Voir Tobler, Le vers fr.^ trad. Sudre, p
cesseurs, et le Chansonnier huguenot montre que cela était d'accord avec les habitudes de la chanson populaire : oubli l'ingratitude (39). Derrière Ronsard, on pourrait citer naturellement ses imitateurs, ainsi A. Jamyn : en trofé : reluist esto/fé {Il , p. 176). Baïf transcrit :le stfreteus Krî vçrs lui{Psaut,, 1295-6).
L'usage de compter e s'en trouva frappé à mort. Jusqu'à Malherbe, les poètes en usent sans scrupule. Malherbe lui-même le présente encore, à son début : Le tim, le serpolet, et la pourprée fleur (Gasté, Jeun, de Malh,, 45). Puis il le proscrit rigoureusement (IV, 291, 384. Cf. Doctr,y 518). Les poètes conserveront encore un temps après lui cet usage archaïque ^ Mais il est visible qu'il ne s'agit là que d'ime tradition de rythmique.
Elle fut assez forte du moins pour empêcher e de s'élider autrement que devant les voyelles, et ime fâcheuse demi-mesure écarta de rintérieur du vers les malheureux mots terminés par cet e qu'on ne se décidait ni à supprimer ni à maintenir tout à fait.
A partir de ce moment, l'histoire de e final après voyelle appartient à l'histoire de la versification, il n'a plus de valeur phonétique propre, et ne fait qu'allonger la voyelle qui précède.
2- APRÈS CONSONNE. — Dans le passage que j'ai cité plus haut, Ronsard recommande de syncoper comme encom. Il ne faudrait pas, je pense, étendre outre mesure le sens de ce conseil ; et il y a une différence à faire entre les mots proclitiques et les autres.
Parmi les premiers, il y en a un où l'apocope était usuelle depuis longtemps (voir tome I, p. 337), c'est ef. Ronsard n'a fait que se conformer ici à une vieille habitude que tout le monde suivait à l'occasion 2.
On retrouve eC chez ses disciples, en poésie, au théâtre, partout : Tahur., éd. Blanch., II, 64, son. 54; II, 9, son. 6 ; Rivaudeau, p. 80 ; Grev., Esb.y a. i, se. m, A. th. fr., IV, 234 ; zA., 240; Jod., Eugène, a. I, se. m, îA., IV, 23; Bell., Recon., a. i, se. iv, ib., IV, 353, etc.
La prononciation courante s'y accordait visiblement. Cependant Ronsard changea d'avis, et l'abbé Froger a compté que sur