‹ Histoire de la langue musicale (volume 2)Chapitre 31 sur 39 · LA TERNARITÉ. LA NOTATION MENSURALISTE OU PROPORTIONNELLE · texte numérisé non relu

LA TERNARITÉ. LA NOTATION MENSURALISTE OU PROPORTIONNELLE

L'examen de la séinéiograpliie, en ce qui concerne la période de transition [Moyen Age II : xiii*, xiv*, xv siccleftj, se rattache principalement à la rythmique : les signes musicaux, en efTet, deviennent, à la fin du xii* siècle, représentatifs des durées, et de certaines durées à l'exclusion de toutes autres.

La manière rythmique que le précédent chapitre a fait partiellement connaître et qui est le triomphe de Trois, est une science des durées restreinte, mais spontanée, que Ton s'ingénie à sanctionner après coup par des raisons dogmatiques : la Trinité étant la pure et vraie et seule Perfection, le rythme ternaire est le rythme par excellence, on peut dire par essence. Il va de soi que si les théoriciens ont disserté sur la dignité de Trois, ce n'est pas eux qui ont créé la fortune de ce Nombre. Depuis longtemps Aristote l'avait dit : de tous les mètres l'iambe est celui qui, dans le discours journalier, frappe le plus souvent notre oreille ; et il avait appelé le trochée « coureur et danseur ». Le langage usuel et la danse populaire passaient donc dès l'Antiquité, pour les créateurs de la ternarité. Or la rythmique du iMoyen Age est issue du langage et de la danse du peuple. Elle est instinctive.

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