L. au XVI® siècle
LONGUE [Note]. — Valeur maxima de la notation mensuraliste ou proportionnelle , valant au xiii® siècle : 3 brèves, 295 ; au xiv® siècle : 2 ou 3 brèves, 322 ; elle est parfaite quand elle vaut 3 brèves, et imparfaite quand elle n'en vaut que 2, 295. L. au xve siècle, 323 : elle vaut [en valeurs imparfaites ou binaires] 2 Brèves, 4 Semi-Brèves, 8 Minimes, 16 Serai -Minimes, 32 Fusa, 64 Semi-Fusa, (395).
LONGUE [Syllabe]. — Syllabe de durée double, comparativement à la syllabe brève. [Voy. Brève]. La L. est représentée, dans les traités de métrique, par le signe [-] et équivaut à notre noire, si l'on admet que la brève vaille la croche, 112.
Syllabe longue au Moyen Age, 235, à la Renaissance, 370. En principe l'intensité est liée à la longueur, en toute rythmique, 256, 377, 435, et cette règle du langage verbal a passé dans la musique même instrumentale.
LYDISTI [Harmonie]. Echelle modale : ut si la soIfx mi ré Ut, ayant F K pour fondamentale etut, pseudodominante, pour finale, 99 à 103.
MADRIGAL. — Décalque du Motet latin, au A VI'' siècle, en langue moderne et en style profane, 402.
Madrigal dramatique, dialogué,
INDEX DESCRIPTIF
MAJEUR [Mode dUt]. Echelle de l'Art Moderne, créée au Moyen Age, aboutissement du groupe majeur des Harmonies antiques 102, (122 bis), 291. Echelle devenue exclusive, tyrannique et qui, à partir du xvii^ siècle, règne seule dans l'art occidental. Sa formation, à la fois harmonique et mélodique, 288. Le Majeur « absolu », 185, 471.
MËDIANTE. — Degré du milieu, entre la tonique et la dominante :
troisième degré de l' échelle-type, dans l'Art Moderne, 47. La M. sert de finale aux mélodies intenses du mode de fa et du mode de sol, 178.
MELODRAME. — Pièce ou partie de pièce parlée sur un accompagnement intrumental. Les Grecs le pratiquaient, 158. Ils appelaient « paracatalogè » cette récitation mélodramatique, dont la fig. (190) fournit des exemples, 158, 159, 162.
MELOPEE. — C'est le nom antique de la mélodie vocale, de la parole chantée. Il s'applique excellemment aux cantilènes de l'art homophone, donc à celles de l'Antiquité et du Moyen Age I.
MENSURALISTES. — Créateurs, à la fin du XW^ siècle, d' une notation musicale représentative des durées.
Jusque-là le rythme n'était pas révélé aux yeux par la forme des notes. La notation mensuraliste est dite aussi « proportionnelle )),253,
MENUET. — Danse d'origine française et de rythme ternaire, en faveur au xvii® et au xvni'^ siècles ; se retrouve dans de nombreuses Sonates-Symphonies, 482, 513, et, antérieurement, dans les Suites, 508, 511, 513. Son plan est symétrique, de la forme A -f- B -j- A, et le Trio [BJ sert de mésode, 482.
Ce Trio est quelquefois un second menuet, après lequel se produit un du capo, 508, 513. Substitution du I
Scherzo au Menuet dans la Sonate- Symphonie, par Beethoven, 518.
En italien : Minuetto.
MËSODE. — Chant du milieu. Dans le présent ouvrage le mot, pris en un sens tout à fait général, désigne uniquement la partie centrale, de part et d'autre de laquelle les symétries et les pendants s'organisent, en une pièce musicale « construite », 159, 161 à 163, 244, 249, 317, 394, 402, 403, 488.
MESSE [Chants communs de la]. —
Le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et VAgnus. A l'exception du Credo, ces chants sont des « acclamations » antiques transformées. Au sénat romain, au Cirque, au théâtre les assistants s'écriaient à certains moments, et selon des habitudes devenues presque rituelles : Jusium est ! — In ssecula sseculorum ! — etc. ; et l'on voit que de ces acclamations-ci le culte chrétien s'est directement emparé.
Le Kyrie, le Gloria, le Sanctus et VAgnus sont issus de formules analogues [Hypothèse de P. Cagin etA. Gastoué]. Le Credo, exposédu dogme chrétien formulé au Concile de Nicée n'est chanté que le dimanche et à certaines fêtes. Sous sa forme musicale primitive [n"* i du Graduale Vatican] il tient à la fois de l'hymne et du psaume.
MESURE. — La mesure moderne peut se définir : l'espace, limité entre barres, qui s'étend d'un temps fort au suivant. Cette conception, si absurde qu'elle soit, est conforme à la pédagogie courante, 436, 440. La mesure antique est formée de temps, comme les temps sont formés d'unités, 114. La mesure antique ou Mètre est un groupement de temps-types (130) divisé en deux sous-groupes d'intensités différentes, et qui correspondent aux deux signaux de la battue :
POSÉ -\- LEVÉ ou LEVÉ -j- POSÉ, 132.
INDEX DESCRIPTIF
Trois Genres de mesures antiques déterminés par le rapport des durées du posé et du levé : ce sont le G. égal, le G. double et le G.
hémiole, 115. Formes normales des mesures : celles où p(osé) et p{osé) coïncident, 117. Tableau des principales mesures, 117. Mesures hétérogènes, 120. Conflit des mots et des mesures dans la mélopée antique [Serruys], 128. Cas où les limites des mots et les limites des mesures coïncident, 129. Interprétation de la mesure antique, 121.
La mesure ternaire au Moyen Age I, 252 : — au Moyen Age II, 295.
Revanche de la mesure binaire au xv^ siècle, 321, 328. La mesure moderne n'est qu'un décalque de la mesure du xv** siècle, 326. Mesure simple = mesure à temps binaires. Mesure composée = mesure à temps ternaires. Ces définitions condamnent les étiquettes elles-mêmes, 444, (519), 446. La distinction des M. simples et des M. composées ne peut plus subsister dans l'Art Contemporain, qui se pique de diviser ses temps autrement que par Deux et par Trois, Si 564 à 571. Beethoven ne croyait pas aux M. composées, 566 à 568.
METRE. — Mesure, chez les Anciens.
Mais l'équivalence des deux termes « mètre » et « mesure » n'est pas rigoureuse, car le mètre antique se bat de haut en bas comme de bas en haut. Il commence aussi bien par le temps faible que par le temps fort, 114, 116, 132, 440.
MÉTRIQUE. — Science de la versification des Grecs et des Latins, 113 (note). Elle détermine la répartition des « durées syllabiques » dans la versification grecque et latine.
MEZZO-SOPRANO. — Voix moyenne féminine, s'étendant de si.^ à mi^ (443), dans les chœurs. Le M. -S.
solo dépasse ces limites.
MI [Mode de]. —Le Mineur Antique, le Mineur « absolu », 185, 78, 487.
Devint le III» mode ecclésiastique, 181, 191. Survivance au xvi« siècle, 352, 356. Le Mode de Mi et la fugue en mineur : conseil de d'Indy, 465, 539. Ml et Ut sont les deux pôles de la Modalité, 488.
MINEUR [Mode]. — Echelle de l'Art Moderne, créée au Moyen Age par contamination du mode de Ré,
346, 487 ; asservie au mode d'Ut, 290, 471, 485; aboutissement du groupe mineur des Harmonies antiques, 102,(122). Echelle hybride, incertaine, vassalisée, qui s'éloigne singulièrement du Mineur absolu des Anciens, 185. Voy. Mode de MI. Le Mineur Moderne n'est qu'un Majeur teinté de mineur, 344, 345, 537, 543. Incertitude du Mineur Moderne, 346 à 348, 464, 484, 545.
Mineur dimorphe de J.-S. Bach,
347, 423, 537. Statistique du Mineur Moderne, 23, 485.
MINIME. — Monnaie de la Semi- Brève, (395). Elle a elle-même pour monnaie la Semi-Minime, {ibid.) Voy. Longue.
MODE. — Manière d'être de l'échelle diatonique, caractérisée par la place des demi-tons. Le M. chez les Anciens s'appelle Harmonie, 75. Les M. au Moyen Age donnent lieu à une nomenclature erronée, par suite d'une classification fausse, 177. Dispositif vrai des M. médiévaux primitifs, 182. Répartition des M. dans le le Tonarius de Réginon [vers 900] : dès lors prédominance du M. majeur, 189. Création des M.
nouveaux de l'Art Moderne, 183 à 188, 341 à 348.
MODES RYTHMIQUES. - Formules passe-partout, destinées à donner la vie rythmique à des mélodies notées sans indication des durées successives. L'exécutant, d'après la contexture du vers [hypothèse de Beck] appliquait telle ou telle
INDEX DESCRIPTIl'
formule [tel ou tel mode] à la série des sons notés. Décrits par les Scriptores du Moyen Age, 252.
Tableau des IV M. R. principaux.
252. Le Mode I est soi-disant trochaïque ; le M. II iambique ; le M.
III dactylique ; le M. IV anapestique. Ce ne sont là que des apparences, 252, 254. Les Modes I, II et III sont les seuls qu'on trouve employés dans les Chansonniers des Trouvères et des Troubadours, 255. Les autres M. R. sont propres aux motets polyphones, 255.
Exemple de V mode (375). Exemple de VP mode (363) , au Triple.
Le III® et le IV® modes sont en « convenance » polyphonique avec le IP, 255, 305. L'Interprétation modale est une méthode créée par J. Beck et qui permet, grâce aux M. R., d'appliquer à des notations médiévales, muettes sur les durées, le rythme latent dans les vers, 251 à 269.
MODULATION. — Passage d'un ton à un autre. Modulations antiques à la Sous-Dominante 78, 135, 619.
Modulations essentielles, organiques, de la Fugue et la Sonate- Symphonie, 449 à 454, 477, 524.
Modulations passagères en toute espèce de composition, 543, 548.
La M. à la dominante prévaut sur toute autre dans l'Art Moderne,