Sccvc, De lie ^ ccxciii
2 Épilaphe de Mûrgueriie de France, V, 248, édil. Marty- La veaux.
Ocymore, dispotme, oligochronien :
Certes ie le dirois du sang Valesien.
Toutefois, comme le pense très justement M. Marty-La veaux ^ ce n'était pas non plus pour marquer que semblables transplantations étaient impossibles; la note dont le poète accompagne ces vers dans l'édition de 157S ne permet pas une telle interprétation: « Ces motz grecs, dit-il, seront trouuez fort nouueaux ; mais d'autant que nostre langue ne pouuoit exprimer ma conception, i'ay esté forcé d'en vser qui signifient vne vie de petite durée. Filosofie et mathématique ont esté aussy estranges au commencement; mais l'vsage les a par traict de temps adoulcis et rendus nostres. » Cette dernière phrase et le rapprochement qu'elle contient montrent avec certitude que Ronsard ne renonçait nullement à l'assimilation possible de certains mots soit grecs, soit constitués d'éléments grecs.
Ce ne sont point cependant les noms, mais, parce qu'il était poète, les épithètes qui lui faisaient envie, et c'est pour les trouver qu'il a grécanisé : ses Carpime^ Euaste^ etc., viennent de là. Or, accolés à des noms de Dieux, c'étaient presque des noms propres, qui n'entraient pas dans la langue. Il reste donc acquis qu'il n*a pas vraiment, comme Boileau l'a prétendu, parlé grec en français. En ce qui concerne les mots, il a, en somme, fort peu hellénisé lui-même, et surtout il n'a pas été le maître de barbarismes que l'on s'est longtemps imaginé.
Je ne suis point arrivé, je l'avoue, à diviser en des phases bien nettes la décadence ou le progrès de la création savante. Il est certain cependant que, si l'on considère la langue littéraire seule, le mal a plutôt été en décroissant ; les pires barbares sont ceux du commencement du siècle, toute cette école des grands rhétoriqueurs dont le nom seul éveille justement des idées de futilité et de pédantisme 2. A Tépoque d'Henri Estienne, le pédantisme gréco-