J'ai relevé: a denlx genoulx me flèches (Coll
cognois (38 v<*) ; après avoir écrit ie tiens^ il ajoute : « vel ut multis placet ie tien^ s dempto ad differentiam secundae personae » (37 r"). Même concession au sujet de ie crains et des verbes en re, La seule règle qu'il ait semblé vouloir adopter, c'est de distinguer par Tabsence de s le présent de l'indicatif du passé défini : ie blanchi au présent, ie blanchis au passé défini, de même locci et loccis^ ie puni et ie punis. Encore reconnait~il que certains n'adoptent pas « au passé.
A partir de cette époque, le développement de «, loin de s'accentuer, subit un temps d'arrêt. Garnier, sauf dans ie suis, écrit à peu près invariablement sans s : ie ly, ie croy (46), ie dor (63), le mn (54). De même Meurier : ie voy, doy, vainc, clo, fay (12 r**), fay, scay, di (i2 V*). De même encore Gauchie : ie bâti (135, éd. 1570), ie hay, Voy, ie pu (139), ie meur, ie fier (141), mais : ie sers, mens^ dors (139), ie sens, cours, quiers (140-141).
H. Estienne, dans les Hypomneses, s'est prononcé en faveur de l'omission de s, qui appartient à la seconde personne, quoique beaucoup le mettent à la première, surtout après i : Vescris, ie fais, lapperçois, et même avec ie viens et les verbes analogues. Il reproche h Pillot ie cognois (196 et 200). Toutefois, il autorise Temploi de s après quelques monosyllabes terminés en i : ie suis, ie puis, ie dis, ie lis, et même ie meurs, iedors. 11 donne de ces anomalies une raison d'euphonie. Gette raison, Ramus la donne aussi, Gauchie également, dans son édition de 1576 (40). 11 ne s'agit donc plus là de fixer une forme, mais de régler une question de phonétique syntaxique; c'est à ce point qu'en reste le xvi® siècle.
Quelques exemples seulement pour montrer les contradictions. Je les prends à Marot :
Avec s : ie dis (I, 90, 120) ; ie bois (111, 15); ie crois (1, 112) ; dois'ie (II, 165); i'escris (I, 248); ie'scais (1, 92, 213).
Sans s : ie dy (II, 135, 182; III, 7); ie boy (III, 55); ie croy (II, 180, III, 8, 32, 56) ; doy-ie {lll, 47) ; ie ne fescry (I, 154; III, 27); /e«cat/(II, 199; III, 44).
Tous les textes présentent cette même indécision. Gependant s devient de plus en plus commun : ie dis {Rah., Garg., ch. 6, 1. 1, 26); ie quiers (S'-Gel., I, 91) ; ie tordz [Marg, de la Marg., IV, 140); ie suis (Rivaud., 76) ; ie dis (Lar., Esp., a. i, se. i, A. th. fr., V, 203); ie me sou u ie ns (Pasq., Rech., 1. VIII, ch. 8, t. I, p. 780 A); ie fats {ib., 1. VII, ch. 6, 1. 1, p. 708 G; 1. VIII, ch. 9, 1. 1, p. 782 A), etc. «.
1. Aller a au présent des formes très diverses : ie vas (Palsgr., 133, 517}; ie ooy (Du Wez, 930, 995); ie woç (Meigrel, 78 r% faute fréquente, dit H. Est., DîmL, I, 169); *«
Par une réaction inverse, il arrive que Vs de la deuxième personne disparaît :
Que crie-tu a moy ? (Lef. d'Ét., Pre/". ^part. du N, Test. ; Herm., C, I, 162); cuyde-tu?,.. tu te trompe (Rab., Garg,^ ch. 31, t. I, p. H7); pense-tu que ie y vise de si près? (Nie. de Tr., Par,, 6); tu aymemon honneur (Id., lA., 70); grande : tu luy commande (Mar., 1, 91); tu ne m'en dy rien (Id., ib.y 34); tu scay (Id., II, 98) ; tu entre, tu repousse (Marg. de Nav., Dern, po., 405, 411) ; tu te trauaille [ib.y 433) ; si tu ioue bien ton personnaige (Lespl., Prompt,, 57); tu V assaille [Farcea4 pers., Pic. et Nyr., 95) ; se tu me touche (ib., 876).
S A VIMPÉRATIF, — A Timpératif, la deuxième personne avait commencé aussi à prendre une s sous Tinfluence des autres ten>ps ; on la trouve, à partir du xiv* siècle, dans des verbes de toutes les conjugaisons : clos[Mir, de N.-Dame, I, 6o); secours {E. Desch., II, 76) ; aymes (Id., III, 2S2) ; donnes (Mir, de N.-Dame, 1, 84); vas (lA., 1, 65); fais (Chem, de Povret,, Men, de Paris, II, 25, 2; crois, ib,, 25,1); metz [Myst. S.-Laur,, 4490) ».
Néanmoins, au xvi® siècle, la confusion est encore aussi complète qu'à la première de l'indicatif. Palsgrave déclare (398-399) que la deuxième personne de Timpératif est ordinairement semblable à la deuxième de Tindicatif, sauf cependant si celle-ci a une voyelle devant s, auquel cas on supprime cette s : tu vas > va; il n'y a que sois qui garde toujours s ; quand devant s se trouve ime consonne, Palsgrave déclare tour à tour que la deuxième de Timpératif est semblable à Tindicatif, et qu'elle est incertaine.
Son usage présente une confusion singulière; c'est apparemment là un de ces cas où, selon son propre conseil, il faut se défier des formes données dans son livre et qui sont, non de lui, mais de rimprimeur. Par exemple, pour les formes à finale e, on trouve ou non s, pas tout à fait au hasard, mais par séries : aux environs des pages 430 à 440 les formes avec s, plutôt rares jusque-là, se multiplient tout à coup de façon très sensible ^.
fooys^ ie t>oçs (Mei^et, 78 r») ; ie vois (Pillot, 49 v') ; ie voa$ est fréquent chez les cour- UsanB(H. Est.^Dwi/., I, \i);ievay{R. Est., 46; Meup.,C., 23V; H. Est., i)**/., 1, 169); ievais Lent., 69].
Je peuse que ie voy devait bien souvent se confondre avec ie vay, car Ramus les brouille. Il donne vay dans son écriture ordinaire, voy dans récriture phonétique.
1. Cf. au contraire : enlen (Desch., I, 2\6);pran (Id., 217) ; tien (Id., 235); vi (Id., 6); mnef [Men. de Paris, II, 176); met (Mir. de N.-Dame, V, 96, v. 93), etc.
2. A c6té de formes en e .-parle (89), sayche (600), ou en s: effaces (435), aies (436), gardes toy (ibid.), on trouve aussi très fréquemment des formes où s linal est remplacé par z : accoliez moy mon fils, et tu auras vne figue (577).
Pour les formes terminées par une voyelle autre que e, on relève à côté de fay (100), fuy toy (121), conformes à la règle, les impératifs conuertys (92), esbahis toy (118), nays (128), etc.
Même indécision pour les terminaisons par consonnes : pren, vien (420, 492), etc. ; mais, prens {iOO\ respons (432).
Les contradictions abondent d'un grammairien à l'autre *. Meigret seul approche des modernes en mettant Vs partout, sauf dans les verbes en er où aller seul a les deux formes, vas et va (95 t^)-.
Il n'y a guère qu'une règle qui se dégage nettement, pour les verbes des conjugaisons autres que la première, c'est que sois a toujours s.
Pour la première, une règle tend aussi à se faire. Si Sylvius donne h!aiès (130), Smès (134), si R. Estienne donne ayes (36) k côté de aime (41), si Meigret ici encore reconnaît s comme facultatif : veuille ou veuilles (95 r^) -^ Du Wez orthographie : aime, garde (934), Garnier : aye (57), Meurier : aye (18 V»). Et Pillot, conformément à sa règle, selon laquelle la deuxième de l'impératif est identique à la première de l'indicatif, ne peut y mettre une s. Quant à Gauchie, il déclare formellement : « In prima coniugatione omiltitur s » (1570, 109). Après lui, cette règle semble uniformément suivie, H. Estienne écrit aime [Hyp,^ 211-212), et, Ramus, se séparant de R. Estienne, chose significative, écrit aye (91) aussi bien que