PRÉPOSITIONS
vance du tour par lequel Tancien français qe marquait la dépendance sans préposition; je n'y reviendrai pas ^. De est devenu depuis longtemps nécessaire.
On ne peut en dire autant en ce qui concerne l'apposition. Soit avec un nom, soit avec un pronom, le de manque encore souvent : il nest rien plus sot (Marg. de Nav., Heptam,^ XXVIII, p. 299) ; il nest rien pire au monde (S*-Gel., III, 200) ; rien plus vray (Des Per., Œuv., I, 320); il ne se peut rien faire plus admirable Meigret, Off. de Cic, 165); y auoir eu quelque chose remarquable (Mém. reine Marg., 4). Néanmoins on trouve déjà très souvent de : vne belle ieune garse de chambrière (Nie. de Tr., Par,^ 68) ; vn arbre de serisier (Paliss., 32) ; Voila! ceste breneuse de ma femme voudroit (Lar., Aes EscoL, a. ii, se. i, A, th. fr., VI, 118) ; quest il rien de doux (Rons., p. 24, Po. c/i., éd. Becq. de Fouq.,). On sent se préparer la règle de Malherbe.
EN commence une nouvelle histoire, du jour où cette préposition cesse de se contracter avec l'article en ou et en es^ et où dans entre en concurrence avec elle. Mais c'est par la suite seulement que les conséquences de ces faits vont se remarquer.
PAR est encore fréquent au sens temporel : la pure prédication de VEuangile a esté cachée par longues années (Calv., IV, 578; Hug., o. c. p. 301); S' estant ainsi bien appresté par V espace de quinze iours (Des Fer., Œuv., II, 261); Errant seuletpar trois ou quatre années (Passer., I, 24). Le tour vit encore à Tépoque de Du Vair : par l espace de près de douze cens ans (Du Vair, 376, 19); ceux qui veulent faire gouuerner le monde a ceste téméraire aueugle par tant de siècles (Id., 374, 42). Néanmoins, c'est un tour qui va se perdant.
POUR cesse de s'employer aussi communément qu'auparavant pour indiquer la raison d'une chose. Il y a là un mouvement analogue à celui qui prépare la substitution de par ce que à pour ce que. On trouve encore des exemples nombreux : pour Vobscurité de la chambre^ ne les povoit congnoistrc (Marg. de Nav., Heptam,^ 518) ; non pour crainte que laye de luy (Lar., JaL, act. i, se. iv, A. th. fr., VI, 20) ; ce faisoit elle pour doute des entreprises et conspirations {h*Esi., Journ. H. III ^ 36, 1); estant paruenue au manie-
1. Voici quelques exemples à ^jouter : Deuant Vymage Cupido (Mar.» I, 15); par le sang Saine t George (Id., ib., 27); Vespee Sainct-Pol (Id., ib., 142); Le feu Sainct Antoine (Id.,i7).,157) ,, semblable aux filles luppiier (Id., ib., III, 255); fa veille Nostre- Dame aoust[J. B. P., 338) ; la puissance Nosire-Seigneur [Ib. , 21) ; la maison Monsieur maistre Loys de Harloy {Ib., 347); le iour Sainct YvesCS. du Fail, Eutr., t. II, p. 74).
ment et gouuernement des affaires, pour le bas aage de son fils (L'Est., Journ. H. III, 37, 2). Mais la construction se restreint de plus en plus aux tours bien connus du xvii* siècle : pour auoir demeuré en Gaule, il sauoit le Gaulois ; pour être grand il n'en est pas moins sot, etc.
RÉPÉTITION DES PRÉPOSITIONS. — H n'y a rien à dire encore de la répétition des prépositions devant les termes régis. Elle se fait quelquefois, mais n a rien d'obligatoire, ni même de régulier. Les derniers auteurs du siècle, et les plus soignés, comme Du Vair, ignorent cette exigence moderne. Ils écriront : il fut contraint pour sesauuer d'abandonner la ville, et se retirer comme a la fuitte (379, 11); Cela est misérable d'estre tué en quelque coin et demeurer sans sépulture (356, 1).
Pour montrer en une seule fois combien on considère encore comme peu nécessaire de donner à chaque proposition tous ses éléments, en reprenant les termes autant de fois qu'il le faut, je citerai une seule phrase, prise à d' Aubigné (Tragr., 1. VII, p. 188, éd. Read : Quand vous auriez les vents collés soubs vos aisselles, Ou quand l'aube du jour vous presteroit ses aisles^ Les monts vous ouvriroient le plus profond rocher, Quand la nuict tascheroit en sa nuict vous cacher. Vous enceindre la mer, vous enlever la nue. Vous ne fuiriez de Dieu ni le doigt ni la veùe.