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3a4 MOYEN AGE
La semi-minime elle-même va se subdiviser par la « fusa », et la fusa par la a semi-fusa » :
«•= Fusa.
• = Semi-Fusa. ♦
Fig. 396.
Telle est la doctrine des Anonymes XI et XII de Coussemaker. Ce tableau binaire n'exclut pas la Perfection, c'est-à-dire la ternarité. Celle-ci était annoncée par des signes spéciaux, et les théologiens s'en mêlèrent. Pour eux la figure géométrique par excellence, la plus belle, était le cercle, dont tous les points sont également distants du centre. Les musiciens le conservèrent comme emblème de la Perfection, et symbole de la Trinité.
L'unité de temps reste théoriquement la Brève. Le temps est « parfait » lorsqu'elle reçoit la division ternaire; cela s'indique par un cercle complet (397, a). Le temps est « imparfait » lorsque la Brève reçoit la division binaire; dans ce cas, le cercle avertisseur est brisé [b).
Si la semibrève, division du temps, — au xvi' siècle, on dira indifféremment brèçfe ou teinps^ — reçoit la division ternaire, ce qui sera la « prolation parfaite », on marquera d'un point le centre du cercle (c). Le temps imparfait avec prolation parfaite sera annoncé par un demicercle avec point (d) :
Fig. 397. (aj-Q- [\] — t— (0 — <g>— (d)z=Ç:
Les cercles sans point central {a) {b) impliquent la « prolation imparfaite ». On aura donc :
Prolation imparfaite Temps parfait.
Prolation imparfaite Temps imparfait.
LE RYTHME DANS L'ARS NOVA 3a5
Pi'olation parfaite ^ à — ^ — g j — à ^ i^» p. —
Temns narfait. c i:J — ^ — £ — ^ =
Temps parfait.
Prolation parfaite , ^ ^^~^-^ ^~y~^ Temps imparfait. « ^ ~ ^ ^-
Fig. 398.
La divisibilité des durées progresse rapidement. Il n'y a plus d'unité-limite, dans le sens de la petitesse. Chacune des valeurs précédentes peut être abaissée d'un degré, c'est-à-dire diminuée de moitié. La diminution s'indique par un trait perpendiculaire à la portée et passant par le centre du cercle.
Ainsi, par diminution, les précédentes figures ne vaudront plus que :
Prolation imparfaite „, ^ i.i LA Ll ( ^ etc)
Temps parfait. I t
Prolation imparfaite ., ~~i~ Temps imparfait. ~^f~
Prolation parfaite Temps parfait.
Prolation parfaite 11 Temps imparfait.
Fig. 399
L'unité de temps est par là transformée en semi-brève. Et ce dernier tableau fournit le prototj'^pe de nos actuelles valeurs. La portée c', par exemple, est pour nous :
JJ J j
Fig. 400.
tandis que b' devient :
Fig. 401.
Ici même le signe indicateur de la mesure s'est conservé. Mais ce signe n'est pas la lettre C ; c'est un demicercle barré. Il serait bon d'y renoncer dans notre écriture, puisqu'elle a rejeté le cercle de Perfection.
Telle est la genèse de la mesure moderne, issue de la décomposition de la Brève, ou, par diminution, de la Semibrève médiévales ; cette décomposition se fait par 3 ou par 2. Toutes les variétés de mesures, issues de ces prototypes [a, Z>, c, d\ sont ternaires ou binaires, et ne sont que cela : divisibilité par 2 et par 3, c'est là tout le formulaire de la Notation Proportionnelle ^
Si nos solfèges ne trouvent rien de plus à dire au sujet des mesures, à savoir que : les unes sont simples et les autres composées^ c'est qu'ils reprennent, en un langage moins théologique, mais qui n'est ni plus clair ni plus riche, la distinction des prolations imparfaites et parfaites. La rythmique de nos théoriciens est celle du xv' siècle. Et les maîtres de l'art ont dû, en dépit de la pauvreté des matériaux qui leur étaient offerts, édifier leurs ouvrages d'après les exigences de Perfection et d'Imperfection. Leur génie les a souvent poussés hors de l'ornière ; mais la sainte routine les y a ramenés quelquefois. Au xvii^ siècle, des causes nouvelles figeront les périodes dans des moules uniformes ; les mesures s'enrégimenteront. Elles n'auront guère le droit de s'avancer autrement que par rangs de 4 et de 8. Et ce bataillon carré, — si résistant qu'aujourd'hui môme il est la seule tactique acceptée du public moyen, — exercera de terribles ravages dans le domaine de la liberté rythmique.
On a vu déjà la carrure s'installer dans quelques motets du xiii' siècle. Elle y est introduite soit par l'influence de la versification syllabique, à certaines formes de laquelle
* Même lorsqu'elle prétend fixer des rapports sesquialtères, sesquitierces, etc. II n'y a là qu'une apparence.