LES HARMONIES BARBARES
mentale. Or les ouvrages théoriques et les monuments concordent pour établir un lien des plus étroits entre chacune des deux Doristi et Tune des deux autres octaves, la-La et mi-Mi, figurées ci-dessus (ii5).
Le Doristi \[mi-si-Mi\di pour quinte modale Mi-si[^6) ; le mode représenté par l'octave si-Si installe sa quinte à la même place.
La Doristi II [mi-la-Mi] a pour quinte modale Za-mt (90) ; le mode représenté par l'octave la-La, également. On peut écrire :
Cela fait la preuve que la Doristi, par sa double forme, est apparentée aux deux Harmonies situées à une quarte de distance, au grave et à l'aigu. Par condensation de la figure précédente, celle-ci réunira tout le groupe :
Mais il est bon de dissocier les deux paires modales pour les étiqueter plus clairement :
Fondamentale
La tierce a été incluse, afin de spécifier, en langage moderne, l'Accord Parfait Mineur impliqué par la quinte modale. La conclusion mélodique ordinaire, la « finale », se fait sur le son grave de chaque octave. Le tableau
des Finales, montrant aussi les séries diatoniques au complet, sera par conséquent :
Groupe dorie?( '
¥ig. 119.
Ces échelles conjuguées, toutes appuyées sur les sons stables du Système Parfait, et qui s'organisent autour de la Doristi, constituent le groupe dorien. 11 fournit la première des deux grandes divisions « harmoniques » indiquées par Aristote.
Le lecteur objectera peut-être qu'une harmonie éolienne [Eolisti], et une harmonie « mêlée de lydien » [Mixolydisti] ne paraissent guère aptes, si l'on en croit leurs noms, à entrer dans la famille dorienne. Mais, sans compter que les Eoliens sont des Grecs continentaux, chassés d'Europe par l'invasion des Doriens, on peut constater que ces Harmonies étrangères, — les Grecs disaient barbares, — se sont strictement assorties à l'Harmonie nationale hellénique : la preuve en est dans la symétrie des tableaux qui précèdent : des modes venus de Lesbos et de l'Asie Mineure, il ne reste plus ici qu'une adaptation. L'harmonie Eolisti s'appela bientôt Hypodoristi, ce qui veut dire « mode teinté de dorien ». Quant à la Mixolydisti, dont l'étiquette survécut^ elle est consi-