L'AUBADE ET LA SÉRÉNADE
Ualba ou aubade était un chant d'amour dans lequel le poète retraçait tout le bonheur d'une heureuse nuit et se désespérait de voir sitôt venir le jour.
Dans la séréna ou sérénade, le poète amoureux gémissait au contraire de ce que la journée finissait si promptement. Il était triste d'être obligé de quitter sa belle.— Le troubadour, avec sa mandore en sautoir et deux ou trois jongleurs musiciens à sa suite, venait, la nuit tombant, chanter de tendres romances sous la tourelle de quelque châtelaine adorée.
BAllADE. - DANSE. - RONDE.
Etaient des espèces de chansons consa-
crées, comme les mots l'indiquent, à embellir et à animer les fêtes. Quelques-unes Tenaient en intermèdes , d'autres au contraire servaient directement d'orchestre 5 et tandis que le troubadour ou ses jongleurs les chantaient , la compagnie dansait. — La ballade était généralement une anecdote puisée dans quelque vieille tradition raierveilleuse. Elle était écrite en forme de chanson , c'est-à-dire qu'elle avait des couplets et presque toujours un refrain ; mais elle était beaucoup plus longue que les chansons ordinaires et ses vers en étaient plus courts , plus pressés , plus rapides.
ÉPITRE. - CONTE. - NODÏEILE.
Uépître était une poésie qui ne se chantait pas. Les vers en étaient réguliers et ne se divisaient pas en couplets comme dans les chansons. — Les sujets ordinaires de ces sortes de lettres poétiques étaient de res=
pectLieuses supplications adressées à quelque grand seigneur , des témoignages de reconnaissance , des remercîmens pour quelque service rendu , des instructions à un jongleur auquel on envoyait une pièce. Le conte et la nouvelle rentrent dans la classe des romans.
Tels furent les principaux genres dont les troubadours firent usage dans leurs poésies. Toutes les autres espèces reviennent à celles que nous venons de citer; car ce n'est pas évidemment parce qu'il aura pu convenir à quelque capricieux poète de donner , par exemple , le nom de vaqueras à une pastourelle qu'il aura pour cela composé une chose nouvelle.
Cependant, outre son nom générique de sirvente , de chanson , etc. , chaque pièce prenait une dénomination particulière suivant l'usage auquel on la destinait; ainsi :
Unescondig était une chanson dans laquelle un amant demandait grâce à sa maîtresse.
Un comjat , une pièce d'adieu j lorsque , trompé par une perfide , un troubadour lui signifiait qu'il allait ailleurs porter son hommage.
Un de^inalh , espèce d'énigme , de jeu de mots , de vers allégoriques cachant un sens mystérieux.
La prezicansa , sermon en vers comme nous en a laissé plusieurs P. Cardinal.
UestampidU) chanson à mettre sur un air déjà connu.
Torney ou Garlamhej ( tournoi-joute ), chant destiné à célébrer quelque brillante fête dans laquelle un chevalier s'était illustré par un beau fait d'armes.
JJn carros ( chariot) , allégorie dans laquelle Fauteur employait des termes de guerre, pour mieux faire ressortir les vertus de sa maîtresse qu'il
comparait à une forteresse assiégée par la jalousie et la méchanceté de toutes les autres femmes.
La retroensa , pièce à refrain , ordinairement composée de cinq couplets tous à rimes différentes.