‹ Histoire de la langue universelleChapitre 108 sur 296 · ST. DE MAX : BOPAL · texte numérisé non relu

ST. DE MAX : BOPAL

l'indicatif présent du verbe hVn = aimer : filo. filol, filom; filomas, filovas, filolas. La 1" pcrs. des autres temps est : Imparfait : èfilo.

Parfait : efilo.

Plus-que-parfait : ifilo.

Futur : ofilo.

Futur antérieur : ufilo.

Subjonctif présent : filema.

Conditionnel présent : filœma.

Impératif : filoma.

Participe présent : filon.

Les autres temps du subjonctif, du conditionnel, de l'infinitil et du participe se forment au moyen des voyelle préfixes è-, e-, i-, 0-, U-. Il y a en outre un optatif et un participe conditionnel. Les temps correspondants du passif se forment au moyen des préfixes pa-, pè-, pe-, pi-, po-, pu-.

Il y a 18 verbes auxiliaires de la forme co, qui s'emploient comme suffixes.

Le vocabulaire se compose de radicaux monosyllabiques, qui (Migondrent des dérivés au moyen d'affixes. Exemple: ha.T = ville, baril = faubourg ; cab := perfeciion ; cob = cheval, ricob = jument • ; , dom = maison ; gai = terre, galop = continent, galopar = habitant de la terre, galav = géographie, galavist = géographe; mat = expérience; max = industrie; nil = assemblée; pab = prière; pet = mensonge; rab = attention; sal =: mer, salop = île; tad = réaction; van = viande, vanop = boucherie, vanor = boucher; xol = animal; sudor = ouest, xudor = est.

Voici un écliantillon de cette langue : t In nitlid'n e domi keripol el pèmi ke toinopen ogibol in dis'n les... ■», ce qui veut dire : c En entrant dans une maison vous pouvez saluer les gens que vous y rencontrerez en leur disant... »

Il est évident qu'on peut fabriquer de telles langues à la douzaine, du moment que le choix des radicaux, des affixes et des flexions dépend de l'arbitraire et de la fantaisie individuelle. Ces systèmes se donnent pour des perfectionnements du Volapûk, et en fait ils reposent sur les mêmes principes. 11 faut avouer que si leurs auteurs ont eu lintention de déconsidérer le Volapûk, ils y ont parfaitement réussi.

1. Le préfixe ri- est donc à ajouter aux 4 afflxes du féminin.

BAUER : SPELIN'

Le projet de M. Bauer est fondé sur une « Combinatoire linguistique » dont nous n'exj)oserons pas les principes : le lecteur la comprendra et la jugera suffisamment d'ajjrès ses applications *. Il se présente comme un perfectionnement du Volapiik, dont il adopte les principes. Les deux idées qui lui assurent, selon Tauteur, un avantage sur le Volapiik sont les suivantes : 1° étendre la loi de corrélation à toutes les formes grammaticales et à la formation des mots '; 2' rapprocher la langue des trois langues modernes les plus répandues : l'allemand, l'anglais et le français; et cela, tant dans la grammaire que dans le vocabulaire. Celui-ci sera emprunté en première ligne à l'anglais (comme dans le Volapiik), parce qu'il est le plus répandu, et qu'il unit les éléments romans et germaniques; ensuite à l'allemand et au français, et enfin aux autres langues indo-européennes. Selon l'auteur, la grammaire doit avoir le pas sur le vocabulaire, parce qu'elle détermine d'avance les formes que doivent posséder les racines, les flexions et les affixes. C'est une des raisons pour les- (juclles Bauer n'admet pas de racines internationales (ou du moins ne les recherche pas systématiquement) ; car il faudrait le plus sou--

1. Georg Bauer, professeur de mathématiques à Técole réale supérieure d'Agram : L Sprachwissenschaflliche Kombinatorik, xii -f- 36 p. (Agram, 1886). H. Volapiik und meine sprachw. Kombinatorik (Agram, 1887). III. Spelin, eine Allsprache auf allgemeinen Griindlagen der sprac/ur. Kombinatorik, VII -f 72 p. 8° (Agram, 1888). IV. Spelin-Wôrterbuch; wider die internationalen Wôrter und die Môglichkeit eine Weltsprache aus sogenannten internationalen Wôrtern zu klauben (Agram, 1892). L'auteur a été |)endant trois ans professeur de Volapiik.

2. L'auteur dit même : « Le Spelin se présente comme une partie de la Combinatoire mathématique » (IV, 49).

3. A l'exemple du croato-serbe, qui est la langue maternelle de l'auteur.

BAUER : SPELIN i'ii

vent les défoniKM' jusqu'à les rendre iuéconnaissal)les pour les faire entrer dans les types exigés par la grammaire; si on les adoptait telles quelles, elles bouleverseraient toute la Combinatoirc linguistique. En particulier, les racines doivent être autant (|ue possible monosyllabiques, et avoir la forme d'une syllabe fermée (cvc, ccvc, cvcc, ccvcc, cvvc, ccwc, cvvcc, ccvvcc), tandis que les pai'licules et les affîxes auront les formes : cv, ve. La Combinatoire nous apprend qu'on peut former 180 racines de 2 lettres, 368i de 3 lettres, 20980 de 4 lettres, etc.; qu'avec 20 racines, 20 préfixes et 20 suffixes on peut former 8380 mots, et qu'avec 100 racines, l'>0 préfixes et 50 suffixes, on peut en former dix fois plus que n'en contient aucune langue. L'idéal de l'auteur est en conséquence d'employer le plus petit nombre d'éléments, et de « pousser la combinatoire le plus loin possible » en l'appliquant à la fois à la grammaire, à la formation des idées et à la formation parallèle des mots.

Grammaire.

L'alphabet comprend 6 voyelles, rangées dans l'ordre « scientifique » (acoustique et physiologique) suivant : i, e, a, o, u (ou), œ {eu); et lo consonnes : b. c, d, f, g, k. L m, n, p, s, t, v, y, z. (L'auteur réserve h et r pour l'avenir, sans doute pour de nouvelles combinaisons.) c se prononce c/i; get s sont toujours durs. L'auteur met à part 2 voyelles euphoniques : e et œ, et 2 consonnes euphoniques : y et z, destinées à éviter les rencontres de voyelles et de consonnes, et exclues par suite de la formation des racines.

Vaccent suit la règle de l'espagnol : il est sur la dernière syllabe des mots terminés par une consonne, et sur l'avant-dernière des mots terminés par une voyelle.

La série scientifique des o voyelles i, e, a, o, u est la base de toute la grammaire. Elle fournit d'abord les pronoms personnels : i,je; e, tu; a, il; o, elle; u, il (neutre); auxquels s'ajoute œ = on (voyelle mixte et terne, symbole de l'indifférence et de l'indétermination). Les pronoms du pluriel sont les pluriels de ceux du singulier (comme en Volapûk) : is, nous; es, vous; as, ils; os, elles; ns. Us (neutre).

Le pronom réfléchi est zœ.

Les pronoms relatifsinterrogatifs sont : ka (m. f.), gui; ku (n.), que ; yœka = quiconque.

Les principaux pronoms indéfinis sont : da (n. du), quelqu'un {quelque chose) ; ga (n. gu), n'importe qui (quoi) ; nega (negu), personne (rien) ; ma, Vautre; gama, un autre; la, le même; pa (pu), chacun.

Les pronoms possessifs dérivent des personnels par l'adjonction d'un 1 (signe de l'adjectif) : il, el, al, ol, ul; œl; isel, esel, asel, osel, usel ; zœl. — Kel {de qui), del {de quelqu'un), gel (de n'importe qui), negel [de personne), mel (de l'autre), gamel (d'un autre), lel (du même), pel (de chacun), etc.

Les adjectifs démonstratifs sont formés de même au moyen de la finale -f : if, celui-ci; el, celui-là; af, cet autre; zœf, même; kef, quel; yœkef, quelconque; def, un certain; gef, n'importe quel; negef, aucun; met, l'autre; gamef, un autre; lef, le même; pef, chaque.

Les adverbes correspondants dérivent des pronoms précédents par l'addition de -e (caractéristique des adverbes) : kefe, comment; lefe, de la même manière; gamefe, autrement; negefe, d'aucune manière, etc.

En ajoutant de môme aux adverbes précédents un 1, on forme des adjectifs-pronoms indiquant la manière ou l'espèce : kefel, quel {de quelle espèce) ; ifel, tel (que celui-ci) ; efel, tel (que celui-là) ; pefel, de chaque espèce; gamefel, d'une autre espèce ; negefel, d'aucune espèce, etc.

On forme d'une manière analogue les adverbes de temps, au moyen de la consonne caractéristique t et du suffixe adverbial : kete, quandHte, maintenant ; pete, en tout temps ; negete, jamais, etc. ; les adverbes de lieu, au moyen de la consonne caractéristique v : keve, où ? ive, ici ; eve, ave, là ; peve, en tout lieu ; negeve, nulle part ; gameve, ailleurs, etc. ; d'où l'on déduit au moyen du suffixe -1 des adjectifs de temps et de lieu : itel, de maintenant; ivel, d'ici.

On forme encore de la môme manière les adverbes indiquant la direction : kevle, où (allez-vous)"? le chemin : kelve, par quel chemin? les pronoms de nombre : kem, combien? et de grandeur : kec combien grand? d'où dérivent les adverbes correspondants : keme, combien (L. quot)1 kece, combien{L. quantum)^

Les noms de nombre sont construits systématiquement par la combinaison de 3 voyelles et de 3 consonnes : ik, 1 ; ek, 2 ; ak,, 3 ; in, 4; en, 5; an, 6; ip, 7; ep, 8; ap, 9.

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Les dizaines se forment en ajoutant un s (comme en Volapûk) : iks, 10; eks, 20; aks, 30; etc., iksik= 11, et ainsi de suite.

Puis viennent: uc, 100»; ekuc, 200, etc.; ok, 1.000»; ekok, 2.000;.... iksok, 10.000; eksok. 20.000;.... ucok, 100.000; ekucok, 200.000;.... lion, 1 iniUion; kelion, 1 milliard (10»); elion, 1 billion (10'2); alion, 1 Ir illion (W^), etc. Zéro se dit nik.

Les adverbes ordinaux dérivent des nombres cardinaux par l'adjonction de -e : ike, premièrement; et les adjectifs ordinaux par l'adjonction de -el : ikel, premier.

Les adjectifs multiplicatifs se forment au moyen du suffixe -œl : ikœl, simple ; ekœl, double.

Les nombres défais se forment au moyen du suffixe -(e)te : ikte, une fois; eksete, 20 fois. On en dérive, au moyen du suffixe -1, les adjectifs : iktel, ektel.

Les nombres despèces se forment au moyen du suffixe -tœl : iktœl, d'une seule espèce.

Enfin les nombres distributifs sont indiqués par la particule pef : pef ek, deux à deux; d'où les adjectifs ordinaux : pef ekel, chaque deuxième.

La gamme des 5 voyelles sert encore à la conjugaison des verbes. Il suffit de les ajouter au radical verbal pour avoir les 5 temps de Vinfinilif. Exemple :

Présent : mili, aimer.

Passé : mile, avoir aimé.

Plus-que-parfait : mila.

Futur : milo.

Futur antérieur : milu.

Pour former les temps de Vindicatif, il suffit de mettre devant l'infinitif correspondant les pronoms personnels : i, e, a, o, u,... : i mili, j'aime; is mili, nous aimons; e mili. tu aimes; es mili, vous aimez, etc.

Il n'y a pas de subjonctif. Le conditionnel est marqué par le suffixe -ui au présent, -ua au passé : i milui, j'aimerais ; a milua, il aurait aimé.

L'impératif est marqué par la particule let (E.) ou l'auxiliaire zi; l'optatif par l'auxiliaire me (E. may).

Le participe présent est marqué par -in : milin. aimant. Il n'est pas question d'autres temps du participe.

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