‹ Histoire de la langue romane (roman provençal)Chapitre 5 sur 41 · HIST(3IKE · texte numérisé non relu

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pelant Homerus , Sophocles , Horatius , FirgilinSi Cicero.*.*^, tous occupés à rendre de doctes arrêts. Certes , ce n'est pas une chose bouffonne, malgré cette vanité naïve, qu'une institution qui témoigne à la postérité des généreux efforts de cet empereur pour propager les sciences et les lettres.

Quand Cliarlemagne fut mort, son glaive passa dans les mains de son fils le Débonnaire. Ce pauvre roi Louis ne put en soutenir le poids : il eut bien la ferme volonté de continuer les vastes projets de son père, fut un des plus savans de son royaume , et sans contredit le plus vertueu:^ comme le plus à plaindre ^

Les trois enfans de son premier mariage , Lothaire, Louis ei Pépin, conspirèrent contre lui. L'ainé l'enferma dans un monastère j

1 Dom Bouquet, t. VI, p. i3. — Ermold lYigellus , ^oème eu rhonneur de l'emp. — Thégan , Vie de Louis-le-IMbonnaire. — Duchesne, t. II, p. 279.

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il s'en échappa, mais fut bientôt repris par le parricide Lotliaire, qui lui imposa une pénitence honteuse. L'empire indigné se souleva j Lothaire prit la fuite j le vieil empereur mourut , avec lui, l'unité de l'empire ^

Charles-le-Chauve , enfant du second mariage de Louis-le- Débonnaire , fut plus faible encore que n'avait été son père. Son règne fatal rendit pour jamais la France malheureuse. Les hauts seigneurs dédaignèrent un maître si peu fait pour commander, et les chaînes puissantes que Charlemagne avait jetées sur eux furent, dans les mains de son petit-fîls , des liens bientôt rompus. Ils s'affranchirent de son pouvoir et allèrent, pour long-temps encore , répandre leur tyrannie dans les provinces.

1 Michelet , HisU de France, t. I , p. Syo. — ^Uhardus , lib. I, cap. 8. — Astronom. , c, 64. — Wandalbertus ^ in Martyrol. ap. Scri. franc. , vi, 71.

Cependant, les indignes enfans du grand empereur ne sont là que comme de honteux spectateurs et assistent au partage insolent du riche patrimoine de leur aïeul.

Chacun vient leur en arracher un lamheau , puis ils se battent entr'eux pour s'enlever ce qui leur reste.

C'est à cette lutte entre trois frères que nous devons le premier et le plus important monument historique de la langue romane.

Les deux rois Louis- le - Germanique et Charles - le - Chauve ayant à se défendre contre leur frère aîné Lothaire , firent entr'eux, à Strasbourg en 842, un traité de paix dans lequel ils convinrent de se prêter un mutuel secours , aidés des seigneurs et vassaux qui avaient embrassé leur parti ^.

Du côté de Charles étaient les seigneurs

^ Mém. des inscript, et bcllcs-letrcs, t. XXIV, p. 606, 636.

gaulois ou français occidentaux j du côté de Louis étaient les germains ou français orientaux. Les premiers parlaient la langue romane , les autres la tudesque.

Chacun des deux frères prononça son serment dans l'idiome de l'autre , afin que les témoins des deux camps pussent réciproquement comprendre la garantie offerte à leur cause par le prince étranger. « Avant » de jurer, dit Witliard, ils parlèrent au » peuple et à l'armée , l'un en langue » théotisque et l'autre en langue romane, » Louis, qui était l'aîné, commença et dit :

» Forcés par la nécessité , nous nous » sommes réunis ici pour nous lier contre « notre frère Lothaire : et comme on pour- » rait douter de notre union fraternelle , » nous avons résolu de faire notre serment » en votre présence. Nous ne sommes » point conduits par une lâche ambition, }) nous ne cherchons que votre repos et » votre bonheur, avec le secours du ciel.

}? Si ; ce qu'à Dieu ne plaise , je venais

» jamais à violer le serment que je vais » prêter à mon frère 3 alors, je vous absous » de Tobéissance et de la soumission que » vous m'avez jurées. »

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