CHAPITRE III
0/».— Quand Palsgrave nie que les mots en oi se prononcent par f (sauf roine qu'il accepte), il semble bien qu'il se trompe (14), et c'est Sylvius qui a raison contre lui. Il a observé et il affirme qu'on entend dire è dans la banlieue de Paris et à Paris même : véè (voie), ésè {Oise ou aise)j Pontèsè^ par ma fé vérè (par ma foi voire) '^. Cette prononciation était plus ancienne, et certainement idéjà répandue à Paris dès le xv® siècle (Voir tome 1, 406).
Les adversaires de cette façon de parler, en particulier Des Autels et H. Estienne, s'en prennent aux courtisans et à la mode italienne. Ce n'est pas cette mode — quoiqu'elle ait pu contribuer à la répandre — quia fait naître cette nouvelle « mignardise ». De Bèze, moins prévenu, concède au moins que la prononciation des imparfaits : parlet^ venet est du peuple de Paris, vulgus Parisiensium 3. Et en effet la satire la raillait comme telle dès le premier tiers du siècle : h'Épître du beau fils de Paris la reproduit ironiquement : regardet^ ardet. De même la Réponse : souspisetj disei^ Vestes^ sezet {sevoii)^ resiouy set ^ «c/(soit), seynt {soient), saye (soie).
Les transcriptions phonétiques de Peletier et de Baïf restent fidèles à la règle, et conservent oe. Mais il y a là sans doute parti pris de noter la prononciation reconnue la meilleure, et non traduction exacte de la prononciation populaire. Les autographes des moins lettrés en disent plus long sur l'usage : ie n^aues (Bayart, Let. au Roi d. le Loyal Sert?., 459) ; m'asseurèt (D. de Poit., Le/., LXV, 114); desyré (= desiroit, Ead., /A., HO); pourest {ib,)\
1. Oi> i4i, Horning, Zeitsch. f. r. PhiL, xxii 1-481-490, et Jahresbericht, VI, I, 223. Gément, H. Est.y 309 et suiv., tient que l'influence italienne est en partie cause de ce changement.
2. a Etiamsi in agro Parrhisiensi et Parrhisiis quoque véèj ë«é, Ponlèsè, etc., pronuntiari quotidie audiuntur, et par ma fè vérè (25)... Neque posthac in Normannos cauillentur, omnia haec praedicta et consimilia non per oi sed per e pronuncianles, lélè, èstelléy féè^ fer^ dé, tecty vélè, vérè, ré, W,am^é, etc., àimèréè, etc. Quam pronuntiationem velut postliminio, reversam hodie audimus in sermone accolarum hujus urbis, et incolanim, atque adeo Parrhisiensium » (21).