LE TERS
Le vers s'appliquait également aux ouvrages chantés et déclamés. La mesure était déterminée par le caractère de la pièce dans laquelle il était employé ou par le caprice gracieux du poète. Il n'y avait point de règles absolues à ce sujet ; seulement , si le poème se divisait en strophes , ces strophes devaient se reproduire successivement coupées d'une manière conforme, quant à la longueur et à la rime des vers.
Exemple :
Rossinhol , en son repaire M'iras ma domna yezer , E iih (liguas lo mieu afaire , E ilh digua t del sieu ver ,
Que mant sai
Com Testai. ,
Mas de mi 'Ih sovenha ,
Que ges lai ,
Per nuilh plai , Ab si no t retenha.
Que tost no m tornes retraire
Son estar , son captener ^ Qu'ieu non ai amie ni fraire Don tant ho vueilh ha saber.
— Ar s'en vai
L'auzel guai Ab gang , on que venha
Ab essai , ^
Sesesglai, Tro que trop 1 'ensenha ^
( Peire d'Auvergne. )
1 TbADUCTION.— Rossignol , va trouver dans sa maison la beauté que j'adore, raconte lui mes émotions et qu'elle te raconte les siennes. Qu'elle te charge de me dire qu'elle ne m'oublie pas. Ne te laisse pas retenir. Reviens à moi, bien vite, pour me rapporter ce que tu auras entendu; car je n'ai personne au monde, ni parens, ni amis, dont je souhaite autant d'avoir des nouvelles.
Or, il est parti l'oiseau joli, il va gaiement s'informant partout jusqu'à ce qu'il trouve ma belle.
lA CHANSON.
La chanson était une pièce de vers divisée en couplets égaux. Son nom indique assez qu'elle se chantait. I/air, composé ordinairement par l'auteur des paroles , quelquefois même par son jongleur , était noté
sur une feuille de vélin enrichie d'arahesques et de miniatures, et se présentait ainsi
au grand seigneur ou à la dame qui daignait
en accepter l'hommage. — Souvent le poète
se servait de la musique d'une chanson
connue^ mais cet emprunt restait surtout
familier aux jongleurs ambulans.
Exemples :
Gr-l=:t=m
fj^î^rr
Us gays co- norlz me fai gay-a men far
gay -a chan-so gai fag e gai seni- blan.
Z.ZiZ-ZiZ\
Gai de-zi- rier ioios gai a-legrar. p gai-a
ErîiSrzîîiï—iMÎS
ton- ap gai cors ben es- tan. Ab cuy tro bom
gai so-latz e gai ri- re. Gai a culh- ir. Gai de port. Gai io- ven. Gai-ia beu tatz. Gai
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; chan-tar. Gai al-bi-re. Gai ditz pla-zen.
Gai ioi. Gai pretz» Gai sen. I- eu soi gais.
car soi sieus fi- na- men
/Vers et musique\
{ de Pons do Cap- j
'\deuil. /