‹ Histoire de la langue musicale (volume 2)Chapitre 16 sur 39 · HARMONIE » HELLÉNIQUE · texte numérisé non relu

HARMONIE » HELLÉNIQUE

L Harmonie f= le Mode]. — Une liarinonie est, dan* la langue des Athéniens, une échelle mélodique spécifiée par la place qu'occupent les intervalles caractéristiques, dans chacun de ses tétracordes. En Diatonique, l'intervalle caractéristique de chaque tétracorde est le demiton. Lorsqu'il est situé au grave, il détermine le mode national par excellence, le mode dorien, l'Harmonie DoHisTi, dont la formule iigurative est communément l'octave décrite {74). Mais l'octave n'est point la capacité moyenne, limitative du mode, et ici le lecteur doit renoncer à nos hahitudes modernes pour s adapter à celles des Anciens.

L'octave dorienne était simplement considérée comme la partie centrale du diagramme sonore, lequel s'appliquait en principe au registre général des voix masculines. On les situait, chez les Grecs, à peu près comme il suit, les dimensions exactes des divers registres dans l'art vocal des Anciens étant mal connues :

De ce diagramme le son-milieu est :

g., o ■= — mi 1^^ — au diapason Fig. 80. 7" = -2J^— moderne

Ce 8on-milieu s'appelait a la Mèse », comme de juste. On peut constater que, sur la précédente fifçure, tout ae passe comme si le diapason antique était d'un ton et demi [= tierce mineure] plus grave que le nôtre, EneiTet, le centre moyen des voix masculines est /rt, il, environ *.

Nomenclature des sons. — Dans les exemples qui suivent, et pour simplifier la lecture, tous les sons seront transposés d'une octave à l'aigu. (On a jugé inutile de substituer une clef de ténor à la clef de sol normale.] L'échelle totale des voix d'hommes [a dans la figure (79)] divisée en tétracordes doriens, c'est-à-dire ayant le demi-ton au grave, sera représentée par :

Fig. 81

De ces tétracordes, 1 et 11, 111 et IV sont conjoints, en ce sens qu'ils ont un son commun; 11 et III sont disjoints, c'est-à-dire séparés par un ton. De plus I n'est que la réplique de 111 au grave, et IV la réplique de II à l'aigu. Le centre d'un pareil système tétracordal est évidemment la disjonction ou ton disjonctif si-la. Pour que le la devienne la corde centrale ou Mèse, il faut que l'on ajoute au grave sa réplique à l'octave, pendant symétrique du la aigu par rapport au la central :

De la sorte, le /a du milieu est bien la Mèse du système. Mais dans le la grave les Anciens ne voient qu'une note « ajoutée ». Le terme qu'ils emploient pour la désigner le dit expressément : proslambanomène . Il est, en con-

^ Cette anomalie, à laquelle des explications nouvelles sont proposées par Riemann et F. Greif, est maintenue ici, pour des raisons exposées ailleurs [Encyclopédie de la Musique. I. Grèce (Delagrave)].

L' « HARMONIE « HELLÉMQUE

séquence, nécessaire d'interpréter le cadre de leur système sonore, non comme une double octave, mais comme Tétagement de quatre tétracordes ayant cliacun sa fonc-

Flg.«3. l ''\s^^^

tion dans l'ensemble. La terminologie qu'on leur appliquait précise leur rôle et leur place : c'est de bas en haut :

tétracorde de* Graves [G],

MojtfMêê^ [M],

Fig. 84.

Dit jointe» [D].

[Sur]aiguiê [S],

Cet ensemble tétracordal constituait le Grand Système

Page 1