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X. Cf. ie descouuray = ie descouuriray (Mar., I

dray (543, 571); Meigret accepte les deux (94 v®); Gauchie est pour faudray (1576, p. 174); A. Mathieu tient en faveur de failliray^ en raison de la confusion possible avec falloir {Sec. Dev., 1560, 33 1^) ; faudray est seul employé par Rabelais [Pant., ch. 18, t. I, 309; 1. IV, ch. 45, t. II, 428, etc. ; cf. Nie. de Troyes, Par., 61]. Cependant, failliray est dans Lar. [Espr.^B.. i, se. m, A. th. fr., V, 213); dans les Let. miss, de Henri /F (III, 75), etc.

Issir. A côté du vieil ystra (Lem. de B., 1524, ///., 1. I, ch. 34, g 3 r^), on trouve yssiroit {J. B. P., 204).

Deuoir n'hésite guère qu'entre des formes en e et des formes sans e : deueray (Palsgr., 650) ; deueray ou deburay (Ram., 95) ; on trouve cependant aussi : doiburoit (Rab., Garg., ch. 9, 1. 1, 37).

Mouuoir hésite entre mohu-ray et moùue-raî (Sylvius, 138 ; Rob. Est., 55; Gauchie, 1570, p. 147, et 1575, p. 182; cf. mouuerey, Meigret, 93 v®) ; meuuerai et mouurai (Ram., 93). L'incertitude dure encore chez Bernhard (100) et chez Maupas (257).

Voir paraît sur le point d'abandonner la vieille forme verrai. Ge n'est pas qu'on n'en trouve d'innombrables exemples. Mais voirai est aussi très répandu. Palsgrave donne verrai/ et uo/rraj/ (707), voyrres (553). Pillot (80 vo), Rob. Estienne (50) et Ramus (89) écrivent : voirai. Gauchie donne les deux (1576, p. 181). Voirray est tout à fait commun (Mar., I, 48, 85, 107, 108; Lespleign., Prompt., 52 et souv. ; Marg. de Nav., Dern. po., 373, 399, 403 ; S'-Gel., II, 95; Dolet, Man. de trad., 33, 38; // Enf., 15, 26, 96; Rab., I, 49; Du Bel., I, 168; Rons., II, 313, M.-L.).

Il ne faut pas oublier que, à cette époque, oi passe à e. Voirai, en changeant oi en f , s'est donc confondu avec verrai.

Boire. Palsgrave conjugue : ie buueroys (519), mais aussi : ie buray, ie boyray (529); Du Wez : ie buueray (933) ; Gauchie : ie boirai, vel buurai, siue beuurai (1576, p. 181).

Toutes ces formes existent dans les textes : vous le burez (Nie. de Troyes, Par., 24) ; ie beurai bien (Id., ib., 65) ; vous beurez {Farce à 4 pers., 539, p. 154, Pic. et Nyr.); celluy qui beuura de Veaue (Lef. d'Ét., Pref. dela^ p. duN. Test., 1523; Herm.,C., I, 161); beuuoit (Amyot, Œuv. mor., 372 B). Gomment faut-il lire les deuxième et troisième exemples ? Quelle y est la valeur de u ? Dans les derniers, en tous cas, il y a incontestablement im v. Boyrez est dans Vigor {Serm. cath., 39).

Faire. Tous les grammairiens sont unanimes à donner ferai, ferby{e) : Palsgrave, 97-100; Du Wez, 1012; Gamier, 69; Meurier, 14 v<^, 15 v«; Lentulus, 82.

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Il faut noter cependant que Pillot (âvec quelle intention?) se prononce pour fairai (43 r**) et qu'A. Mathieu, dans ses Devis^ a toujoiu*s cette forme {Sec. Dev,, 19 v®, 1560).

En tout cas, Tusage semble ici contre les grammairiens, car fairai est assez répandu :

Fairoient (Mar., 1, 104); faira (Dolet, Man. de trad,^ 4); /*aira« («/>., 38, etc. ; Gest, de Fr. de Val., p. 3, 8; // Enf., p. 6, 34, 41, 44); ie ne vous fayré (Henri II, Let. à Z)., 1547, dans les Let. de D. de Poit., 220; cf. Seal., Let., 57, 58, 69). Henri IV écrit encore en parlant de sa première messe : Ce sera dimanche que ie fairay le sault périlleux [Let. miss., III, 821).

Avoir, savoir. — Les deux futurs de auoir et de scauoir sont, comme les autres formes de ces deux verbes, en étroite corrélation. Le XVI® siècle marque pour les deux le triomphe de la forme moderne : sauray, auray (Cf. t. I, p. 445). Barcley donne : auray^ aueroy : la seconde graphie indique qu'il faut lire v. Sylvius est pour ff'-haûraî, tout en notant que d'autres préfèrent prononcer par u consonne, et quelques-uns sans u : g-haral (130). Gauchie, en 1570, maintenait encore les deux formes (116), mais en 1576, il n'a plus que aurai (150), que Meigret enregistre également à côté de arey (94 r®). Bèze, en regrettant la disparition dearai, qu'il déclare devenu populaire, marque la date de sa déchéance probable. Le témoignage de Pillot (p. 123, n. 1) est encore plus important, car en demandant une graphie naùra (vulneravit), distincte de naura (non habebit), il prouve qu'il faut bien lire au et non av.

Arai, ara, aroit, sont encore dans bien des textes : il y ara (Nie. de Troyes, Par., 5; cf. aroit, Id., ib., et tu aras, 24); larois (Coll., CEuv., 9) ; tu Varas (Id., ib., 203) ; n'arés poynt de honte (Henri II, Let. à D., dans les Let. de D. de Poit., 222; cf. vous aryès (Id., ib., 220). Baïf transcrit encore fidèlement les formes en a dans le Psautier v. 38, 75, 282, 362, etc. Je renvoie, sans le citer, au calembour ordurier recueilli par Tabourot [Bigar., 56 r®) avec la note : « La syllabe âu du mot aura se prononce ordinairement a, comme qui diroit ara ».

Mais les formes en au prévalent visiblement (Mar., II, 185, 198, m, 29, 51, 121; Marg. de la Marg., IV, 133, 142; Tahur., II, 199 et souv.)».

Sçarai suit le même chemin, tant que la forme en v semble désormais inexistante : Nostre Seigneur ne vous en sçara nul mal gré

1. Comparez : ie scé que vous auerez receu ma /e(^res (Toussaint à Farel, 21 sept. 1525, Herm.,C., 1,387).

(Nie. de Tr., Par.^ 147); sçaroient (Coll., Œuv., 14); vous en sçarès trèsagement vser (D. de Poit., Let, XCI^ Autogr., p. 161, cf. p. 223).

Il sçaura^ scauroyt (Mar., II, 63, 133, 198; Marg, de la Marg,^ IV, 129; Tahur., II, 199, 200, et aUleurs; Forcad., p. 4, v. 8, etc.).

FUTURS A CONSONNE ASSIMILÉE. — Ils vivent, mais avec des concurrents.

famerrai, H. Est. (Hypomn.y 100) le dit surtout poétique. Maupas (231) le déclare rare. Amenront est donné par Palsgrave (401). On a le moderne ameneray dans les Sermons de Vigor, 39.

Cherrai est donné par Palsgrave, 544 ; cf. Du Wez, 922 ; Meigret, 94r*>; Ramus, 93; Gauchie, 1570, p. 147.

Il est dans Mar., I, 75, 192; III, 206; dans Nie. de Tr., Par., 233; dans Jod., Eug., a. i, se. i, A. th. fr., IV, 13, etc.

Dorraiy donray. Aux yeux de Palsgrave, donray est une apocope usitée en vers (392). On le retrouve dans la Briefve Doctrine, 1533, 15 r^ chez Gauchie, 1570, 127; 1576, 161; chez H. Est., Hypomn., 100. Pour tous c'est une forme poétique de donneray. Lentulus ne cite que celui-ci (89).

On trouve souvent rfonrai en vers (Marot, III, 238) ; cf. : mon esprit te donra intelligence (M. de Nav., Dern. po., p. 347; cf. : 117, 118, etc.)*. Il se conserve jusque chez Régnier [Sat., IX). En prose, il est fréquent chez des écrivains comme Montluc (V, 25, Let., 137;cf. fZ>.,30), etc.

Mais chez les poètes même, donnerai est courant (Mar., I, 41, 151; II, 87, 177; Ch. hug., 3, 1532; S»-Gel., I, 232).

Lairrai est considéré comme une syncope par Palsgrave, 401 (cf. fi07), par la Briefve Doctrine, 15 i* ; comme une seconde forme par Gauchie, 1570, p. 127. Meigret, 93 r®, ne se prononce pas.

Dans les textes, il est plutôt plus fréquent que dorrai (Marot, I, 95, 12i, 234, 239 ; S»-Gel., Il, 20i; Marg. de la Marg., IV, 133). Lairrai vivra longtemps encore.

Mais on trouve laisserai en prose et dans la langue courante (Nie. de Tr., Par., 11; Paliss., 55, etc.). Et il est même commun en vers (Mar., I, 99; II, 146, 177; 11, 177 ; III, 124, 226).

Orrai est donné sans observation par Palsgrave, 418, 667 ; cf. orroys, 500. Pillot le préfère à ouyray, 34 v®, 37 r**. Lentulus ne mentionne que lui, 62. De même H. Est., Dial., 11, 91. Meigret a orrey et oirey, 94 v*^.

t. Il faut se défter de la prose, où l'on n'a pour se guider que la graphie: car Marguerite de Navarre écrit : que te donneray ordre a vos cas [Dera. po.y 75), et le verbe ne compte que pour deux syllabes.

Les écrivains du siècle Tont tous (Mar. I, 73, 163; II, 220; III, 8, 111; Marg. deNav., 434; Forcad.,p. 23, v. 22).

On trouve aussi oyrrons, oiroisy tiré du présent (Mar., II, 120; J. B. P., 155; Lar., JaL, a. iv, se. ii, A. th, fr,, VI, 60; Bell., La Reconn.j a. m, se. v, ib,, IV, 394).

Ouyrai est encore assez rare. Cependant, s^il ouyroit (Montl., Corn., V, 59; cf. P. Cayet, Chron, sept,, 62, 1).

Sierrai, Palsgrave écrit syera (445) ; Sylvius, serrai (138); Meigret, sçrrey (94 r**) ; R. Est., serray (55); Gauchie de même (1570, p. 147); Ramus également (91).

En somme, à considérer ces diverses espèces de futurs, on voit à côté des formes organiques se développer des formes où Ton reconnaît Tinfluence de Tinfinitif. Mais celle de l'indicatif présent peu h peu s'y ajoute, surtout à la première conjugaison. La chute totale de e sourd dans jet[e)rai amène le premier e à e. Dès lors jét[e)rai paraît tiré de jét{e). Et ainsi naît une nouvelle règle de formation du futur qui a eu son plein développement dans la langue moderne : f aime-rai, je joue-rai, je pèle-rai.

FORMES PÉRIPHRASTIQUES

C'est Malherbe seulement qui mettra un terme au développement des formes périphrastiques du verbe, telles que esêre attendant, aller priant, rendre assouui, s'en aller perdu.

Il en est ime pourtant qui me parait vieillir dès le xvi* siècle, c'est aller, suivi de l'infinitif, sans idée de futur. Elle est encore tout à fait commime dans Lemaire de Belges : A donc Mercure va dire [IlL, 1. I, ch. 33, f® 8 r®) ; dont la pudicque virgine ala promptement mourir sur le champ (ib., 1. II, ch. 9, Cl r®). Elle se trouve à toutes les pages dans le Loyal Serviteur. Marot l'a aussi : Lors ce va dire vn gros paillard (II, 78). De même CoUerye : Sur ce point elle me va dire [OEuv., 69) ; Bouchet: Le Roy.., le regardant va dire que... {Ser., I, 1, t. I, p. 11 ; cf. 12).

Elle se rencontre dans les textes postérieurs : Mais sur ces entrefaites il se va souuenird'vn ieune homme (Amyot, OEuv. mor., 241 H) ; // y eut vne autre femme tout auprès d^elle qui la poussant da coude luy va dire (Cyre Foucault, Ep. d'Arist., 98-99). Elle reparaît jusque dans le Journal d'Héroard (né autour de 1550) où elle est assez commune, et dans d'autres textes du début du xvii* siècle.

On ne trouve plus guère non plus venir avec un infinitif comme

dans cette phrase : Or vient arriuer le iour de Noël (Nie. de Tr., Par., 80). C'est à peine si j'en ai rencontré quelques exemples: quand il sçeut que Fouquet pouuoit estre bien eschauffé,.. il vint, entrer au ieu de paulme (Des Per., Œuv., II, 53).

Faire entendant, dernier reste dun vieux tour, se conserve, mais à l'état de locution toute faite : a qui on fit entendant (Nie. de Tr., Par., 141) ; encore n'est-elle pas fréquente.

Guider cède à penser, mais bien lentement. Il y a encore une foule d'exemples analogues à ceux que j'ai cités pour le xv* siècle :

fauoys amené icy la bande de gens de pié de Longueual pour m en cuider aider (Bayart, Let. au Roy, 1521, orig., Loy. Serv., 455); cette construction est très fréquente dans le Loyal Serviteur : pour luy cuyder faire la reuerence (82); qui s* enfuy oient pour cuyder gaigner Rauenne (326) ; fut deuers le peuple esmeu pour le ouyderadoulcir (J. d'Aut., Chron., IV, 99; cf. IV, 54, 84, etc.). Ce prisonnier, pour cuyder eschapper, proumettoit des choses si difficiles (Marg. deNav., Nouv. Let., 212); Viendroit-il point pour cuyder La Boy ne de mort garder (S^-Gel., III, 235) ; Il y eut vn cappitaine de lansquenets, de gens de bien, qui eut la teste tranchée, parce qu'il cuyda tuer Monsieur de la Chesnaye..., et luy cuyda aualler le col [J. B. P., 85, cf. 108, 217) ; laquelle si longuement meit peine a se cuyder contregarder [Amad., 1. I, ^ V r**); sa vie, qu'il y cuida perdre (Mont., 1. III, ch. 10, t. VI, 218) ; il cuida tuer le François qui luy faisoit cest interrogat (Tabour., Big., 70 v^)^. Dans les phrases principales, cuider au sens de penser vivra jusqu'au xvii* siècle.

LES AUXILIAIRES AVOIR ET ESTRE. — Rien de décisif ne se fait encore en ce qui concerne l'emploi des auxiliaires : le choix d'auoir ou de estre ne se détermine pas sur la nature des verbes. On trouve estre dans des phrases comme celles-ci : Veu les vertus dont estes hérité [Coll., OEuv., 212); et d'autre part lai sorty (Lar., Les Esc, a. v, se. X, A. th. fr., VI, 183) ; il ne sen a quasi rien fallu (Cord., Corr. serm. em,, 389 A).

Estre se conjugue toujours avec lui-même : iamais ie n eusse mis le pied ou vous fussiez esté (Lar., Les Jal., a. i, se. ii, A. th. fr., VI, 17) ; sy ïen feusse été aduertye (D. de Poit., Let., XCIV, Autogr., p. 165).

1. Je signalerai un emploi tout voisin de vouloir : descendirent le» Angloyi en Guyenne... pour vouloir reconquester la duché (J. B. P., 161); Fut faicte Udicte àsiemblée pour vouloir iraicter la paix (ti)., 104 ; cf. 172).

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