VS FINALE
Je ne connais que Sebilet qui ait eu, sur 'addition de .s, une opinion d'ensemble : « Tu te dois garder, dit-il, de mettre a, aus premières personnes singulières des verbes de quelque mœuf ou temps qu'ilz soient : comme, ie voy,. . , laimoye, . . , /e rend y,, . , a cause que, s^ est note de seconde personne aus Grecz et aus Latins. . . Que si tu rencontres en Marot... ieveySy ie dySj ie feis.,.j et autres auec, s, ... appelle cela licence Poétique... dy que c'est faute d'impression... ou l'attribue a l'iniure du temps, qui n'auoit encor mis ceste vérité en lumière » [A. poet.^ 36 r" et v^; cf. 37 v**).
Certes la question avait perdu beaucoup de son caractère primitif par l'amuissement partiel de s : elle devenait en grande partie orthographique. Il n'en est pas moins vrai qu'ajouter a, c'était faire un pas de plus dans l'assimilation des diverses formes personnelles, et par suite détruire un reste de la flexion verbale.
.{ u PRÉSENT. — Aucune question n'a plus divisé les théoriciens au XVI* siècle, que celle de l'addition de s à la première personne du présent. Palsgrave se contredit de la page 392 à la page 395. Ici, il veut s dans les verbes terminés en ir et oir; là, il déclare que ie scay, ie voy^ etc., malgré l'analogie, peuvent être sans s.
Sylvius est opposé à l'.s : g-è sui (132), g-è noirci (115), gr-è meur (30, 117), encore constate-t-il (85) l'existence des formes comme g-è crois (cresco) en regard de g-è croî (credo).
Meigret est tout à fait indécis ; devant une voyelle, il estime qu'il faut s, mais cela dépend des verbes, car nous disons aussi bien ie vofs AnthofnCy et ie voç Anthoçne; dans ses paradigmes, il donne également les deux orthographes, ie fens et ie fen (81 v®). Seuls : ley ou e, ie sey, ie sié (79 v**) ne prennent pas l's.
Pillot est aussi incertain, il écrit le plus souvent sans s : ie vien, ie cour, ie puni (33 v®, 34 v**), ie sçay, ie croy, ie boy (38 V). Mais à côté de cela on trouve chez lui : ie pars, ie quiers, ie plais, ie