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LES FORMES DANS LES MOTETS

L'épode (385, B) tire aussi ses éléments du thème A, mais la modification rythmique est si profonde qu'on peut considérer les dix-sept dernières Longues [B] comme une période distincte : c'est une de ces transformations dont sont friands les musiciens de 1 époque. J^e changement de rythme crée presque un thème nouveau.

Les formes symétriques sont alors rares. La symétrie implique une partie mésodique, avant et après laquelle les mômes périodes se font équilibre. L'exemple qui suit est singulier : la niésode absorbe tout. Elle se fait par la quintuple répétition de A. Avant et après, un membre musical très court, m, forme l'encadrement de ce motet à VI voix. [Canon à VI, par l'anonyme de Heading, ms. du British Muséum. Goussemaker, Art harmonique] :

Fig. 386.

Une certaine recherche de la symétrie apparaît au Ténor du manuscrit de Montpellier, fol. 87 [Goussemaker, v], où les périodes, de longueur variable, se succèdent comme il suit, représentées par les minuscules :

abcdefgh -}- l'y* -\- a b € g h f

mésode

Le pendant de droite a éliminé deux périodes et troublé Tordre des trois dernières. Mais la tendance à l'équilibre est visible. Il est même permis de dire que cet à-peuprès est heureux et engendre une symétrie plus attrayante que si elle était rigoureuse : lorsque c revient après la mésode, il est amputé de ses deux derniers éléments ; h s'allonge initialement; f par la fin. De sorte que ces petites périodes composantes ne s'astreignent point à « marcher » dans un ordre implacable ni dans

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une altitude figée. ëUck se bousculent dan» Ich rang», taiil soit peu, ce qui n'ùte rien, au contraire, à Tintérèt du défilé.

Ces^tentatives sont rares. Les motels polypliones, jusqu'à présent connus, se rattachent à la construction par répétition, avec revêtement « varié ». Il semble que l'unité étroite de la composition soit Tobjet de rcssentielle préoccupation des auteurs.

Quelques pièces paraissent contrevenir à ce besoin : entre autres un motet à Ténors ou à thèmes multiples, juxtaposés [Goussemaker, Art harmonique^ xxxvi], où de» refrains populaires servent de substructions, toujours renouvelées, à l'édifice polyphone. Les rappels mélodiques qui semblent apparenter les refrains appariés ci-dessous sont fortuits et ne témoignent d'aucune attention spéciale dans ce plan, tout a successif » :

Cis à qui je suis amie \ / Ele m'a navré la bcle,

Est cointe et gai. f \ Ele m'a narre,

Por s'amour serai jolie, i à D'un chapiau de violetc

Tant com vivrai. j \ Qu'ele m'a donné.

Diex ! que ferai du mal d'amer | et ) Diex se j'ai le caer joli,

Dans la majorité des cas, le souci de la forme hante les compositeurs de ces revèches déchanls. Les pendants, même éloignés, sont recherchés par eux ; les motifs isolés demeurent rares. Les a paires » de membres, de périodes ou de strophes sont en faveur ; soit que les deux termes de la paire se trouvent juxtaposés, soit que des éléments étrangers les séparent. Ce qu'on a entendu une fois, on l'entendra une fois encore au moins, et si ce n'est sous une forme identique, ce sera à titre de variante reconnaissable. Principe fécond, toujours vivace parmi nous, et dont il est juste de reconnaître l'efficace dans ces ébauches de l'Art Moderne.

Enfin on peut relever que dès le xiii* siècle, alors que

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