •» de certains nn>t<: «« E poiu* céte cause, au lieu d*vscr de mots jçrccs ou latins qui ne sont pas enliMidus du simple peuple, i'ai quelque fois
E'MPRL'KTS ALX AUTRES LANGUES 219
L'effort le plus remarquable que je puisse sij^naler en ce genre 1 est celui de Du Perron dans son Premier discours tenu a la table du
1 flof/, sorte de traité de philosophie mi-naturelle, mi-spéculative.
■ Dans ce livre, presque illisible par endroits à force de barbarie dans
la phrase *, Tauteur a cependant peiné pour éviter d'écorcher les langues anciennes ; il emprunte bien quelquefois, et je trouve chez lui ces mots d'objectif et de subjectifs que lu philosophie contemporaine a repris à TAUemagne '. Mais en général il traduit les vocables latins de l'école par des équivalents français ou à peu près tels, qu'il cherche ou qu'il invente, si besoin est, autant que possible d'après l'analogie de la langue, en en définissant le sens en manchette. Il dira ainsi accord de naturel pour éviter sympathie^ différences auenantes pour ne pas dire accidentelles (p. 13ÎM. Kt il ny a point de doute sur les motifs de sa réserve ; en rendant attentas par diuersité, il ajoute : «« ie ne l'ose autrement tourner, craignant la rudesse » (p. 21 ). Dans ce vocabulaire très curieux, je relève : auenaninient = accidentiiliter, p. 301 [auenamnient dîins la vieille langue signifie convenablement, gracieusement) ; des * chacuns ^ = individua, p. 83; * aiance = habitus, p. 9; * contrassiegement =
vsédcs mois franç^ns, c{uand l'en ni peu troiiiici*; sinon, i'en ai forjrc sur les Fran- Voi» par nécessité, e les ai forjcés tels qu'on les pourra aisément entendre, quand on aura une fois oui que c'èt : comme seroit, es sacrifices, ce mot brûlage, lequel mot i ai mis au lieu de holocauste, sachant qu'vn idiol n'entend, ni ne peut de lonj; tems entendre que veut dire holocauste : mais si on lui dit que hrulatfe et vu sacrifice, auquel on brusle ce qu'on sacrifie, il retiendra bientcïsl ce mol, parla vertu du mot brnj/er, lequel il entend deia. Autant en dirai-ie de /7/immar/e. deforfaire, voLageur c autres, dcquels vous trouuerés vn petit recueil a la fin de la Hible »> ^F*. Huisson, Se/). Càstellion, I, 323 .
" ...Ceci (pense-ie bien) ne plaira pas a tous, principalement a gens de letres. Mais '• faut supporter e soulager les idiots, principalement en ce qui et écrit pour eux en leur lanjrajre. »
'Voyez par exemple, p. 332: « De manière que logeant a la pointe de ceste
*|niiei'e vne chose coulouree, estante aucunement obiet de la lumière, si qualité reale,
^^*?^/»teen elle auec quelque changement, de voynble seulement en puissance, la
/ff^y^n tevoyable enelTet, au pré d'Auempace, d'Auicenne et d'Alpharabe, sera toute
. ^ Imjmiere vnie suiettiuement au parauant en lair, obiettiuement dans elle receuë
^^ §>«»«• elle voyable en effet, et ncm l'outreparoissant (diaphanum : a quel aueu
'^^ «•»**« t-on nier eslre la lumière accomplissement de l'ciutreparoissant. tenu l'outre-
^j,r<»i?*s*ant en elTet de l'heure qu'a trauers son espesseur actuellement on pourra voir,
j,u<^l*^* ■ neantmoins en ténèbres void desch(»ses lointaines par vne obscure entremise
d'ail*, c*i) la lumière, sans que la lumière droite, ny réfléchie donc a luy, non veu de
son <«*îl le lumineux, son tril eparé mesme du renuoy. ténébreux suiuamment tel air,
en»«->t^t.« que rouant a bas ses yeux, il ne verra chose du monde : la veuë donques se
fai»*M'à le? par vn air obscur et ténébreux actuellement, tel air obscur et non enluminé
sera cl i*iphane actuellement : ny sera donques la lumière accomplissement de l'outre-
P"'*^*'^**ant, a mesme tiltre seulement des couleurs, ou mesme non en ce que telles,
"^ J*^** Tendante couleurs en elTet de couleurs en puissance conie elles autrement diui-
*8 *■ ^^vi contraires espèces : niai«« selon que de voyables seulement en puissance les
"^"^ *^^ **^ voyables en elTet, ou les occasionnante produire actuellement des espèces. »
" ^"oir p. S.'ïi, 332 et suiv.
' *■ o marque d'un astérisque ceux de ces mots que Je émis inventés, et que je n'ai
P** •'^'ouvés ailleurs.
àvTixepidTayt; , p. 423; * contrenaturel = i^znzx^tia, p. 406; * de fautifs = privativa, p. 9 ; dixtantieme = décupla, p. 234 ; enuiron nance = ambitus superficierum, p. 67; * estance = entitas (qui « ne valant rien en latin, eeorché, deuiendroit a peine bon en franvois), p. 14; *horscentrin = excentricus, p. 306; humectaison = humectacionem, p. 284; ioignance = adjacentia, p. 108 ; massiueié = mensura densitatis et raritatis, p. 92; mcsmeté = identiias, p. 39; nombreux == calculator, p. i38; * par tele lies cendreuses = particulae, p. 396; * rare faites = rarefactas, p. 265; puissanciel = potentialis, p. 164; receueusc := receptiva, p. 393; * sous lu nier = sublunaris, p. 272; * sou-brulemenl = Oxlxxauîxa, p. 278; relatifs de surmise et de soumise =relativa superposition is et suppositionis , p. 145; (mouvement) * /remi/o/«/ = oscillatio, p. 254.
11 faut bien le dire cependant, les savants aussi scrupuleux furent rares. Ce système des équivalents exigeait d'abord une trop grosse somme de travail et d'effort. Il faut déjà savoir gré à ceux qui ont bien voulu n abandonner le français qu'au moment où celui-ci leur faisait défaut ; ainsi à ce simple vétérinaire Jean Massé, qui, avant de recourir aux dictions grecques, qu'il se déclarait disposé à changer, si on lui fournissait une meilleure invention, avait réuni « les plus doctes de l'art •> afin de pouvoir nommer les maladies ainsi que le vulgaire des maréchaux les nommait ^ ; au traducteur des « XX livres de Constantin Cœsar » qui, malgré « sa diligence'^ « à chercher comment rendre les dictions Grecques, Lat nés et
1. Voir Jean Massé, Art vétérinaire, 1563. Il a ajouté à son livre des Annotations des dictions médicales plus difficiles.
2. Les XX Hures de Constantin Cesar^ ausquels sont traictez les bons enseignemens d'agriculture : traduicis en Francoys par M. Anthoine Pierre, icenlié en droict. De nouueau reueuz par le traducteur; Lyon, Thib. Payen, 1550. P. 599: « Aujourd'huy on veoit plusieurs Hures traduicts en Francoys, qui sont subiects a correction en plusieurs endroicts : en manière que les vngs ressemblent estre cscumeurs du latin, ou pèlerins : les aultres en voulant traduyre de mot a mot rœuurc. ont délaissé a explicquer le vouloir de Taucteur...
«« Et en ma traduction, ie n'ay esté desplaisant que dVne chose, c'est que iusques a présent nous auons dcmouré en si {^rand' detTaulte des noms propres Francoys de plusieurs choses qui nous sont en vsage tous les iours, mesmement de celles qui sont en Agriculture, et en Médecine, dont s'ensuy t que nous sommes conlraincts d'vser des noms Grecs, Latins el Arabicqucs, en delTault des termes Francoys. Ce que i'ay voulu dire en passant, pour respondrc a ceulx qui vouldroyent dire que i'ay délaissé plusieurs dictions Grecques et Latines en ce Liure*; sans leur auoyr baillé nom Francoys : car cela n'est aduenu. que ic n'ay point trouué que la langue Francoyse leur ayt donné encore aucun propre nom Francuys. Et si te piHjmets que i'ay grandement trauaillé a le vouloir faire : mais ma diligence n'a pu si bien assaillir, que la négligence du temps passé n'ayl eu plus de résistance. Et d'aultre part, il m'a semblé plus conucnabic de les laisser ainsi en Grec, ou en Latin, que de leur donner vn nom tout nouueau, qui ne soit entendu que de moy seul » 601).
'Types de nom» grecs : oporus, acrodton, lentiscus, iler narcissus, melanchory' phus, la pierre ff agates, aminanlos, etc.
Arabiques de ragriculture et de la médecine, ne s'est résigné à leur laisser leur forme ancienne que par peur de leur donner un nom nouveau, qui ne fiU compris que de lui seul. Beaucoup y ont, comme eux, « grandement trauaillé », sans cependant pouvoir se garder de latiniser ou de gréciser. La tentation était trop forte, et Toccasion trop fréquente. Vn Meigret, un Du Pinet y succombent. Mathieu lui-même, et cela dans son réquisitoire contre les écorcheurs, emploie saluhre, suader, communicHtiue , patriote^ d'autres encore.
Toutefois ce n'est ni inconsciemment * ni à contre-cœur que la
masse des savants « despume la verbocination des anciens ». Par
un dernier préjugé, ces écrivains (jui abandonnent le latin croient
encore honorer leur vulgaire, en la barbouillant d'un vernis latin et
grec. J'ajoute que beaucoup ne sont pas fâchés par là de marquer,
ce qu'ils prennent soin de rappeler dans leurs préfaces, qu'ils
eussent pu aussi écrire dans la langue des doctes. On ne nie pa»
dun coup sa noblesse. Quant à ceux qui ne savaient que le latin de
leurs mères, comme dit Des Periers, on peut croire qu'ils n'étaient
pas les derniers à adopter ce langage bigarré qui sentait son
docieiiY. Un Palissy avouait être sans lettres, mais Koch Baillif
^e ia Rivière prétendait avoir ses degrés. J'ajoute que quelques-uns
«^client girdé la préoccupation, tout en écrivant en français, de
C'iciier l'art au vulgaire.
tTes raisons expliquent comment le latin et le grec ont été de toutes
Parts écorchés sans pitié. C'est en vain que quelques sages, comme
•^oJet^ ont conseillé d'y apporter une certaine mesure - : « N'entends
P^s, dit-il au traducteur, — mais l'avis s'adressait aussi à d'autres,
^vie ie dye, que le traducteur s'abstiene totalement de mots, qui
^nt. YxoTs de l'vsage commun : car on sçait bien que la langue
''^^^cjxie, ou Latine est trop plus riche en dictions, que la Françoyse.
^^*^ *^C3us contraint souuent d'vser de mots peu fréquentés. Mais
*^ ^« doibt faire a l'extrême nécessité, le sçay bien, en oultre, que
^ ^^-^^-».K^s pourroient dire, que la plus part des dictions de la langue
Vraix^^ygg est deriuee de la Latine, et que si noz Prédécesseurs ont
eu 1 ^^.xithorité de les mettre en vsage, les modernes, et postérieurs
^^I^^Viuent aultant faire. Tout cela se peult débattre entre babil-
lanjr ^^*^ trouverait beaucoup de paBsa^^cs, où les savants eux-mêmes qualifient leur J*f?^^. Ainsi je citerai Scbast. Colin, (/r., p. 11 : « Tai copneu des fieurcs... estre *^ï^ sans qu*il apparust aucune subsidence, ou hypostase {si tu aimes mieux \ "^^^ir le Grec, que le Latin). »
'^^^nierede bien traduire, p. U.
larts : mais le meilleur est de suyure le coiîiun langage. » Dolet eût eu beau « traiter ce poinct plus amplement et auee plus grand'demonstration », comme il Tavait fait dans son « Orateur », ni lui ni personne ne pouvait arrêter le torrent.
Je dois ici mettre mon lecteur en garde contre une assertion hasardée de Darmesteter, qui ferait croire à la possibilité d'établir sinon une chronologie, du moins certaines dates fixes dans l'histoire de la terminologie savante. D'après lui, les mots grecs auraient fait d'abord une sorte de stage sous la forme latine. « Les dictionnaires de médecine du xvi* et du xvii® siècle, dit-il, sont rédigés en latin et présentent une terminologie mi-partie latine, mi-partie grecque. Ambroise Paré, au xvi« siècle, fait seul exception ; ses œuvres, écrites en français, contiennent un grand nombre de mots grecs ; mais encore quelques-uns sont-ils reproduits sous la forme purement latine, donnés comme mots latins K »
En réalité, d'abord les mots latins font souvent un stage comme les grecs avant de prendre la forme française. En second lieu, la médecine ne fait pas en ceci exception parmi les sciences, ni Paré parmi les médecins. Des exemples mettront en lumière le premier point. Sur le second, M. Marty-Laveaux - a montré que dans toutes sortes d'écrits, des hésitations s'étaient produites, et que des mots grecs avaient été introduits dans des textes français sous forme latine ou même grecque, ce qui était une manière de les signaler comme étrangers. Budé s'est servi avec ces précautions d'encyclopsedia, Rabelais de misant hropos, demiourgon^ etc., Scève de dietamnum^ Ronsard de lexicon. Du Bellay, dans la Deffense même, de genius ^.
Ensuite et surtout, il ne faut pas croire que cette réserve soit générale chez les médecins antérieurs à Paré. Il est vrai qu'on trouve quelques auteurs très scrupuleux sur ce point, comme Tagault. Dans son livre posthume des Institutions chirurgiçues ^ y les mots techniques sont en général sous forme latine, et entre crochets. Ce sont bien là les étrangers dans la cité, dont Du Bellay parlera la même année. Mais bien avant Paré on mélange formes