‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 200 sur 248 · Cf. Hug., o. c · texte numérisé non relu

Cf. Hug., o. c

Vautre^ on luy ait attribué les faits de tous les deux (ce n'est qu'une hypothèse), et que le plus ancien n'ait esté gueres de temps après Homère : encore y en a ilj qui veulent dire, quil Va veu, Xenophon mesme nous donne bien a penser, qu'il soit fort ancien, quand il dit, quil a esté du temps des Heraclides,,. {Vie de Lycurgue, 47, D-E).

L'influence du cloute qui plane sur la pensée se fait souvent sentir très délicatement, ainsi H. Estienne écrit : lequel ie pense estre d'vn liurc qui ne soit point imprimé, car autrement ie me fusse contenté, etc. [ApoL, II, 69). Le soupçon exprimé dans ie pense se transmet dans la phrase relative par dessus Tinfinitif .

Toutefois, comme en langue moderne, il arrive que l'idée de doute est niée, et cependant le mode reste celui de l'incertain, le subjonctif : Il ne faut pas douter que ce ne soit Vvsage le plus honorable que nous leur scaurions donner, et quil n'est occupation ny dessein plus digne d'vn homme chrestien (Mont., 1. II, ch. 12, t. III, p. 175).

De façon générale, les verbes qui expriment un sentiment : plaisir, douleur, regret, étonnement, n'exigent pas encore le verbe subordonné au subjonctif. La conception n*est visiblement pas la nôtre encore, on énonce la cause de ce sentiment comme un fait, avec le mode des faits positifs. Le sentiment contenu dans le verbe principal ne domine pas la pensée ; ie suis marrye que vous nauez rencontré aussi bonne partie (Sic. deTr., Par,, 131); le regrette de tout mon cueur que nest icy Picrochole (Rab., Garg., ch. L, I, 185); Vabbé fut bien aise qu'ils faisoient ceste despence (Marg. de Nav., Hept,, I, 243; Hug., o. c, 199) *.

Les verbes signiGant craindre sont un peu plus avancés vers la syntaxe moderne. Les exemples de l'indicatif sont encore nombreux : fay grand peur que toute ceste entreprinse sera semblable a la farce du pot au laict (Rab., Garg. ,ch, xxxiii, I, 128) ; m'emerueille de ce que Panaece l'a oublié (Meigret, Off, de Cic, p. 6) ; lay grand peur qu elle a esté cause de beaucoup de maux {Mén., 191, Read).

Mais le subjonctif devient fréquent : il craignoit de n'auoir pas bien caché ce pot et qu'on le lui desrobast (Des Per., Nouv, Recr.^ II, 92) ; ie crain que Vincent naytprins en mauuaise part ce que ie fis l'autre iour (Lar., Jal., a. i, se. ii, A. th, fr,, VI, 13).

Les verbes signifiant désirer, vouloir, commander, se font de plus en plus régulièrement suivre du subjonctif. Cela n'est pas très

1. De mémef après louer, rindicatif est encore dans Malherbe, IV, 13R.

nouveau, cependant le progrès s'accuse, les exemples de Tindicatif ne sont plus très fréquents. En voici : mon destin voulut que ie party d'icy (Lar., Le Fid., a. i, se. iv, A. th, fr.^ VI, 320; ici la proposition principale est en réalité la seconde, et le lien de subordination est plus apparent que réel) ; ie désire que vous faites part de ce discours (Let, mis, de H. /V, III, 251).

Mais ces phrases sont rares. Le subjonctif est déjà d'usage général: ie ordonne et veux que Ponocrates soit (Rab., 1. 1, ch. l, I, 183) ; ie veus,., qu^il reçoiue de moy ce tesmoignage en toute vérité (Mont., 1. II, ch. 8, t. III, p. 80).

Après empescher l'indicatif se rencontre encore : lempescheray bien qu'il n y entrera aucun secours [Let, mis. H. /V, III, 371).

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