‹ Histoire de la langue musicale (volume 3)Chapitre 37 sur 38 · LE RYTHME DANS LARS NOVA · texte numérisé non relu

LE RYTHME DANS LARS NOVA

elle s'adapte exactement, soit par lorchestique populaire : celle-ci, dans ses airs de marche et de danse frustes, pour les raisons déjà dites, la pratique invariablement. Mais Tépoque n est pas encore venue où la carrure est maîtresse souveraine. Elle est absente des chansons du xv' siècle qui vont être citées.

Elles sont tirées du manuscrit français 12744 [Bibliothèque Nationale]. Les transcriptions diffèrent par endroits de celles que Gevaert en a données, en collaboration avec G. Paris.

La chanson (402) affronte Tiambe et le trochée. Le mode * est la [éolisti = hypodoristij dont il faut saisir, au passage, la survivance. La pièce est à trois temps. La clef est de sol seconde ligne.

Mode de la

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doubi'

le — rez as— Fig. 402.

Rythmiquement les mesures s'associent par trois [a tre battute] et cette périodicité est régulière d'un bout à l'autre de la strophe.

Le mélange de deux types rythmiques formellement séparés au xiii' siècle [types I et II du tableau (3o2)], est d'un heureux effet. Cette juxtaposition de l'iambe et du trochée dans une même mesure — les Anciens auraient dit dans un même « mètre », et les grammairiens ont appelé choriambes et antispastes ces combinaisons des

1 La pièce est notée en sol sur le manuscrit, avec un seul [^.

3a8 MOYEN AGE II

durées, — deviendra assez fréquente au xvi* siècle. Dans la musique « mesurée à Tantique », du xvi* siècle, les choriambes [trochée -j- iambe] et les antispastes [iambe + trochée] seront monnaie courante. Mais cette recherche d'élégance rythmique survivra à la tentative des métriciens-musiciens de la Renaissance. LuUi et Rameau en useront ; et c'est au xv* siècle, en France, qu'il faut observer l'origine de ces jolies recherches. Expert a signalé que les œuvres françaises du xvi* — et aussi du xvii^ siècles — sont rythmiquement caractérisées par l'emploi, toujours habile, de ces types métriques.

La pièce ternaire qui précède est dans le recueil une exception. Sur i43 chansons, une dizaine à peine sont enrôlées sous la bannière de Perfection. Toutes les autres se satisfont d'être binaires, donc « imparfaites » : la revanche de Deux sur Trois. Le plan de la strophe A est de la forme a ah h.

La chanson (4o3) offre, semble-t-il, en b' ^ un mélange de Trois et de Deux, ce qui, dans le chant populaire n'est pas rare. Elle est en mode de ré, avec sensible à la cadence.

Mode de ké

Tan dis que je rais Ij le - ion -

Fig. 4o3.

* Eet-ce par erreur que le copiste a ajouté la 5® mesure de a ? — Il m'a semblé nécessaire d'introduire une mesure ternaire au vers h' : sur le mot « vin » du vers b le manuscrit installe une brève pointée [là], qui disloque les périodes et appelle une rectiûcation. J'ai adopté la conjecture la plus plausible, à mon sens.

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