INFINITIF
Les infinitifs en ir semblent prévaloir peu à peu, mais très lentement, sur les infinitifs en re^ encore bien fréquents.
Les exemples de querre^ acquerre^ conquerre^ courre sont innombrables : querre (Corroz., llecat.^ 99); enquerre : conquerre (Forcad., p. 24, v. 1-8) ; querre (Vauquel., A. poet., Ul, i%); courre {Marg. de la Marg.^ IV, 162); secourre confondu avec secouer (Briç., Let. ^25 fév. i594, Herm., C, I, 201).
Quérir j acquérir, courir^ me semblent pourtant plus fréquents, au fur et à mesure qu'on avance. On disait autrefois cœurre pour courir j dit Bèze(61).
Pour suiure^ le mouvement inverse se dessine nettement. Suiuir se trouve (Lem. de B., 1524, ///., II, 6, b. 4 r®) ; poursuyuir (Corroz., ^eca/. , Prol. , xxvi) ; ensuiuir (Mar., I, 97) ; poursuyuir (Id., 1, 12) ; suiuir (Marg. de Nav., Dern. po., 189, 191, Forcad., p. 21, v. 24, Rivaud., 59), mais 8t/it;re est plus usité. Cousir et cremir cèdent aussi définitivement à coudre et à craindre.
On trouve benistre (Mar., II, 191), et tistre : epistre (Id., I, 203) à côté de tissir.
A signaler aussi la confusion qui fait naître par apocope les infinitifs confir, suffir, circoncir (Thur., o. c, I, 205). Ici l'analogie et la phonétique (celle-ci par Tamuissement de e) concourent au même résultat.