I/ordre est Tordre alphabétique des suffixes
2. Je trouve dans Montaigne (1. III, ch. 9, t. VI, p. 149), alongeail. Mais ces sortes de dérivations sont désormais bien rares.
3. Ce suffixe,, à cette époque s'ajoute surtout à des radicaux savants. Au reste, quoique Meijçret {Gram.. 31 v),juge les mots cnaison* véritablement de terminaison françoise », le suffixe savant ation prévaut déjà sur son concurrent.
4. Le suffixe savant ence fait de plus en plus obstacle au développement do celui-ci ; la masse des mots enance grelTés sur des thèmes populaires est antérieure.
DÉVI:L0PPKME>T DV fonds FRANgAIS 191
pilleresse, Rons., I, 109, Hl. ; prestesse, Brant., VIII, 70; — en eur : aspreur^ Philieul, Œiuv, vul(/, de Pétrarque, 179, 1535, G.; drogueur^ Rab., I, 89, J. ; mufjuetteur, Baïf, le Braue, III, 3, 1573, G. ; rempareur, Rab., III, 11, J. ; — en été: huileuseté, Du Perron, Prem, disc.^ 233; sereinité, Brant., VIII, 37; — en ze, erie : baguenaude rie, Calv., H. D. T. ; Jos. Scaliger, Let,, 86 ; bigoterie, Gring., I, 19; foresterie, Vauquel., II, 43, 1533; salauderie, Brant., VII, 317 ; sommellerie, Bouch., Ser,, I, 1, t. I, 10 * ; trichoterie, Mont., 1. I, eh. 14, t. I, p. 83, n. 3 ; escriuaillerie Id., III, 9, t. VI, p. 120 ; — en eron : laideron^ Mar., Ep., H. D. T.; cf. L. Labé^ Deb., Disc. 2, p. 22; — en été: braueté, S^-Gel., III, 199 ; — en eur : voleur, J, B, P., 36 *^; basseur, S'-Gel., II, 9; — en ier, iere : lanternier, Cord., Corr, serm, em,, 203 C. ; moutonnier, Rab., IV, 55, J. ;pastenostrier, Id., IV,2il, ib. ; aduocatierc, Id., VI, 14, ib, ; chascuniere, Id., II, 81, ib,; tapinaudiere, Id., V, 44, ib.^conil" lieres (chinoiseries), Mont., 1. III, ch. 10, t. VI, p. 241 ; — en ien : simplicien, Serm, cath, de \igor, 209; — en ille : poinctille, Brant., IV. 267 ; Mont., 1. II, 10, G. ; — en in : bouquin se déduit dun passage de Cordier, Corr, serm. em., 121 C. : sentit boquinum; mitouin, Rons., III, 364, Bl., Bel., La Reconn,, a. III, v, A, th. fr,, IV, 393 ; obseruantin, N. du Fail, I, 131 ; tintin ^, Lem. de B., III, 109 ; — en isson : eblouisson, Baïf, Am, 11, Nagel ; /ïewmson, Id., P., 38, ib. ; — enoire, oir : balançoire, Palsgrave, p. 282, H. D. T.; decrotoire, Rab., IV, 134, J. ; — en ure : enrichissure, Baïf, Am., 183, Nagel; pisseure, Paliss., 39 ;
B) ADJECTIFS : en ablc : attrayable, Baïf, Poés. ch,, 28, G.; déplorable '^^ Malh., Poés,, 29, H. D. T.; mourable^ Rons., V, 232, BI. ; — en al^ : geantal, Amyot, Diod., XI, 13, G.; nuital, Rons., II, 274, BI. ; — en ard, art: leschar, Rab., I, 182, J. ; playdoyart, Id., III, 196, ib,', — en asse : chaudasse, Brant., IX, 156; — en astre : sourdastre, Bouchet, Ser., XXI, 269, G. ; — en aut : sourdaut, R. Est., 1349, G. ; — en en, ien, ian, ean : Dodoneen, Rons., IV, 348, Bl. ; Asien, Id., II, 21, ib,; titanien, Mont., 1. I, ch. IV, t. I, p. 27 ; palladian, Mar., II, 139 ; hymenean, Brant., IX, 92; — en er, ier, ère, iere : bocager, Rons., IV, 337 Bl. ;
1. Dans Cyre Foucault des dérivés curieux, avec le sens péjoratif moderne : quelque fillerie, ou brief quelque aulre trapquerie de femmes {Ep. d'Arist., 120).
2. Cet exemple est curieux : plusieurs mauluais qarçons appelez voleurs.
3. Or fail il bruire en mainl lieu terrien Son linlinnable^ et mener grand tinlin.
4. Déplorer^ qui sert de thème est en réalité un mot savant, mais vieux dans la langue.
5. ^2 est un suffîxe ancien, mais phonétiquement irrégulier, la vraie forme est el.
ramager^ Id., I, li, ib.\ maillotinier ^ Rab., IV, 150, J. ; semencier, Baïf, Mimes, f° 3, 1381, G. \8erpenlier, Rons., II, 347, Bl. ; voyager, Am. Jam., 214; arondeliere, Id., 212; bletiere (Gères), Rons., I, 154, Bl. ; soupière (troupe), Noël du Fail, II, 81 ; — en eux ^ : affaireux, Mont., 1. I, eh. XIV, t. I, p. 85; arbreux, Rons., VI, 126, Bl. ; blasphemeuse, Mont.,1. 11, ch. 12, t. IV, 34, suite de la note 5 de p. 33 ; coquelineux, Des Pér., Devis, IV, 23, t. II; embuscheuxy Baïf, Am,, 1572, f* 28 v**, G.; fascheux, Marot, Epigr, 58, H. D. T.; fameux, Gh. Est., 1552, H. D. T.; frayeux, Forcad., Op,, p. 5, v. 19: funebreux, J. d'Aut., G.; LespL, Prompt., 50; gemmeux, Rons., Am., I, 107, Bl. ; precipiteux, Coll., 244, Mont. III, 5, t. VI, p. 15; tciineux, Rons., IV, 344, Bl. ; — en ien : bibliennc, Gring., I, 80 ; — en //; amorti f, S'-Gel., I, 96; pressif, Dolet, II Enf., p. 31 ; — en ile: brutile, Coll., 51; — en in ^ .• aimantin, Rons., Am., I, 14, Bl. ; ardoisin, N. du Fail, I, 186; estoillin, Tahur., II, 92, son. 78 ; geantin, Rons., V, 57, Bl.; laurierin, Baïf, Po. 41, Nagel; panrform, Bugn., Er.y 73; sandalin, Id., ib., 19; — en ii ; crespelu, Rab., IV, 221, J. ; fosselu (marqué de fossettes), Rons., I, 28, Bl. ; lippu, Rob. Est., 1539, H. D.T.;pommelu, Rons., I, 135, Bl^;
C) VERBES: en er : balliuerner, Noël du Fail, H. D. T.; Bel., La Beconn., a. II, iv, A. th. fr., IV, 371 ; bouleuarder, Briçonnet, Let. de 15^24, Herminj., C, I, 199; charruer, N. du Fail, II, 363; cherer (faire bonne chère), Mar,, III, 44: chifrer, Texte de 1515, H. D. T.'»; deluger, Seève, Del., I, p. 26; escarquiller, Palsgr., H. D. T., Cyre Fouc., Ep. d'Arist., 70 ; esclauer, N. du F., I, 235; 11,34; girouetter, Scève, Del., I, p. 5; gruer, \à.,ib., XCIX, p. 48; hailloner, Rivaud., 127; se harper, Baïf, II, 316, M.-L.; larronner, Rab., I, 80, J. ; montagner (lever ou s'élever en montagne), Rons., 1, 80, Bl.; outrancer, Marg. de Nav., Dern. po., 393; pesle-mesler, Cyre Fouc., Ep. d'Arist., 14; piailler, Id., ib., 80; se prélasser, Rab., II, 24, H. D. T.; prosaiquer,
1. Ce suffîxe a été très employé dans l'école de Ronsard, mais parce qu'il était partout ailleurs un des plus répandus : une seule phrase de Joubert le montrera : I)iver8e8 espèces de tei^çne : teigne bournaliere, figueuse, amedose, terlineuse, tupineuse, braneuse, et achoreuse^ Err. pop.^ p. 335.
2. Il faut ajouter que la Pléiade a fait revivre tous ceux de ces adjectifs en m qui étaient anciens dans la langue : argentin, iuoirin, marbrin, orin; tout ceci sans doute & rimilation de Lemaire de Belges et de l'école de Lyon, qui les afTectionnaient déjà. Cf. Meigret, Gram., 33 r".
3. Dans certains cas eux et us ont pu être confondus. V. à la Phonétique.
4. « Quid est ineptius, quid absurdius, sive barbare dicas chifrare : sive Gallice chifrer'^! Extirpôte igitur o pùeri non solum barbâricas ejus niodi naenias, et absui^ das voces, vorum ctiam Gallicas ». Cord,, Corr. serm. em., 304 C.
Coll., 219; rossignoler, Cyre Fouc, Ep, (TArist.^ 18; sourcer^ Rons., III, 260, Bl. ; taluer^ Rab., II, 84, J. ; tauerner^ G. Bouch., Ser,, I, 3, 1, 90 ; — en ailler : criailler, Rons., III, 72, Bl. (Le poète, dans une note, le disait vendômois) ; rimailler, Dict. des rimes, 1596 ; tirailler, Ib. : — en Hier : pétiller, Du Bel., IV, 45 v**, L. ; — en oyer .-poudroyer, Rons., Od,, III, iO, éd. 1584; rosoyer, Baïf, Mimes, II, f*» 107 y\ G.; vanoyer, Rons., I, 389, Bl. ; — en ir< : uboutir, Rob. Est., Dici. fr. L, 1539; asprir, A. Jam., II,' 215; corallir, E. Forcad.,p. 18, v. 28-39 ; /-mi/ir, Baïf, Poes. cA.,p. 1,G. ;
D) ADVERBES*. — Alterement, Pont, de T., Er., III, 32; artistement, Casteinau, Mem,, 169, H. D. T. ; celestement, Bugn., Er,, XII, i& ; desgoutemcnt, Scève, Del,, CCXXI: feinctiuement, Bugn., Er,, LX, 47; inaduertemmenl, Mont.,«I. III, ch. 5, t. VI, p. 6; reposamment. Du Perr., /" dise., 2\ ; respondammenl, Id., ih,, 68 ; tacitement, Pont de T., Er,, II, 27 ; tenacement, Bugn., Er., 34 3.
E) SUBSTANTIFS, ADJECTIFS. VERBES DIMINUTIFS. — Le XVI* siècle n a inventé ni Tusage, ni même Tabus des termes diminutifs ; toutefois certains poètes, comme il a été dit ailleurs, se sont laissés aller à de ridicules excès. L'exemple de Lemaiçe de Belges les avait encore une fois mal servis. Les théoriciens de la langue, loin de les retenir sur cette pente, ont donné sans observations la théorie de la formation de ces sortes de mots. Dubois avait commencé, Meigret (Gram,, p. 29 r®), puis ses imitateurs suivirent, et Henri Estienne renchérit encore. Convaincu, lui aussi, que les diminutifs tiennent le premier lieu en mignardises ^, il s'efforça de prouver que nous « y pouuions faire tout ce que nous voulions, adioustans souuent diminution sur diminution ». Les brebis camusettes, les arondelettes, les ruisselets argentelets, ce qui est gracieux ou ce qui est mièvre, il cite tout pêle-mêle, si bien qu'il me suffira, sans donner d'exemples, de renvoyer à son plaidoyer. Au reste, il n'est que d'ouvrir Baïf ou Belleau pour trouver h satiété de ces « faultettes mignardelettes ^ ».
1. Il y a un certain nombre de verbes en tr nouveaux au xvi* siècle, mais presque tous sont des composes, comme aboutir^ ainsi : apoUronnir, ensaUudir^ Brant., IX, 420 (Voir plus loin).
2. Voir les listes très complètes de Vaganay ; Deux mille adverbes en ment {Rev, des El. Rab., 190i-5).
3. Les adverbes servent déjà chez les précieux du xvi" siècle à des expressions curieuses : ceste vie heureusement maudicle Del.^ 69). Sa gueule estait de sang ha uement altérée i Am. Jam., II, 173) ; .Se» cheueux Sont plus iaunement blonds que bassinets dorez iPass., I, 26». Nous verrons ailleurs que Ronsard à l'adverbe substitue souvent l'adjectif.
i. Voir Precellence, éd. Hu^uot, p. 96; Pillot les trouve très élégants (13 v*>). J. Ronsard lui-même en a abusé îll, 271):
Vne auetle sommeillant
Dans le fond dvnc fleurette
Luy piqua la main tendrettc...
HUtoire de la langue française, II. 13
Les plus nombreux sont en et, et le, elet, elette : amette. Mont.. 1. III, ch. 10, t. VI, p. 246 ; amouret, Jod., Eug.. a. 1, ^. th, fr., IV, 21 ; attifot. Bel., La Reconn., a. 1, yl. th, fr,, IV, 346 : /au/tette, Des Per., Deuis, XLIV, t. II, p. 182; ourselet, Rons., IV. 113, Bl. ; vifjnolette, Mar., II, 191.
Mais on en forme aussi en eaa, elle : cappilay neau , Brant., IV. 32i; enfanleau, Mar., Il, 74; fririffuereaulx, Gnng., I, 97; trapelle, Mont., 1. II, ch. 12, t. IV, p. 58, n. 4 ; — en on : beslion, Phil. de rOrme. H. D. T.; N. du F., II, 100; maudillon, Am. Jam., II, 166; — en ot : chasserot, Rons,, II, 388, Bl.
Les verbes sont la plupart en oter : boursicoter, N. du Fail, Eufr.. H. D. T. ; Houapirotcr, Baïf, .4m., 68 ; suçoter, Rons., 198, L.
3" Composition par particules. — Avec a : samastiner, Cyre Fouc, Ep,d'Arist., 136; ameuter, A. Jam., II, 167 ; aparessir. Du Bel., Mem,, 1. VII, f« 234 r«, G. ; apollronnir. Mont., III, 13, H. D. T. ; — avec arrière : arriere-main, Thierry, DicL fr. lai.. 1564, H. D. T.: arriere-neueu. Mont., I, 19, H. D. T. ; — avec auanl: auant-chien, Çons., I, 70, Bl. ; auant-fany, Tahur , II, p. 6, son. 22, Bl. : auant-ieu, Rons., II, 127, Bl. ; avec bien: bien-chery. Rons., VI, 135, Bl. ; bien-gernieux, Id., V, 231, ih.; bienséance. Rob. Est., 1539, H. D. T. ; — avec con : comparoistre, Id., ib, : — avec contre^ : contraccorder. Du Bel., II, 10, Nagel : conlr huilier, Tahur., II, p. 7, son. 3: conlre-respondre , Rons., III, 299. Bl. ; — avec de, des : décomposer, Calv., Inst. chr., 213, L.: des gousler, Rob. Est., 1539, H. D. T. ; deselaUer, Jod., Eug,, A. Ih. fr,, IV, 47 ; desordre, R. Est., 1 539, H. D. T. ; deparesser, Rons., VI, 48, Bl. ; rfe/>ro/?or/£o/i, Du Vair, 388,31 : rfere^er, Rons., 1, 123, Bl: — avec e, es : ébranler, Rob. Est., 1539, H. D. T.; euentail, Amyot. AnL, 31, ib,\ — avec (?/i ; emparfumer, Rons., I, 61, Bl. : embabiller, N. du P'ail, II, 36; encauer, Rons., I, 206, Bl. ; enreter, Id., .4m., I, 82, ib, ; — avec entre : s entrentendre. Mont., Ess,, 1. II, ch. 12, G. ; entrecourager, Vigen., Corn, de César, 214, éd. 1576, G.: entregloser. Mont., 1. III, ch. 13, t. VII, p. 9; entremonde, Pass., I, 112; entreprisonnement , J, B, P,, 88'-; entreuoir, Marg. de Val., Heptam,, 76, H. D. T.; — avec mal : malrassis, Rons., VI, 170, Bl. ; — avec non : non-dit, Id., V, 240, ib,: nonsont (eunuque , N. du F., Eutr,, G. "^ ; — avec re : reblesser.
1. Cette particule est, avec entre^ une de» plus employées au xvi' siècle.