‹ Histoire de la langue musicale (volume 2)Chapitre 33 sur 39 · LA NOTATION ET LA RYTHMIQUE · texte numérisé non relu

LA NOTATION ET LA RYTHMIQUE

que le texte verbal n'était pas syliabique, dans une pièce rythmée « modaleinent », par exemple.

Ces ligatures, dites « avec propriété, sans propriété, avec propriété opposée; parfaites, imparfaites m, etc., seront mentionnées, sans plus. De même on épargne au lecteur les « pliques », sortes d'appoggiatures applicables aux trois types de signes énumérés et qui les enveloppent de fioritures. Une telle séméiographie n'est pas un système simple. Mise au point par Francon, elle se présente comme un ensemble de conventions habilement coordonnées, mais nombreuses à l'excès. Le seul chapitre des ligatures a de quoi faire reculer les plus intrépides admirateurs de l'art « mensuraliste.

Du jour où les musiciens se risquèrent à construire des pièces polyphones, dans lesquelles chaque partie vocale ou instrumentale prenait son indépendance, ils eurent besoin d'une notation qui permît l'étagement et la concordance des durées. La ternarité régnant alors sans partage, il fallut que la représentation essentielle de ses dogmes fût réalisée par l'écriture. Ce fut l'œuvre de ces Mensuralistes, qui sont les auxiliaires des polyphonistes.

Les « modes rythmiques » n'interviendront plus dorénavant que comme des comparses, bons pour étiqueter certaines formes. La polyphonie met fin à leur règne occulte, puisqu'elle rend nécessaire une notation représentative des durées. Leur influence va s'exercer encore, par tradition. On retrouve dans les Motets à plusieurs voix les formules modales (3o2), devenues apparentes dans les signes eux-mêmes. Mais la facilité que vont avoir les musiciens de fixer graphiquement les durées leur permettra d'échapper aux formules toutes faites, et d'en élargir les cadres.

Aussi convient-il de compléter le tableau (3o2) par la

figuration du V* et du VI' Mode», bien que ce» deux-ci n'aient guère le droit de revendiquer une perMonnalité autonome (^^)'j) (358).

IjC V* n'cHt en effet qu'une série «le tenues valant 3 unités, et il est comme la rapacité du T'ou du II* mode, ou la moitié de la capacité du III* ou du IV'. Il est représenté par une série de noires pointées, qui valent suit des trochées, soit des iambes :

FJf. 35:.

Il appartient généralemcntau Ténor, cette partie vocale ou instrumentale qui sert de base et ordinairement de basse à l'édifice polyphonique, au xiiT et au xiv' siècles.

Au contraire le VI' mode est le monnayage des autres, puisqu'il est constitué par une série de croches ou de doubles croches :

Fig. 358. VI

C'est ainsi qu'on trouve superposés, en quelques pièces en trios, le Motet en I'' mode et le Triple en VI* à un Ténor en V :

Fig. 359. U • ^ • V f > * J r~ - MOTET

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Combinaisons plus simples : le Motet et le Triple sont de même espèce; le Ténor est encore un passe-partout rythmique :

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Fig. 36o. <^ ■ ■ V" " ^ — ^77 r^f r~ — MOTET

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Et il organise ses durées en dipodies. qui concordent avec les parties supérieures.

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