PRONOMS PERSONNELS
LEUR. — Il paraît à peu près certain que, au xvi® siècle, leur, pronom personnel, recevait déjà souvent Vs qu'il a aujourd'hui dans la bouche du peuple, et qu'il se prononçait déjà leuz : i leuz a dit (voir pour a chute de r à la phonétique) ; Sylvius ne fait aucune différence entre : g-è leurs hai donè = ego illis donavi et leurs liu-res =: illorum libri (109). Robert Estienne — est-ce une erreur? — donne dans ses déclinaisons des pronoms leurs, de leurs, a leurs, Kamus commet la même confusion ; il donne pour exemple : ce qu'il leurs a donné a entendre (I4i). Cependant d'autres, ainsi Pillot et Gamier, s'ils ne font pas la distinction des deux leur dans leur théorie, semblent l'observer dans la pratique. Et Meigret la donne avec précision : nou ne dizon pas : ie le leurs amenerey , pour ie le leur amenerey {60 v^).
Il y a des exemples de leurs chez les écrivains, particulièrement chez Rabelais : veu quil leurs auoit donné de passe temps {Garg,, XX, I, 73) ; que leurs auez par cy dauant tenue (liv. I, ch. 32, t. I, p. 122); il leurs transpercoyt la poictrine... leurs subuertissoyt Vestomach{\. I, ch. 27, t. I, p. 106-107), etc. Cf. il leurs fauldroit (Nie. de Troyes, Par,, 17).
ILS ET ELLES. — J'ai déjà signalé au tome I, p. 121, que la confusion de ils et de elles se retrouvait jusque dans Ronsard. Elle ne lui est pas particulière : ils sont bien eschancréeSj Nos poupinettes tant sucrées (Mar., I, 281; cf. ib, un autre exemple); tendre les chesnes de fer ou Hz ont accoustumé d'estre mis {J. B. P., 179); // ne fut rien faict ne tenu par ledict Roy de France desdictes promesses, parce quilz estoient trop desraisonnables {ib., 275) ; ils sont allées a la feste,,. Ils nen sont gueres esbayes. Ils sont bien ayses toutes fois (F. de II j. f., 30-35; Pic. etNyr., 99); femmes ne tiennent compte d'eulx S'ilz ne saydent de leur derrière {F. à 4 pers., 393-4 ; Pic. et Nyr., 159 ; cf. 132).
LI. — La forme li est considérée comme disparue. En réalité, c'est elle qui s'entend dans la conversation courante, quoiqu'on écrive lui.