Pour pou, genou, voir p
de n ou r), l ; dans tous ceux-là, le pluriel est en z. Ex. : secz, hastifZy longz, cruelz, nulz^ suhtylzy molz (297), perilZy folz (181); rebelz (322); sacz, cerfZy poingz^ folz, cocqz (181); 2° les mots en m, /i, r, />, qui font leur pluriel en s : uillaynsj durs (296); noms^ brodeurs (180).
R. Estienne, 16, suivi par Ramus, 59, donne aux substantifs terminés par une consonne un pluriel régulier en «, sans parler davantage du maintien ou de la disparition de la consonne finale : grecs^ longs, champs.
Meigret (37 r**) déclare que les consonnes autres que t et d subsistent, mais prononcées légèrement; de là, 36 v°, à côté de furés, louués, bus {= buts) y froeSy les pluriels lacs y hanapSy loups. Toutefois, 37 r*>, il dit que mp + « passe k ms : chams, cams.
Pillot ne sait quel parti prendre ; il dit (9 v®) : « Quae desinunt in consonantem assumunt «, aut (ut aliis placet) mutant consonantem in s y sed in idem recidit, nisi quod, si retineatur postrema consonans singularis, in plurali muta erit et superflua ut plomb... plombs, grec y grecSy \elplonSy gréSy sicuihœc orthographia magis arridet. »
En 1570, Gauchie n'avait pas d'avis bien net, mais en 1576, p. 99, il montre sa préférence pour Torthographe où la consonne finale est retranchée, sauf à changer s en z: « In quibus singularis consonante terminatur, consultius fuerit consonantem, alias soni expertem, in 5 converti (prœter n et r) hoc modo : plonSy laSy darSy couSy fagoSy amans. »
Maupas ne fait plus allusion à la chute de la consonne; après *» ^j A ?) ^> 'i» jP> 7» '*» on ajoute «, dit-il. 11 n y a que les mots en /et en Z qui changent cette « en z, et encore pas nécessairement : bœufZy eiernelzy ou bœufSy éternels (99).
La consonne est une dentale. — Palsgrave établit la distinction très nette, selon que la dentale finale est ou non précédée d une autre consonne. Si la dentale n'est pas précédée d'une consonne, elle subsiste au pluriel, et la flexion est en z (p. 181, 297). Ex.: nidz, motZy 181 ; discretz, 297 ; froylZy 308. Si, au contraire, devant t ou d se trouvent n ou r, le pluriel se fait encore en changeant t on d ensy p. 180, 296. Ex. : accors, 180; expersy 296; granSy 660.
Il faut toutefois faire exception pour chant et gant dont les pluriels sont chantZy gantZy 180. De même pour les mots en rt, rrf, lourtSy 306; ortSy 313, etc.
Quant aux substantifs terminés par aul devant la dentale, ils changent t en x : heraulty heraulx, 180. Les participes suivent la règle générale. Cf. p. 654.
D*après Meigret aussi (36 v®), le < et le d du singulier se transmuent en s ou J5 au nombre plurier, « selon Tuzaje de la prononçiaçion. .. quoçqe la plume Françoçz' çn fasse grant état çn son ecritture, tant ç' noms qu'ç' participes. » Il faut donc écrire : dens et non dentz, soudars et non soudarz.
Robert Estienne est pour la suppression de la dentale, ex. : dens y darSy sauf dans les mots secrets, regrets, etc.. où la chute du t entraînerait une prononciation sccres. Aussi supprime-t-il la dentale au participe présent, dont le pluriel se fait « en changeant t en s : aimant, aimans » (16).
Garnier (Inst., 87) supprime aussi la dentale : les lisans. De même Gauchie, 1570, 77, « desinentia in t/ veW terminationis consonantem mutant in s : grans^ paillars, Hœc tamen scribuntur ab alijs, mutis literis retentis, hoc modo : grands, paillards ». Au sujet des participes présents, il déclare, 1570, 169 « additur ad finalem literam s, uel si mavis, / in s, migrât ».
Ramus déclare sans réserve que devant s de flexion, t et d sont amortis. Pourtant il écrit : secret, secrets, p. 59.
Lentulus n'a exposé aucune règle, et varie fortement dans son usage : à côté de aimans, 42 ; lisans, 60; aians, 69; alans, 73, on trouve en effet tenants, 57 ; faisants, 85.
En somme, je ne vois guère qu'un théoricien qui se prononce fermement pour le maintien de la finale devant s, c'est Pillot. Il écrit indifféremment s ou s, mais garde la consonne : craincts ou crainctz (55 y^) ; piedz (78 r®). Malgré cela, il accepte à la fois aymans et aymants (54 r°).
Pluriel des noms composés. — Il n'y a rien de vraiment intéressant à tirer des observations des grammairiens sur les pluriels de noms composés.
Pour Palsgrave, le premier terme seul est variable (192), quand les noms composants sont unis par une préposition.
Meigret, étudiant le mot maleur, observe que nous ne disons pas m^ls eurs pour maleurs , et dans ce fait que mal reste invariable, il voit justement une marque de la composition (46 v®). Ghez Gauchie, cette observation est devenue une règle générale. Rien ne varie que la finale : vn porteur de Dieu-uous-gards (1570, 71). De même en 1576, au sujet de vn boute feu, deux boute feux (57). Pour lui, c'est si bien là qu'est la marque de composition que dans monsieur, monseigneur, ledits gentilhomme, où les deux termes varient, il n'y a pas composition (57, 117, 118).