Cf. Stempfl, Myrana, p
d'une maladie, d'une notion de temps ou d'un élément chimique. Mais, qui pis est, ces terminaisons ne sont même pas caractéristiques des classes d'idées auxquelles on les a attribuées : -af est la désinence caractéristique des animaux; or, à côté du tigre, qui s'appelle tiaf. on a le lion (lein), le chien (dog), le cheval (jeval), le bwnf (xol), le porc (svin), le serpent (snek), le ver (vum), l'éléphant (nelfan). etc., et, d'autre part : bagaf [paragraphe), lemaf (barque), lotogaf, etc. '. Et comment expliquer que de nim = animal dérive nimaf = manimifèrel De même, bien que -it soit le suffixe caractéristique des oiseaux (pourquoi un suffixe spécial aux oiseaux? ne sont-ce pas des animaux?), on a : laud = alouette, sval := hirondelle, spàr = moineau; et en revanche : neit = nuit, negit = tort, pulit ^= poulie, visit = visite, vindit = vengeance. In est le suffixe des éléments chimiques; mais l'auteur admet silef à côté de silin (argent), golud à côté de golin (or), plum à côté de plumin (plomb) ; et en revanche : fein =: finesse, lein = lion, pein = pin, pejin = pigeon, fogin = pays étranger, lastin = élasticité, latin = latin, lapin = rapine, butin = tire-bottes (but = botte), spatin = canne (spat = promenade) ^. Ip caractérise les maladies; mais komip = combat. Av désigne toutes les sciences; mais géométrie ^= geomet, algèbre = lageb, et physique = fùsud (natav = histoire naturelle). Etc., etc.
M. Kerckhoffs reconnaissait sans doute cet abus du principe des langues philosophiques : « Il sera bien difficile... de donner à tous les radicaux des terminaisons caractéristiques; il faudrait établir, au préalable, une classification systématique de toutes les connaissances humaines, chose impossible dans l'état actuel de la science. » Il avouait que « M. Schleyer a un peu prodigué ses premiers suffixes », en affectant par exemple une désinence spéciale aux cinq parties du monde, alors qu'il avait déjà le suffixe -an pour les noms de pays ^. Mais il n'en restait pas moins fidèle au principe, el voulait surtout en régulariser l'application *. C'est ainsi qu'il proposait une nomenclature des corps simples de la chimie, en leur donnant à tous des noms de deux syllabes contenant leurs lettres symboliques et finissant par -in, ce qui