‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 38 sur 248 · Voir Conform., p. 127, 157, 159, etc · texte numérisé non relu

Voir Conform., p. 127, 157, 159, etc

4. Il ne faudrait pas croire toutefois que le fait d'avoir porté de ce côté son observation implique nécessairement chez un écrivain l'estime de notre idiome. Budé, dont nous venons de voir les sentiments, a fait maintes fois de Tétymolo^ie; Bovelles en a fait aussi, et il a écrit pour démontrer Tincurablc barbarie du français. Hotman semble également avoir été tout latin, quoiqu'il ait curieusement établi la part de Tallemand dans nos origines.

5. Gram., p. 2 : « Or et il qe notre lang* çt aojourdhuy si çnnçhie par la profession ç experiçnçe dç* langes Latin' ç Grçcqe, q'il n'çt poît d'art, ne siçn<:e si diffiçil ç subtile ne mçme cete tant haote theolojie (qoç q'çUe luy soçt defTçndùe, pourtant la peine de la coulpe d'aotruy) dot elle ne puysse trçtter amplement ç çlegammçnl. »

Ramus, chez Abel Mathieu. Ce dernier est un homme sans valeur, et qui eût pu s'appliquer sa propre phrase : « Nous parlons tous, mais tous ne sçauons pas bien de quoy nous parlons » ; mais ses protestations emphatiques méritent pourtant d'être retenues, comme témoignage des idées qui commençaient à dominer.

Parmi les étymologistes, je dois rappeler avant tous Fauchet, dont il a été question antérieurement, et Estienne Pasquier. Non seulement celui-ci a témoigné par ses Recherches de la France^ l'intérêt qu'il prenait à la langue à laquelle il a consacré son huitième livre, mais longtemps auparavant, il disputait à ce sujet avec Turnèbe, dans une lettre qui est tout un plaidoyer*. La fermeté qu'il y montre en refusant de croire « sa langue plus légère et plus faible que les anciennes, sinon de quelques grains », et de l'abandonner pour une si minime infériorité, le mettent en bon rang dans la liste de ses défenseurs.

1. Cest la 2« lettre du livre I, t. II, p. 3, des CEuvre$^ éd. d'Amsterdam, 1723.

Page 1