‹ Histoire de la langue françaiseChapitre 96 sur 248 · langue de la Pléiade, p. ns · texte numérisé non relu

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Bellay d'abord, Jodelle ensuite (en 1352) ont raillé les termes alors nouveaux de brauade, soldat, cargue, camisade.

Dans Técole adverse, on n'était pas moins sévère. Le Quintii n'aimait guère « la singerie delà singerie italiane », et avant même d'aborder le premier chapitre du premier livre de la Deffencc, il a trouvé occasion d'attaquer les corruptions italiques ^, et de marquer tout net son sentiment. Peletier du Mans, à propos de tout autre chose, se prononce à son tour contre les mendiants du bien des autres, qui font paraître la langue souffreteuse, en prétendant la revêtir toujours des plumes d'autrui -, Grévin, dans sa comédie des Esbahis, composée sur l'ordre de Henri II, mais qui ne fut jouée que le 16 février 1360, inséra une satire mordante d'un bravache italien : et si le valet qui le nargue y raille son allure de capitan, il ne s'y moque pas moins de son baragouin, qu'il contrefait -^

Quelques années après, en 1363, la vraie bataille s'annonçait dans la préface de la Conformité du langage fruncois nuec le grec de Henri Estienne '». Ce livre paraît destiné par son titre, et il est en effet consacré, à démontrer tout autre chose que la possibilité pour le français de se passer d'emprunts italiens. Toutefois la conclusion dernière qu 'Estienne tirait de la parenté de notre idiome et du grec aboutissait encore à la condamnation de la langue rivale. Car son raisonnement complet était le suivant : Le français est la langue la plus voisine du grec ; or le grec est la reine de toutes les langues : donc la française est la seconde. Si le syllogisme n'est pas posé ici en bonne et due forme, il le sera ailleurs. Estienne établira qu'il se déduit invinciblement de la majeure une fois démontrée ^.

Au reste, s'il ne tire pas de l'ensemble de son livre des conclusions immédiates sur la hiérarchie des langues, il nous expose nettement ce qu'il pense, dès ce moment, des « mauuaismesnagers, qui, pour auoir plustost faict, empruntent de leurs voisins ce qu'ils

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