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LES HARMONIES BARBARES

L'Harmonie Dorienne, la Doristi, le Mode Dorien, — toutes expressions équivalentes, — servait de base à I éducation musicale chez les Grecs. Formule nationale, expression de Fart indigène, elle était le fondement même de cet art. La théorie des Sons, des Inten>alles, de VHarmonie, des Nuances, des Tons sappliquait essentiellement à la Doristi. La notation fut créée pour elle.

A côté d'elle cependant coexistèrent d'autres Harmonies, venues de FArchipel ou de TAsie Mineure, et dont Torigine, pour quelques-unes, doit être cherchée plus loin, vers TOrient. Ce serait une erreur de croire à une simple juxtaposition d'éléments exotiques qui seraient venus voisiner, en bonne intelligence, avec Fart de la Grèce propre. Celui-ci, en tout ordre de choses, fut un actif et merveilleux accapareur. Il transforma, à son usage, les apports extérieurs ; si bien qu'il nous est impossible de retrouver, sous la livrée des harmonies « barbares » telles que la Phrygisti ou la Lydisti, ou des harmonies gréco-asiates, l'Eolisti, l'Ionisti, la forme originelle de ces musiques nées au loin. Le tableau des Harmonies, quel que soit le mode de groupement qu'on adopte, est manifestement hellénisé du haut en

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bas. Les Grecs du continent ont ramené à Tunité, qui est la noble Doristi, tous les éléments empruntés à TAsie ; pour ce faire, ils les ont châtrés, sans doute, et leur ont fait perdre la saveur du terroir. Il semble qu'au temps de Platon l'assimilation n'était pas encore complète; l'inventaire modal ci-dessous ne correspond guère qu'à la fusion réalisée, vers la fin du iv^ siècle avant notre ère, entre les harmonies doriennes et les autres. Au v' siècle, l'auteur du Banquet s'insurge si furieusement contre l'Iasti, la Phrygisti, la Lydisti, qu'il est difficile de les croire d'ores et déjà réduites aux formes que nous leur connaissons. Laloy l'a observé.

La classification présentée ici est suggérée par une phrase d'Aristote, dont il est possible, grâce à Gevaert, de pénétrer le sens :

« Il y a deux types principaux de constitution, Démocratie et Oligarchie, de même qu'on distingue deux vents principaux. Nord et Sud, et que certains réduisent à deux le nombre des Harmonies : la Doristi et la Phrygisti. » [Politique IV, 3.]

Cette réduction va être tentée.

A. Groupe dorien. — Le Système Parfait ayant pour centre l'octave dorienne mi-Mi et pour Corps de THarmonie les sons fixes figurés par des rondes, va fournir, sur ces sons fixes, trois octaves différentes : la-La, mi-Mi, si-Si ^ qui sont, chacune, représentatives d'une Harmonie :

Fig. ii5.

Est déjà connue l'octave mi-Mi, expression abréviative de la Doristi ; et l'on a signalé les deux formes que prend cette octave par suite de la mobilité de sa fonda-

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