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LES FORMES DANS LES MOTETS J

la ternarité semble, dogmatiquement, imposer au rythme son autorité absolue, «Deux» s'insinue en de nombreuses pièces polyphones, par le groupement de leurs mesures en membres « carrés », construits sur 4 et ses multiples; 4 étant souvent divisé en 2 -f- 2. On sait que la formule arithmétique de la a carrure » musicale peut être figurée par la progression 2, 4» 8, 16, Sa, 64... Bien des motets, au xiii* siècle, réalisent déjà cette mathématique ; fait nouveau, inquiétant, puisqu'il s'agit non pas d'airs dansés populaires, où la carrure est inévitable, éternellement, mais d'œuvres plus affinées, où il serait désirable qu'on n'abusât point déjà de son banal mécanisme.

Pour compléter cette esquisse sommaire des procédés de la construction musicale au xiii" siècle, on peut examiner quelques strophes du trouvère Adam de la Halle [f I 287]. Son Jeu de Robin et Marion qui a reparu sur la scène après six cents ans d'oubli, le 21 juin 1896, à Arras, par les soins de MM. Tiersot et Blémont, et s'y est montré plein d'une fraîcheur sans fard, est une opérette où la versification déclamée, en octosyllabes, est coupée de monodies qui sont pour la plupart des chansons du peuple. Le plan strophique de la première est assez remarquable :

Robins m'aime, Rob'uis m'a ; a )

Bobins m'a demandée, si m'ara. b )

Robins m'acata eotèle a

Fig. 388. D'escarlate bone et bêle, a

Souskauie et cbainturèle, \

A leur i va ! )

Robins m'aime, Robins m'a ; a )

Robins m'a demandée, si m'ara. b )

Le refrain qui encadre la strophe lui fournit tous ses éléments mélodiques : il n'y a que deux périodes musicales, a et ^, pour six vers distincts.

* V. Tiersot. Histoire de la chanson populaire, p. 190 et suiv.

3ao MO^i,.> A'.i. ii

Le.Cli.'iril (les (Ju'valierH hc conijîosc de troiH {H'nodc.s musicales do deux iiicruhrch ; la dernière est une variante de la seconde; un léger raccourcisHemcnt ne produit lorsque la terminaison est a masculine », dans le membre correspondant :

Hui main jon chevauchoia a

Lés l'orière d'un bois ; 6

Fig. 389. Trouvai gentil hregièn-, a )

Tant bèlp no vis roys. 6 )

Hé ! trairi, deluriau, dcluriau, deluriele, a' i

Trairi, dcluriau, deluriaa, delorot. k' )

Les deux strophes naïves, charmantes, de Marion et de Robin a Hé! Hobechon... », a lié! Marion... » sont construites sur trois membres inégaux a, 6, c ainsi disposés :

[a + fc] Fig. 390. [a 4- b]

Mêmes inégalités entre les membres, alternances plus compliquées, dans un petit Air de Robin :

Oïl et vous serez ma miète ;

Vous avérez ma chaiaturete

M'ausmonière et mon frcmalet.

Fig. 391.

Bergeronète

Douche baissolète

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